Apartés uchroniques

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dimanche 25 juillet 2010

La cour du Palais Saint Pierre

Hier matin, petite promenade dans les salles du Palais Saint-Pierre, à Lyon… Beaucoup de photos prises mais mon premier panorama…

courpalaissaintpierre.jpg

Trois clichés pris sans trépied, une distorsion due au mouvement et sans doute pas la bonne fenêtre pour bien cadrer le panorama… Au suivant…

lundi 21 août 2006

Crémieu, une promenade en famille - III et fin

En sortant de la mairie, nous prîmes à gauche, longeant le mur du cloître, ne manquant pas d'admirer la superbe grille en ferronerie de 1715 (à défaut de la photographier). L'église Saint-Jean-Baptiste, ancienne église conventuelle, offrait sa façade triangulaire. Construite au XIVe siècle, elle est adossée au mur d'enceinte qui constitue le chevet de l'édifice. Malheureusement, nous ne pûmes la visiter, des travaux de restauration interdisant son accès et défigurant sa façade d'une magnifique cabane de chantier blanche... La rue menant à la halle du Moyen-Âge est bordée de maisons anciennes, ces maisons à échoppes si caractéristiques de Crémieu et qui rappellent la vocation commerçante de la ville, à la croisée des voies menant à la Savoie, la Suisse et l'Italie. En ce jour de marché, la foule avait envahi la halle au toit pentu couvert de lauzes, l'une des plus vastes de France. Sa charpente en chêne daterait, selon les analyses du bois, de 1434 : divisée en trois nefs, s'appuyant sur es murs-bahut percés de passages piétonnier, elle est en excellent état. Au fond de la halle, des mesures à grains en pierre (une plate-forme et quatre vasques taillées) permettaient de quantifier le bichet (19,50 l), la bichette, l'émine et le setier. Au-dessus de la halle, la colline Saint-Hyppolite veillait sur la ville bruissante du marché hebdomadaire. Nous repartîmes en direction des remparts, pour admirer le chevet de l'église et considérer, avec plaisir, les façades de vieilles maisons restaurées avec élégance. Je me promis de revenir un jour sans marché, sans foule sans oser espérer sans voiture...Il reste tant de rues à arpenter, tant d'immeubles à décrouvrir, tant de détails à savourer... La porte Quirieu, du XIVe siècle, fut, avec lelatour de l'horloge sur la colline Saint-Hippolyte et les vestiges du château delphinal, les dernières images de Crémieu que j'admirais, l'heure du déjeuner approchait et nous fîmes route vers l'Auberge du Vernay, à Charette, à quelques lieues de là. (Nota : j'ai apprécié, avec plaisir, la signalétique très réussie placée sur les façades).

L'église Saint-Jean-Baptiste - Crémieu

L'église Saint-Jean-Baptiste - Crémieu

La Halle du XVe siècle - Crémieu

La Halle du XVe siècle - Crémieu

Une maison - Crémieu

Une maison - Crémieu

Une maison - Crémieu

Une maison - Crémieu

Une maison - Crémieu

Une maison - Crémieu

Une maison - Crémieu

L'église Saint-Jean-Baptiste - Crémieu

L'église Saint-Jean-Baptiste - Crémieu

Laporte Quirieu - Crémieu

La colline Saint-Hipplolyte - Crémieu

La château Delphinal - Crémieu

vendredi 18 août 2006

Crémieu, une promenade en famille - II

Le soleil semblait perdre du terrain et la lumière devenait incertaine, obligeant à jongler avec les réglages de l'appareil (que je ne maîtrise pas toujours) mais j'avançais sur la place en maudissant in petto la plaie des sites touristiques (en dehors des voitures et des poubelles), les touristes. Pourquoi choisit-il toujours le moment où je veux prendre une photo pour s'arrêter en plein milieu du champ ? Le rachat du Couvent des Augustins, fondé par le Dauphin Jean II au début du XIVe siècle, en 1792, par la municipalité, au moment de la vente des biens nationaux, a affecté l'ensemble des bâtiments mais j'admirai le cloître si calme (il me rappela le cloître du musée des Beaux-Arts de Lyon, anciennement couvent des Dames de Saint-Pierre) et les quelques salles préservées (la salle du chapitre avec ses stalles du XVIIe et son plafond à caisson à l'italienne du XVIe, la salle du chauffoir, de la fin du XVe, un chef d'oeuvre gothique avec sa cheminée et ses voûtes d'ogives élancées et la salle du réfectoire...

Le Couvent des Augustins - Crémieu

Le cloître du Couvent des Augustins - Crémieu

Le cloître du Couvent des Augustins - Crémieu

Le cloître du Couvent des Augustins - Crémieu

Le cloître du Couvent des Augustins - Crémieu

Le chauffoir du Couvent des Augustins - Crémieu

Le chauffoir du Couvent des Augustins - Crémieu

Le chauffoir du Couvent des Augustins - Crémieu

Le réfectoire du Couvent des Augustins - Crémieu

À suivre...

mercredi 16 août 2006

Crémieu, une promenade en famille - I

Ma mère m'avait demandé de réserver mon mercredi pour l'accompagner, avec mon père, dans une découverte de Crémieu, en Isère.

J'avais rendez-vous chez eux à dix heures et nous partîmes ainsi tous les trois sous un ciel nuageux où le soleil semblait en passe de gagner la bataille contre les nuages. La préoccupation de mon père était de trouver un restaurant, celui qu'il avait envisagé, en préparant "l'excursion", étant fermé. Nous bavardâmes joyeusement dans la voiture. Je ne connaissais pas Crémieu, pourtant si proche de Lyon... En chemin, nous passâmes devant le château de Chamagnieu et je fis alors un bond de trente années en arrière : ce château fut ma seule expérience de classe verte (une manière de mini-colonie) lorsque j'étaits à l'école primaire. Ma mère me rappela, dans un sourire, que je lui dis, en revenant d'un séjour de quinze jours sans ma famille, que je serais bien resté une semaine de plus avec mes camarades. Je ne me souvenais pas de mes paroles qui, selon elle, lui causèrent une certaine peine.

Nous franchîmes la porte de la Loi, vestige de l'enceinte de la ville basse édifiée au début du XIVe siècle, elle fut renforcée au XVe siècle : il faut remarquer le fossé la précédant et les corbeaux en couronnement qui soutenaient, autrefois, un hourd (balcon de bois en saillie dont le plancher était percé d'ouvertures pour permettre le jet de projectiles ou de liquides ou les tirs sur les assaillants). Son toit à quatre pentes est couverts de lauzes, ces pierres calcaires appelées aussi couvrures. La rue Saint-marcel nous plongeât dans ces siècles perdus qui firent de cette ville, au fil des siècles, du XIVe au XIXe, une place importante au croisement du Lyonnais et de la Savoie, un fief delphinal des Comtes de Viennois puis une terre de couvents au temps de la Contre-Réforme avant que de l'abandonner, après des épidémies dévastatrices, à la révolution saguinolente et à l'oubli industriel. Pourtant, elle reste un joyau médiéval à découvrir.

La porte de la Loi - Crémieu

La porte de la Loi - Crémieu

Des maisons à échoppes s'alignent gaiement sur la droite... Elles sont caractéristiques de cette ville et plusieurs, dans la ville neuve, présentent ces petits guichets et ces volets, vestiges d'un commerce qui, finalement, n'a pas beaucoup changé.

La rue Saint-Marcel - Crémieu

Une maison à échoppes de la rue Saint-Marcel - Crémieu

Au dessus de la ville, au sommet de la colline Saint-Laurent, j'aperçus le château delphinal, vestige de la place-forte qu'était Crémieu jusqu'en en 1601 date à laquelle le Traité de Lyon, mettant fin à la lutte qui opposait Henri IV au Duc de Savoie en rattachant à la France la Bresse, le Bugey et le pays de Gex, dispense la cité et le nord du Dauphiné d'être un pays-frontière. La place-forte perd toute utilité et son rôle militaire disparaît. Quelques années plus tard, le délabrement du château lui épargnera le démantèlement décidé par l'assemblée des notables (des précisions sur le rôle du Traité de Lyon dans la guerre contre la Savoie et le rapport de forces entre la France et l'Espagne sont disponibles, notamment, dans les Cahiers d'histoire, numéro 2001-2). A noter que le titre de Dauphin, donné à l'aîné des rois de France, provient de la cession définitive de la province du Viennois et de la seigneurie d'Albon à la France, en la personne de Philippe VI, par Humbert II, le 1er juillet 1349. La cession eut lieu dans l'église Notre-Dame-de-Confort, à Lyon, dans l'enceinte du couvent des Dominicains dits Jacobins, qui s'élevait à l'emplacement de la place des Jacobins (une plaque commémorative rappelle aussi l'élection, en ce lieu, du pape Jean XXII et du choix de cette église par la nation florentine au moment de son installation à Lyon au XVIe siècle). Le premier Dauphin fut Charles, Duc de Normandie, fils de Jean le Bon et petit-fils de Philippe VI, futur Charles V.

Nous tournâmes à droite, passant par la porte du Clos des Augustins, pour déboucher sur la place de la Nation-Charles De Gaulle.

La porte du clos des Augustins - Crémieu

La place de la nation-Charles De Gaulle- Crémieu

La place de la nation-Charles De Gaulle- Crémieu

Mes parents marchaient devant moi tandis que je prenais le temps d'admirer la perspective de cette place et la façade, à droite, du Couvent des moines de Saint-Augustin, maintenant occupé par l'office du Tourisme et par la mairie depuis sa désaffectation à la Révolution et son rachat par la municipalité en 1792. Chacun de mes regards cherchait N, dont l'absence allait se faire encore plus tendrement sentir un peu plus avant dans la journée. J'aurais tant aimé battre les pavés avec toi, épier tes sourires, frôler ta main et te voler un baiser à la faveur d'un abri désert... Une remarque que je te fis à Chéâtillon-sur-Chalaronne me revint à l'esprit : je déplorai l'omniprésence des antennes et des voitures dans les lieux historiques et tu me répondis que l'on ne pouvait priver les gens du progrès. Mon cœur se serra à l'évocation de notre complicité. Je retrouvai, sur la place, une fontaine à balancier (installée en 1823) comme celles que je croise encore à Lyon dans mes errances solitaires à travers les cours d'immeubles... Le petit guide, fort bien conçu, "Crémieu au fil des siècles", édité et vendu par l'Office du Tourisme (et qui me sert à préciser les points remarquables rencontrés) ajoute que, "selon la délibération du Conseil Municipal de l'époque, le monument est consacré à la cause de la légitimité que vient de faie triompher en Espagne S.A.R. le Duc d'Angoulême, dernier Dauphin de France"... En le lisant, assis devant mon ordinateur, je repense soudain à mes discussions avec N sur la monarchie, à Charles X et à la Restauration, à l'assasinat du Duc de Berry, au Comte de Chambord et à son intransigeance vaine pour imposer le drapeau blanc, à la reconnaissance de la fin de la monarchie dans le sang versé par l'assassinat de Louis XVI. Vive le roi !

À suivre...

vendredi 11 août 2006

Châtillon-sur-Chalaronne

Arrêtez-vous à Châtillon-sur-Chalaronne si vous passez en Dombes...

La porte de Villars - Chatillon-sur-Chalaronne

La halle du XVIIe siècle - Chatillon-sur-Chalaronne

La halle du XVIIe siècle - Chatillon-sur-Chalaronne

La halle du XVIIe siècle - Chatillon-sur-Chalaronne

Maisons à colombages - Chatillon-sur-Chalaronne

L'église Saint André - Chatillon-sur-Chalaronne

L'église Saint André - Chatillon-sur-Chalaronne

L'église Saint André - Chatillon-sur-Chalaronne

Maisons sur la Chalaronne - Chatillon-sur-Chalaronne

Maisons sur la Chalaronn - Chatillon-sur-Chalaronne

Le grenier à sel - Chatillon-sur-Chalaronne

Le vieux château - Chatillon-sur-Chalaronne

Le vieux château - Chatillon-sur-Chalaronne

Les toits - Chatillon-sur-Chalaronne

Les ponts fleuris - Chatillon-sur-Chalaronne

Les ponts fleuris - Chatillon-sur-Chalaronne

Les ponts fleuris - Chatillon-sur-Chalaronne

Les jougs de notre vie - Chatillon-sur-Chalaronne

Fenêtre sur cour - Perouges

La dernière photo, une fenêtre sur cour, a été prise à Pérouge. Il y avait trop de monde pour d'autres clichés. "Je reviendrai", dixit N...

lundi 22 mai 2006

Exposition Universelle, Internationale et Coloniale de Lyon en 1894

Je viens d’acheter le Guide illustré à travers Lyon et l’Exposition Universelle, Internationale et Coloniale en 1894, imprimé par Larousse en 1894.

Nées au XIXè siècle, les expositions étaient l’occasion, pour un pays, de montrer la splendeur de son indsutrie, de ses arts et de sa culture. L’exposition de Paris était encore dans toutes les mémoires. La direction du guide se félicite en constatant que “la seconde ville de France a fait un essai de décentralisation qui est fécond en résultats”. Sa position topographique confère, selon elle, à la ville, le titre de capitale de toute la région sud-est de la France. Elle releve “ses rapports d’affaires avec nos colonies d’Afrique et d’Indo-Chine, comme aussi son commerce séculaire avec la Chine et le Japon”.

L’exposition fut construite dans le Parc de la Tête d’Or, créé en 1856 par le paysagiste Denis Bülher, un immense parc de 117 hectares au cœur du nouveau quartier des Brotteaux, avec, en son centre, un lac de 17 hectares. “Ce parc est unique au monde”.

le palais principal dresse sa masse de 55 mètres de haut sous la coupole sur une surface de 45 751 m². L’architecture de fer lui donne une grande légèreté malgré ses 2 250 tonnes. La rédaction précise que sa surface “est supérieure à celle de la place BEllecour, de telle sorte que tous les monuments de Lyon, avec leurs clochers et leurs campaniles pourraient s’ébattre sous son immense toiture”. La ventilation est assurée par ma partie centrale du dôme qui favorise l’écoulement de l’air vicié par sa forme de cheminée d’appel pouvant atteindre 60 m de haut. Tous les soirs, l’électricité illumine les pavillons et le parc.

le Palais de l'Exposition universelle de Lyon en 1894

Le guide insiste sur les palais coloniaux, répliques de constructionx existantes : le Palais de l’Algérie, inspiré par le palais de Mustapha, résidence d’été du gouverneur de l’Algérie, le Palais de Tunisie, une reproduction “presque à la lettre” de la mosquée de Souk-el-Bey, à Tunis, le Palais du Roi d’Annam, financé par la municipalité d’Hanoï pour abriter les merveilles de l’Annam et du Tonkin. Non loin du palais, un village annamite “avec ses cases en paillotes et son installation la plus authentique. Des familles indigènes y fabriquent sous les yeux des visiteurs, des tissus et objets de leur pays. C’est la vie annamite surprise dans toute sa vérité”. Le fascicule rappelle aussi “l’exhibition d’indigènes, villages sénégalais ou dahoméens”. Un ballon captif permet enfin d’admirer l’exposition à plusieurs centaines de mètres de haut.

Le guide présente ensuite la ville de Lyon, son histoire et ses monuments les plus remarquables. Il précise les tarifs des chemins de fer funiculaires et des voitures de place, énumère toutes les gares de la ville et les initénaires de stramways. Le service des bateaux n’est pas oublié, notamment les bâteaux-mouches (appelé du nom du quartier de Lyon dans lequel ils ont été construits, y compris ceux de Paris)

Un hymne de la paix intitulé “La France !” égrène ses couplets pompeux : amour, travail, indépendance, progrès, paix

Puis le guide détaille les quartiers de Lyon et leurs merveilles avant de conclure par les environs de la ville.

La place Bellecour de Lyon en 1894

Ce petit opuscule est intéressant à plus d’un titre. Il rappelle la fierté de la France pour ses colonies, les liens commerciaux développés par Lyon et l’Asie (la route de la soie, cette industrie si essentielle à Lyon et qui a fait sa réputation internationale) et, en présentant en regard de chaque description une réclame, il nous replonge dans un Lyon disparu. Je n’ai, en effet, sauf erreur, retrouvé aucune des maisons de qualité citées encore en activité… Sic transit gloria mundi.

Toutes les pages du guide peuvent être consultées dans la galerie Exposition Universelle, Internationale et Coloniale de Lyon en 1894, dans la colonne de droite. Je tiens, à votre disposition, les fichiers d’origine…

Addendum du mardi 23 mai 2006 : cette exposition est la vitrine d’une France triomphante et nationaliste, à l’instar de des sentiments qui présidaient aux destinées des grandes nations industrielles en cette fin de XIXe siècle. La fierté du pays, vis à vis de ses colonies, relève plus de la fierté du jardinier devant son beau potager que de l’humanisme telle qu’il est conçu et défendu aujourd’hui. Condamner ce mouvement général me parait précipité même si nous disposons des évènements postérieurs qui montrent l’évolution négative de ce sentiment nationaliste.

En revanche, je suis choqué par le goût immodéré de l’époque pour la mise en scène des indigènes… On retrouve malheureusement ces reconstitutions dans toutes les expositions, l’exotisme attirant les foules.

lundi 30 janvier 2006

Lyon sous la neige

La neige étend son manteau blanc et les yeux levés vers le ciel, à genoux, les petits enfants chantent une dernière prière... Petit Papa Noël...

Les dix centimètres de neige tombés sur Lyon vendredi après-midi et dans la nuit ont blanchi la ville et fait ressurgir, en ce début d'années, alors ques les guirlandes électriques des fêtes demeurent éteintes dans les rues, espérant dans leur proche enlèvement le repos tant attendu, la nostalgie des Noëls blancs. Lyon était vraiment superbe lorsque je suis sorti, le matin du samedi 28, vers huit heures trente, pour monter, en funiculaire, jusqu'à la basilique de Fourvière. La cathédrale Saint-Jean m'offrait la beauté de sa façade soulignée de neige. Les bruits étaient étouffés, peu de voitures roulaient malgré des routes dégagées. A chaque pas, mes chaussures faisaient craquer la neige en s'enfonçant. Le ciel gris éteignait à peine la blancheur du décor. En débouchant sur l'esplanade de la basilique, je découvris un manteau immaculé, encore vierge de toute trace. Il semblait attendre la foulée du premier homme. Les toits des immeubles du Vieux Lyon, en contrebas, se serraient bien plus qu'à l'habitude, sous la couche froide et préservée de toute souillure polluée. Je descendis les escaliers pour m'enfoncer dans les taillis alourdis de blanc du Jardin du Rosaire. Je traçais mon chemin dans la neige, aucun bruit ne venait troubler le silence étouffé, seul le crissement de mes pas me ramenait à la réalité. Tout était blanc autour de moi. Quelques bruissements dans les broussailles peinaient à déranger la tranquillité du lieu. Je tâtonnai du bout de la chaussure pour deviner les escaliers étroits et me garder d'une chute. Je levai les yeux pour contempler les murs dorés de la basilique, à travers les branches gainées de neige. J'étais emporté dans le monde de Narnia, guettant, au détour d'un bosquet, Mr Tumnus. Un bruit derrière moi me fit sursauter promptement. Je n'étais plus seul dans ce monde onirique. Un autre promeneur avait eu l'idée de venir photographier le jardin blanc. Je le surveillai du coin de l'oeil ou à travers le viseur, maugréant en moi même lorsqu'il déchira la neige de ses pas, avant moi. L'ailleurs que mon imagination avait fait surgir bascula, peu à peu, dans le quotidien d'une ville paralysée par la neige. L'heure avançait et les promeneurs affluaient. Je n'étais plus seul. Deux jeunes anglaises me demandèrent de les prendre en photo. Je remontai sur l'esplanade pour m'en retourner à Bellecour. La ville était grise.

Place Bellecour sous la neige - LyonLe Jardin du Rosaire - LyonLa Cathédrale Saint-Jean - LyonLe Jardin du Rosaire - LyonLe Jardin du Rosaire - LyonLe Jardin du Rosaire - Lyon

Les photos de Lyon sous la neige sont présentées dans la galerie Lyon enneigée, à droite.

mardi 15 novembre 2005

Un automne en Beaujolais

Les vignes mordorées de Fleuries, blotties au pied de la Chapelle de la Madone, Chiroubles et son clocher bulbeux, les deux fiers clochers de Regnié-Durette, un Beaujolais étincelant en cette fin de dimanche d'automne.

Autour de Fleurie 1 - Beaujolais Autour de Fleurie 2 - Beaujolais Autour de Fleurie 3 - Beaujolais Autour de Fleurie 4 - Beaujolais Autour de Fleurie 5 - Beaujolais Le village de Fleurie - Beaujolais Autour de Fleurie 6 - Beaujolais Autour de Fleurie 7 - Beaujolais Autour de Fleurie 8 - Beaujolais Chiroubles - Beaujolais Régnié-Durette - Beaujolais Au pied des clochers de Regnié-Durette - Beaujolais

dimanche 9 octobre 2005

Baroud d'honneur de l'été en Beaujolais

L'été n'en finit pas de partir. Regrette-t-il de ne pas avoir été généreux en août pour offrir deux magnifiques journées ? Hier et aujourd'hui, le soleil a brillé avec insolence et, sans les feuilles dorées, il semblait que le temps avait rebroussé chemin. L'automne est une saison mélancolique : je me perds dans ses ors et ses pourpres comme pour mieux retenir une douce chaleur qui déjà s'alanguit dans les lacs resserrés d'une fraîcheur presque hivernale. Janus, le gardien des portes, entrouvre janvier et Bacchus frissonne. Aujourd'hui, Bacchus a pu danser avec les nymphes et Silène, couronné de pampres et de lierre, enivré de vie par les satyres et les bacchantes. Je n'ai pas vu Bacchus entre les rangs de la vigne de Saint-Julien. Le Beaujolais alignait ses ceps encore lourds de feuilles presque vertes et de quelques grappes éparses aux grains bleutés : la pruine dessinait un halo mystérieux sur la peau des baies menues du gamay. Quel vin donnera le jus clair que je fais sortir du grain écrasé entre deux doigts ? La chair est à peine rose, les tanins de la peau ne l'ont pas encore rougie. Mon regard se perd dans les alignements, accroché parfois par un feuillage rouge sombre qui envahit tout le plan ou met le feu à un seul sarment. Bientôt, les coteaux s'enflammeront avant de se dépouiller, et comme le phénix, la vigne renaîtra avec le printemps. Il n'est pas encore temps. Je marche entre les rangs, le sol ocre n'est pas lourd de l'eau que le ciel lui refuse toujours. La chienne gratte et lève quelques nuages de poussières, elle joue avec les rayons d'un soleil qui luit et m'éblouit. Je contemple la plénitude du paysage, je voudrais entendre battre le cœur de la terre. Je cueille une autre petite grappe, oubliée des vendanges précoces. Dans le lointain, les détonations des fusils claquent deux par deux, des oiseaux s'envolent en hâte sans savoir s'ils éviteront la chute mortelle. Les chasseurs arpentent les vignes, ils traquent la perdrix ou la grive, petit passereau souvent ivre des raisins qu'il picore avant de migrer. Une maison abandonnée est plantée sur la butte : je pousse la porte et entrevois une souillarde de pierre et une cheminée à l'âtre noircie. Une vieille poêle trouée gît derrière la porte. L'odeur âcre des lieux délaissés me prend à la gorge. Mon imagination vagabonde tandis que j'avance dans la pièce sombre. Finalement, le noir complet m'enveloppe et je ressors en frissonnant. Ma chienne m'accueille en agitant la queue, le soleil me caresse le visage. Je continue à marcher, je m'accroupis pour photographier un cep, des rangs, une église. Sans regarder la montre, je sens le temps qui passe : la lumière prend cette teinte dorée qui précède la fin du jour. Une femme marche dans une parcelle, courbée, serrée dans sa robe bleue. Je vois un fusil, un chasseur, puis un second. La mort se rapproche du gibier. Je regagne la voiture, garée le long du cimetière. Un couple sort de l'enceinte de pierre : ils ont dû fleurir une tombe. Je me faufile entre les deux vantaux du portail blanc et je parcours les allées en déchiffrant les noms sur les pierres tombales. Il fait bon. Une grande quiétude m'envahit. Les sépultures ne sont pas très anciennes, quelques enfants sont enterrés avec les espoirs et l'amour éperdu de leurs parents. Dans un angle, sur deux pans de murs, le granit sombre détaille la généalogie de la famille qui fut longtemps maire du village. L'ancêtre est né au XVIIIe siècle et mort en 1810. Ses cendres reposent sous les galets. En sortant, j'aperçois la vieille dame appuyée contre le mur : elle mange, grain par grain, la grappe de raisin qu'elle a cueillie dans la vigne. Je la regarde et lui souris.

Il faut rentrer, encore une fois heureux mais seul.

Je ne préparerai qu'un chocolat chaud que je savourerai, seul, assis sur le canapé, Delalande et les Soupers du Roy m'envahiront, la chienne dormira à mes pieds.

dimanche 14 août 2005

Vrai promeneur

Pur citadin, j'éprouve certains besoins de campagne, des besoins courts mais réels. Equipé de neuf (chaussures de randonnée, pantalon poches multiples et larges, sac à dos, gourde isotherme), j'ai décidé, vendredi après-midi, de faire le tour de Saint-Germain-au-Mont-d'Or, à une vingtaine de kilomètres de ma place Bellecour. J'avais pris le soin d'acheter un petit livre détaillant les ballades faciles autour de Lyon : tout le trajet était donc détaillé. Me voilà parti, la gourde pleine, le Lumix en bandoulière et le pied droit légèrement comprimé dans la chaussure de randonnée qui me fait regretter mes richelieus ou mes mocassins habituels. Une petite randonnée sans aucune difficulté, d'environ deux heures, qu'y disait l'auteur du livre. Voire... Parce qu'il fallait prendre en considération mon sens de l'orientation assez piteux en dehors des rues d'une ville. Même muni d'une boussole, je n'ai pas été foutu de parcourir l'itinéraire préconisé.

Aux fourches, fallait toujours prendre à droite, qu'y disait l'auteur avant de rejoindre un chemin étroit et grimpant et prendre à gauche. Question essentielle : combien de fourches devais-je passer ? Hein, combien ? Parce que j'en ai vu des chemins, des fourches, des pattes d'oie, des T... mais combien fallait-il que j'en passe avant de rejoindre le chemin étroit ? Nada, aucune indication, rien, balisage bleu, mon oeil ! Et je me suis perdu, j'ai abouti dans des champs, dans une maison vide, puis derrière un tas d'ordures, puis près d'un enclos de veaux meuglants qui voulaient à tout prix me suivre et pleuraient de me voir partir (bien que je les ai rassurés en leur promettant de les revoir une prochaine fois sur l'étal du boucher) et je n'ai jamais vu la tour Risler qui annonçe l'entrée de Pollionay ni l'aire de repas trois étoiles chantée dans la description de la promenade. J'ai ahané sous la charge de mon sac à dos (rempli de barres aux céréales, d'un livre, d'un rouleau de pq - la cmapagne a souvent un effet accélérateur du transit chez mon frère et chez moi aussi d'ailleurs - et de mon portefeuille), vidant à tire-larigot la gourde de moins en moins pleine, essuyant la sueur qui faisait virer ma chemisette du bleu au blanc, butant dans les souches vicieuses et priant de ne pas laisser tomber mon Lumix. J'ai avancé, reculé, tourné, maudit vingt fois le livre. Bon, j'en ai aussi profité pour jouir du paysage, remplir mes poumons des odeurs forestières, admirer le vol extraordinaire de deux rapaces glapissant (ce n'était pas des aigles, moi non plus d'ailleurs), faire la conversation avec des veaux, être confronté au Sacré-Cœur de Jésus si accueillant, détailler le château de Saint-Germain-au-Mont-d'Or se détachant sur un fond de bâtiment industriel, grappiller des mûres, regarder le travail d'un maréchal-ferrant intinérant (une première)... Finalement, j'ai bouclé ma promenade au bout de deux heures, sans voir aucun écureuil (contrairement à Sébastien que je vais finir par soupçonner d'en faire l'élevage pour mieux lâcher ces petites bêtes devant son objectif), devant le symbole de notre belle civilisation mondiale, un coca glacé. Je ne suis pas très dégourdi pour l'orientation, je manque sans doute d'expérience. On va dire cela, pour éviter de trop me faire de peine.

Petite annonce : qui veut se promener en ma compagnie (toujours agréable, souriant, plein d'humour, un vrai broute-en-train) ?

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