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Baby Elephant Walk... (Hatari - 1961)
The Pink Panther
Moon River Cha Cha
Breakfast at Tiffany's - 1961 avec Audrey Hepburn
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lundi 7 juillet 2008
Par Fabrice le lundi 7 juillet 2008, 07 h 02
lundi 9 juin 2008
Par Fabrice le lundi 9 juin 2008, 23 h 03

jeudi 20 décembre 2007
Par Fabrice le jeudi 20 décembre 2007, 03 h 13





dimanche 29 juillet 2007
Par Fabrice le dimanche 29 juillet 2007, 17 h 25

« Mort sur le Nil », « Le crime de l’Orient-Express » : Agatha Christie met en scène Hercule Poirot pour résoudre les causes d’assassinats où tous les suspects sont coupables. Je me souviens des images du second film et de la scène au cours de laquelle chacun défile dans la cabine pour poignarder le corps étendu… J’avais lu les deux histoires incluses dans des recueils de la plus grande criminelle de tous les temps (comme la présentait la publicité de mon enfance pour l’achat par correspondance de ses œuvres reliées) : alors que j’étais au collège, avec une camarade de classe, nous nous lancions, chaque semaine, le défi de lire un recueil complet d’une dizaine de romans avec questions à la clé à la fin de la quinzaine suivante pour vérifier si nous avions bien lu toutes les histoires. En écrivant ces lignes, me revient à l’esprit le petit mot qu’avait écrit Cécile sur mon carnet de correspondance, le dernier jour au collège : elle m’avait appelé « mon rat de bibliothèque préféré ». J’étais, en effet, toujours fourré à la bibliothèque municipale dès que j’avais du temps libre, cultivant, à travers les pages, la passion pour les livres en tant qu’objet et l’amour de la lecture et de l’évasion. Puis j’ai acheté mes premiers livres…
« Petites infamies » : le traiteur Nestor est retrouvé mort de froid dans une armoire réfrigérante de la maison des Teldi. Mort naturelle ou assassinat ? Qui pouvait en vouloir à Nestor Chaffino, traiteur réputé de Madrid et apparemment sans histoire ? Peu à peu, les histoires personnelles des protagonistes révèlent au lecteur que tous reprochent quelque chose à Nestor. Entre deux réceptions, le traiteur est confronté aux petits secrets des uns et des autres, aux petites infamies que tout être humain tente de dissimuler. Il décide aussi de commencer à rédiger un livre de recettes dans lequel il veut livrer les astuces qui garantissent le succès d’une préparation, ces secrets qui sont en fait les petites infamies d’un cuisinier…
Le ressort du livre est tout entier dans la découverte des relations qui existent entre Nestor et les occupants de la villa. Il m’a aussitôt rappelé Agatha Christie, en moins brillant, sans aucun doute. J’ai, parfois, regretté, les longues évocations des vies, trop détaillées voire inintéressantes. Il y a, toutefois, une certaine force dans l’histoire qui accumule les détails insignifiants comme autant d’indices pour comprendre l’intrigue. Carmen Posadas a un talent certain pour croquer les travers d’une certaine classe de madrilènes. Un bon livre d’été…
vendredi 27 juillet 2007
Par Fabrice le vendredi 27 juillet 2007, 22 h 43

Mai 2007, une nouvelle invitation reçue d’AXA qui courtise le cabinet et ses clients… J’avais, à plusieurs reprises, précédemment décliné les propositions présentées, malgré l’intérêt que je porte aux cocktails, théâtres incomparables de la société de consommation et parfois, scènes d’une cuisine de haute volée. Mais cette fois-ci, la présence d’Henri de Castries, président, avait retenu mon attention tout autant que le lieu de la réunion, le restaurant Victoria Hall, dernier lieu de la branchitude lyonnaise et prototype du restaurant-concept à prix exorbitants. Je suis toujours partant pour les expériences gastronomiques, surtout lorsqu’elles me sont offertes.
Le discours de Castries me surprit agréablement: je n’avais jamais, jusqu’à ce jour, pris conscience de la fibre sociale de ce grand dirigeant qui met en avant la valeur humaine comme l’essence même de la société. Sa foi chrétienne est l’un des piliers de sa notion de gouvernement d’entreprise et beaucoup de ses idées m’ont touchées. Assurément, c’est un homme d’une grande valeur. Au cours de ses propos et avant le cocktail très agréable, je notai le titre d’un livre dont la couverture colorée avait attiré mon regard souventes fois chez Decitre : « Pourquoi j’ai mangé mon père » de Roy Lewis.
Mes vacances m’ont enfin permis de lire l’ouvrage : l’auteur met en scène une famille de pithécanthropes (homo erectus) du milieu du pléistocène qui s’efforce de passer au stade d’homo faber et sapiens. Edouard, le père est un inventeur génial, qui découvre le feu alors que son frère Vania le met en garde contre le progrès en prônant un retour réactionnaire dans les arbres. Mathilde, la mère, est soucieuse d’économie domestique (ses remarques sur la nécessité de finir l’éléphant pour éviter que la viande ne se gâte sont particulièrement savoureuses de même que se recherche d’une grande grotte, aérée et chauffée, dont le standing convienne à ces subhumains presque évolués). Ernest, le narrateur, finit par comprendre que le seul moyen de maîtriser l’évolution est d’éliminer le génial géniteur. Son frère Oswald est le fort à bras de la famille. Tobie, le tailleur de silex, devient le premier industriel de l’histoire alors qu’Alexandre, le naturaliste, fait exploser l’art figuratif en dessinant des ombres sur les parois des cavernes. Il y avait longtemps que je n’avais ri en lisant un livre : le style est enlevé, l’humour est au coin de toutes les phrases et l’auteur, sous couvert de décrire l’évolution humaine, parvient à évoquer les difficultés du monde moderne, la partition droite/gauche, réactionnaire/progressiste. Ses descriptions de la préhistoire sont précises et exactes selon les critiques et les anachronismes qui émaillent le récit (le langage châtié de la gentry anglaise dont il affuble les personnages est proprement tordant parce que décalé dans la bouche d’hominidés à priori incapables de parler) contribuent à la réussite de l’histoire. Le livre se lit avec un grand plaisir, le sourire aux lèvres et l’éclat de rire au coin des pages… A dévorer sans tarder (comme une cuisse d’éléphant) !
samedi 30 juin 2007
Par Fabrice le samedi 30 juin 2007, 06 h 55

"Affiche créee par Salsedo, tous droits reservés L.B.D.O"
Cet après-midi, je visiterai le deuxième festival de BD de Lyon, notamment pour rencontrer Monsieur le Chien dont j'ai loué le grand talent ICI, ICI et ICI.
Initié dans mon enfance avec le Journal de Mickey, Astérix et Gaston Lagaffe, j'ai redécouvert la BD à la fin du siècle dernier (le siècle dernier... vers 1999-2000) notamment à travers les Editions Soleil et les séries Lanfeust et Trolls de Troy, à travers Leo, le créateur des mondes fantastiques d'Aldébaran, de Bételgeuse et d'Antarès, à travers Schuiten et Peeters et l'univers d'Urbicande, à travers bien d'autres auteurs et ailleurs étranges.
Monsieur le Chien tient une place à part : j'aime son trait, sa verve acide, désabusée et au delà de son héros lâche et obsédé, j'apprécie sa capacité à dénoncer nos travers avec humour : combien de fois me suis-je retrouvé dans l'esprit d'une case, d'une histoire ? Je vais faire découvrir l'auteur à mon frère.

Tous à Lyon BD Festival !!!!
lundi 30 avril 2007
Par Fabrice le lundi 30 avril 2007, 10 h 00
Bon, je sais, je suis en retard : Monsieur le Chien a sorti son premier alboum (sic) au début du mois de mars 2007 et je n'en parle qu'aujourd'hui. Alors que l'univers de la bédé a été boulversé par l'apparition de ce superbe opus où le style inimitable de Monsieur le Chien, nous fait découvrir les « réflexions vaines et assertions sans fondement d'un contribuable moyen ». L'auteur est breton et fonctionnaire et profondément humble puisqu'il préserve jalouseuement son anonymat : son blogue, présenté dans deux précédents billets, ICI et ICI était déjà une grande réussite à mon avis et son livre est un vrai délice. Si quelques planches ont été présentées auparavant en ligne, beaucoup sont nouvelles et affichent toute la verve acerbe du dessinateur qui porte un regard sans complexe (re-sic) et surtout sans concession sur les Tartuffes qui l'entourent. S'il se qualifie de poujadiste dans un éclat de rire, il n'en reste pas moins attachant : ses dessins sont remplis d'humour et de lucidité. L'album est disponible aux éditions THELOMA, dans toutes les bonnes librairies et notamment chez DECITRE...
J'ai eu la chance de commander Paris est une mélopée en avant-première et j'ai donc reçu mon exemplaire avec un petit miquet en dédicace. Merci Monsieur le Chien !

samedi 6 janvier 2007
Par Fabrice le samedi 6 janvier 2007, 21 h 46

Ainsi, l'Humanité va disparaître... Qui pleurera ? Qui lisait encore l'organe de presse officiel du PCF ? Même au nom de la pluralité de la presse, sa disparition ne laissera pas de regret chez moi.
Pardon, on me souffle dans l'oreillette que ce livre ne parle pas du journal communiste. Mais de la race humaine.
Au temps pour moi. Je reprends. Si l'humanité disparaît, qui restera pour la pleurer ? Personne. Pourtant, Yves Paccalet nous aura averti.
En passant, je repense à mon enfance : dans la ville qui me vit grandir, un charcutier appelé Pacalet avait un papier d'emballage amusant. Un cochon pleurait à chaudes larmes tandis qu'un autre tentait de lui remonter le moral en lui disant de ne pas s'inquiéter, il allait chez Pacalet.
Revenons au livre : je balance entre l'effroi devant les prédictions apocalyptiques et le rire devant le scénario d'une série Z de science-fiction. Je me demande si c'est du lard ou du cochon.
Pour l'auteur, l'homme est son propre fossoyeur et chaque enfant qu'il engendre contribue à l'appauvrissement de la Terre et concourt à sa destruction. Nous secrétons notre propre anéantissement.
Nous sommes tous des Papous, des Indiens Txukahamei du Xingu, des Jivaros Ashaninca de l'Amazonie, des Alakalufs de l'Archipel Magellanique, des Koriak du Kamtchatka, des Inuits du Point Barrow, tous peuples primitifs que l'homme moderne a souillé, infecté, assimilé et finalement détruit involontairement. L'homme est un nazi pour sa propre race, Yves Paccalet ne reculant pas devant la comparaison entre le génocide entrepris par une poignée de fous et la destruction de la planète que nous poursuivons inexorablement.
Il réduit l'homme à une machine capable de déclencher le feu nucléaire annihilateur parce que la vie humaine n'est qu'une guerre perpétuelle pour la domination et la possession. L'histoire donne de nombreux exemples de conflits fratricides.
Yves Paccalet a perdu confiance en l'homme. Il dresse, dans le dernier chapitre, le tableau sombre de treize fins possibles pour l'humanité, « treize bonnes raisons de mourir » : la météorite tueuse, le nuage interstellaire, les volcans en furie, les armes de destructions massives, Gaïa défigurée, mer d'Aral, le grand saccage, le sida des dauphins, l'effondrement de la biodiversité, nouvelles épidémies, des moissons d'OMG,des trous dans l'ozone, les climats en folie. Et ensuite, vous reprendrez bien du dessert ?
L'auteur profiterait-il de l'air (pollué) du temps pour jouer les Cassandre ? Il dit « j'écris ce livre pour que ce que j'écris n'arrive pas ». Comment le lecteur, perdu dans l'humanité incommensurable, peut-il entreprendre quelque chose qui fera changer l'inéluctabilité de notre destin ? Nous sommes, individuellement, désarmé. Si le style est vif, la plume alerte, le ton est plus proche de celui du café du commerce que de la démonstration scientifique. L'auteur est un savant, sans aucun doute mais disposons-nous de tous les éléments qui nous donnent la certitude que notre terre sera bientôt, par notre faute, détruite ? Quant à moi, j'ai décidé de contribuer à la sauvegarde de la terre : je n'ai pas d'enfant. 
Yves Paccalet a inscrit cette dédicace pour moi, lors d'une séance de signature le 28 juin 2006 : « avec l'humour qui convient, avec l'objectivité qui s'impose, avec l'espoir qui reste ». L'espoir nous sauvera.
Ouf !
lundi 20 novembre 2006
Par Fabrice le lundi 20 novembre 2006, 21 h 29

Prenez un trentenaire anglais issu du croisement de Hugh Grant et de David Beckham (sic) et lachez-le en plein Paris... Résultat : que ceux qui pensent que tous les anglais sont des pédés (Edith Cresson est demandée sur le blogue...) aillent se rhabiller parce que Paul West n'a que deux obsessions dans la vie, les merdes de chiens sur les trottoirs et sauter des françaises. A croire que Paris n'est qu'un vaste lupanar pour un anglais ! Confronté à l'absurdité de l'administration française (bienvenue au pays dont la moitié des habitants rêvent de devenir fonctionnaire), il va passer un an à éviter les étrons canins et à tenter de se faire comprendre par des français trop certains de leur supériorité pour seulement envisager qu'une opinion différente de la leur existe. Ajoutons les suppositoires et les grèves à répétition et voilà le tableau d'une France d'opérette qui a l'air de se complaire dans la merdocratie. L'air et la chanson, sans aucun doute.
Le trait vif et l'esprit d'observation pointu de Stephen Clarke appuient là où cela fait mal : la France est belle mais elle est peuplée de français. J'ai ri à plusieurs reprises au fil des pages d'un guide rédigé, à l'origine, par un journaliste anglais après dix ans de présence chez nous pour ses compatriotes qui auraient l'idée incroyable de s'installer au pays du reblochon coulant et de l'andouillette qui sent la merde (et là, je m'élève avec véhémence contre la croyance populaire - largement diffusée par Jean-Pierre Coffe - qu'une andouillette doit sentir la merde sous prétexte qu'elle est composée d'estomac de veau enfermé dans un rectum de porc : l'andouillette sent bon la tripe fraîche, une odeur un peu douceâtre de chair prometteuse !). Il faut noter que ce livre m'a valu un rapprochement improbable avec un sujet de Sa Très Gracieuse Majesté samedi après-midi dans le métro : une anglaise, d'un âge certain, m'a demandé si je ne trouvais pas que l'auteur « allait un peu fort ». Je lui ai répondu que l'humour faisait passer la critique comme la cuillère de sucre la médecine de Mary Poppins. Un livre à lire pendant l'un de ces après-midi d'hiver gris, froid et mortellement ennuyeux.
samedi 18 novembre 2006
Par Fabrice le samedi 18 novembre 2006, 17 h 42

Avouez-le, tout comme moi, vous adorez lire les ragots des hebdomadaires chez le coiffeur... Personne ne les achète mais tout le monde les lit pour mieux en discuter autour de la machine à café. Avec ce livre, vous saurez tout sur l'essentiel, le reste vous paraîtra si pâle que vous vous détournerez de la seule question qui vaille la peine d'être poseé : qui couche avec qui ?
Il en va du pouvoir et des hommes politiques comme de vos collègues de bureau : qui couche, qui accepterait de coucher, qui pense à coucher... Dans ce livre des journalistes Christophe Deloire (Le Point) et Christophe Dubois (Le Parisien), l'intimité des coulisses du pouvoir transpire entre les lignes. François Mitterrand et son harem de femmes enamourées croise Jacques Chirac déguisé en triquard de service pour le bonheur de la France et le désespoir de sa femme qui erre dans les couloirs vides des palais de la République consentante en demandant « Savez-vous où est mon mari ce soir ? ». Giscard d'Estaing livre son lait en deux-chevaux et Dominique Strauss-Kahn sonne l'hallali de corps emmêlés dans des parties fines cachées dans des appartements des beaux quartiers. Untel est arrêté avec des petites culottes volées, un autre surpris en train de proposer son cric à un jeune adolescent dans un parking sombre quand ce ne sont pas les voyages d'études qui font plus pour le rapprochement des sexes que pour l'amélioration de l'économie marocaine. Tout est dit, à mots couverts (dommage) ou non (joli pilori), sur les moeurs sexuelles d'une France qui a toujours confondu l'alcôve et le bureau. Belle exception française qui érige Casanova en héros national sous les yeux envieux et concupiscent d'un public égrillard et de lecteurs fébriles... Les chapitres se succèdent (Sous l'œil des médias, L'aphrodisiaque absolu, La présidence phallique, L'exception française, L'Etat voyeur, Montages et chantages, Derniers obstacles avant le sommet) pour la plus grande lassitude du lecteur qui finit par ne tourner les pages que d'une main tandis que de l'autre, il... baille d'ennui (ou d'envie pour ceux qui aurait une vie sexuelle inexistante). Le plaisir du départ est vite rabattu par un style plat et, finalement, la légère nausée devant ces femmes et ces hommes grisés par le pouvoir qui pensent que le corps de l'autre n'est qu'une friandise à jeter après consommation.
Par Fabrice le samedi 18 novembre 2006, 10 h 36

Un ami m'avait conseillé de lire « La condition humaine » de Malraux pour mieux le connaître. Curieux de nature, je me suis lancé dans la lecture en n'ayant comme souvenir de Malraux que son discours du 19 décembre 1964 pour le transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon...
Au printemps 1927, l'armée du Kuomintang, sous le commandement de Tchang Kaï-chek, marche sur Sahngaï pour s'emparer du port stratégique. Les communistes soulèvent les ouvriers pour apporter leur aide mais Tchang Kaï-chek fait volte-face et, avec l'aide des concessions occidentales, déclenche la mort de milliers d'entre eux.
Le roman s'ouvre sur l'assassinat d'un trafiquant d'armes par Tchen, jeune révolutionnaire qui a décidé de se perdre dans le terrorisme pour servir son idéal. Kyo, fils de Gisors, l'inspirateur de la révolution chinoise communiste et maître à penser de Tchen, prend la tête de l'insurrection, notamment parce qu'il est ému par le sort de ses semblables. Katow, insurgé des révolutions russes de 1905 et 1917, s'est joint à eux. Face à cette trinité à l'idéal sacrifciel, Ferral, président du consortium franco-asiatique, apprend vite le retournement de Tchang Kaï-chek et l'annonce du massacre des communistes et ne peut qu'opposer sa nature de bourgeois pour sauver son monde. Autour d'eux gravitent des satellites sombres et misérables, Clappique, mythomane, fou, antiquaire devenu trafiquant d'armes et Hemmelrich, belge gazé dansles tranchées de 14-18, un homme humilié qui sombre dans le meurtre après la mort de sa femme et de son fils massacrés lors du nettoyage par la grenade de son magasin, lieu de réunion des révolutionnaires. Aux côtés de ces hommes terriblement solitaires dans leurs violences, deux femmes voient au-delà des habits ensanglantés : May, allemande acquise à l'amélioration de la condition de la femme chinoise, aime Kyo au point de redonner uns ens à la vie en songeant à reprendre le combat à la mort de son amant ; Valérie, maîtresse de Ferral, aussi sensuelle et érotique que May est tendre. Tchen trouve la mort dans un attentat raté contre la voiture vide de Tchang Kaï-chek, Kyo est arrêté et préfère se suicider au cyanure tandis que Katow affronte l'horrible destin des prisonniers jetés vivants dans la gueule infernale des locomotives. Trois morts parmi des milliers mais trois morts essentielles...
Dans son roman, Malraux montre que la fraternité est primordiale parce qu'elle prend en compte et assume la solitude de l'homme. Les trois héros sont des hommes profondément seuls qui s'unissent peu à peu non par la révolution mais par le sang et la mort qu'ils vont partager. Si Tchen est enfermé dans son obsession d'attentat, Kyo cherche sans cesse à se fondre dans une communauté qu'il ne parvient pas à rejoindre totalement puisqu'il mort seul. Au contraire, Katow est la figure sacrificatoire par excellence, il est celui qui offre « ce don de plus que sa vie », celui qui accepte de partager le comprimé de cyanure entre ses deux compagnons de prison terrorisés pour leur éviter de brûler vif dans le foyer de la locomotive et décide de mourir vivant ! Pascal Vacher, dans son profil d'une oeuvre consacrée au roman, le compare au Christ de la Cène qui instaure la rupture et le partage du pain.
Katow offre donc le sacrifice de sa condition humaine pour que la communion dans la mort qu'il donne aux deux prisonniers transcende leur solitude individuelle et réunisse les êtres dans l'unique et vraie condition, celle de l'homme.
J'ai lu mon premier Malraux et je confirme que je n'ai pas particulièrement apprécié. Je suis extrêmement éloigné des préoccupations de l'auteur quant au sort des hommes. Je pense que mon individualisme s'accroît au fil des années et que je tends à avancer entre deux murs d'indifférence, sans prendre le temps de m'arrêter pour considérer l'autre. Je n'ai vécu que mes drames personnels, je n'ai affronté que mes peurs ou la perspective de ma mort, toutes émotions insuffisantes pour que je suive Malraux dans sa quête humaniste. Enfin, son style n'a rien de remarquable. J'ai lu un Malraux. Voilà, c'est fait.
dimanche 3 septembre 2006
Par Fabrice le dimanche 3 septembre 2006, 11 h 11
Encore quelques jours et la nouvelle saison du Théâtre des Célestins s'ouvrira. Hier, je suis allé retirer les places du grand abonnement. La jeune femme qui m'a reçu, après que je lui ai donné mon nom, me lança, dans un grand sourire lumineux, «oui, je me souviens, c'est pour un abonnement intégral». La suprise me saisit : je n'aurais pas pensé qu'elle puisse se souvenir de moi après m'avoir vu un petit quart d'heure plus de deux mois auparavant.
Elle m'a remis contre signature une enveloppe blanche contenant la lettre d'accueil et surtout les seize billets enfermés dans une petite pochette frappée d'une fleur de magnolia (inspirée, sans nul doute, des magnolias en fleurs sur la place des Célestins au printemps).


©Sébastian Birchler
Première pièce : L'affaire de la rue de Lourcine, d'Eugène Labiche, samedi 30 septembre 2006, à 20 heures. Je serai placé à l'orchestre, fauteuil J-4. Si cela tente quelqu'un de prendre un verre à l'entracte...
Rendez-vous pour le compte-rendu !
samedi 2 septembre 2006
Par Fabrice le samedi 2 septembre 2006, 09 h 17
Christophe, un ami blogueur, vante les mérites de Michel Gondry, dans deux billets ICI et LÀ où il présente les réalisations de cet homme de cinéma... Il termine en recommandant d'aller voir son dernier film, «La science des rêves». Je me dis, si lui a aimé, c'est que cela doit être bien parce que ce qu'il écrit est toujours très bon (comment ? mais non, je ne fais pas mon Churchill... quoique - blague privée).
Me voilà donc parti samedi dernier au Pathé, à 500 m de chez moi, pour la séance de 13 heures 20.
Et là, je plonge dans l'horreur, dans un film où Paris est moche (je préfère rêver dans le Paris d'Amélie Poulain que me perdre dans le Paris triste de Gondry) et où Gael Garcia Bernal court en rêve derrière Charlotte Gainsbourg sous les yeus ahuris d'Alain Chabat et de Miou-Miou qui se demande ce qu'elle fait là (à mon avis, elle devait travailler quelques heures pour compléter son statut d'intermittente du spectacle).
Je n'ai pas le courage de raconter l'histoire, je copie-colle le synopsis d'Allo Ciné : «Venu travailler à Paris dans une entreprise fabriquant des calendriers, Stéphane Miroux mène une vie monotone qu'il compense par ses rêves. Devant des caméras en carton, il s'invente une émission de télévision sur le rêve.
Un jour, il fait la connaissance de Stéphanie, sa voisine, dont il tombe amoureux. D'abord charmée par les excentricités de cet étonnant garçon, la jeune femme prend peur et finit par le repousser. Ne sachant comment parvenir à la séduire, Stéphane décide de chercher la solution de son problème là où l'imagination est reine...»
J'ai retenu deux ou trois scènes oniriques, les plus réussies à mon avis, celle où j'ai accepté de suivre le réalisateur, les autres je les lui laisse. L'histoire est emboruillée et les passages entre le rêve de Stéphane et la réalité finissent par perdre le spectateur. J'ai préféré Gael Garcia Bernal dans «La mauvaise éducation» d'Almodovar. J'ai trouvé Charlotte Gainsbourg ridée et vieille. Désolé, j'ai piqué du nez au moins trois fois. Finalement, je crois que je vais au cinéma pour voir une belle histoire et de belles images. Contempler sur l'écran la grisaille quotidienne qui me renvoie à ma vie si vide parfois ne me plaît pas. J'oubliais : j'ai la même lampe Ikea que celle de Chabat, celle que l'on voit à gauche du canapé, quand lui et Gael sont assis...
En revanche, le site du film est un petit bijou. Michel Gondry aurait dû se contenter de ce site pour ne pas infliger à certains spectateurs son film inintéressant.
Modification de 15 heures 49 : sur le site de Matière focale, une autre bonne critique du film. Mais je continue à ne pas aimer.
lundi 21 août 2006
Par Fabrice le lundi 21 août 2006, 16 h 28

Cuba 1959, la fin d'un rêve ? Le régime de Batista vacille sous les coups des révolutionnaires de Castro et Guevara. Frederico Fellove (Andy Garcia) est propriétaire d'un club El tropicao consacré à la dans et à la musique des Grandes Antilles et va tenter de préserver l'unité de sa famille bientôt emportée dans la tourmente révolutionnaire. Désespéré par l'amour d'une femme (Ines Sastre) qui se laisse charmer par les voix des hommes en treillis, il finira par s'exiler pour continuer à survivre.
Andy Garcia est né à Cuba et propose un film d'une beauté extraordinaire sur les boulversements de La Havane à la chute de Batesti et à l'avènement de Castro.
Les images sont magnifiques, la musique et les danses transportent le spectateur dans ce Cuba d'avant la Révolution qui finira par tomber de Charybde en Scylla, des tortures d'un dictateur fascisant aux balles faussement libératrices d'un révolutionnaire tristement barbu. Le film a quelques longueurs mais il donne à contempler la superbe Ines Sastre et à rire du jeu décalé d'un Bill Murray vêtu d'un costume à bermuda. Les apparitions de Dustin Hoffman, en parrain mafieux vieillisant et vieux beau, sont plaisantes. Andy Garcia laisse paraître l'amour de sa terre natale et sa tristesse devant les promesses non tenues d'une révolution confiscatrice de la liberté tant réclamée. Finalement, il faut croire que certains peuples sont maudits pour subir les dictateurs les uns après les autres.
Si Andy Garcia ne parvient pas, comme le pense Le Monde, « à masquer l'idéologie conservatrice » qui l'anime, pour ma part, je tiens au frais un Cuba Libre pour trinquer à la mort prochaine de Castro.
Au-delà des considérations politiques, ce film est esthétiquement une réussite...
Je remercie Nat pour m'avoir décidé à voir ce film...
mardi 1 août 2006
Par Fabrice le mardi 1 août 2006, 08 h 43

L'Amérique, terre de tous les espoirs et de toutes les croyances sert de cadre au roman inclassable de Neil Gaiman, "American Gods". Est-ce de la science-fiction ? Sans doute. De la fantasy ? Pas vraiment. Une parabole sur les cultes stériles des idoles de la société de consommation ? Assurément. Mais c'est surtout un roman haletant, à rebondissements, où un homme découvre qui il est en acceptant d'affronter sa propre nature.
Ombre est en prison pour une échauffourée sans importance. Libéré sur parole, il apprend la mort de sa femme et sa liaison avec son meilleur ami. Désemparé, il accepte le travail de garde du corps que lui propose un vieil homme, Voyageur. Ensemble, ils vont partir à travers l'Amérique pour une mission déterminante pour leur propre survie et celle de l'homme. Au fil du périple, Ombre rencontrera tous les dieux et les mythes arrivés dans les bagages des hommes sur le sol d'Amérique : des confrontations improbables où Anubis est le croque-mort et la Reine de Saba pute à Los Angeles. Débarqués sur une terre qu'ils croyaient vierge de toute divinité, ces dieux de l'Ancien Monde se sont peu à peu installés avec les premiers américains, vivant à travers les cultes qui leur étaient rendus. Mais le modernisme et la société de consommation ont tôt fait de détrôner ces idoles vieillissantes et poussiéreuses pour imposer leur veaux d'or clinquants et exigeants. Ombre va assister au combats des anciennes divinités et des nouveaux mythes en dévoilant, tout au long du récit, les étapes du formidable mælstrom de l'humanité que constitue la nation américaine. Que devient un dieu sans fidèle ? Sans sacrifice ? Il disparaît. L'homme a les idoles qu'il mérite mais il ne le sait pas. Ombre va s'initier à sa vraie nature et comprendre que rien n'est inéluctable lorsque l'on accepte d'agir.
Le rythme soutenu, le style précis et agréable mettent en scène la mythologie qui manquait à l'Amérique sans racines. A moins que la terre américaine soit, elle-même, la seule divinité dont l'homme moderne a besoin.
Un clin d'oeil à ceux qui entreprendront un voyage aux Etats-Unis l'année prochaine, en voiture pour un road-trip de l'amitié ou en pélerinage pour rendre hommage à un mythe chantant. Quant à ceux qui resteront dans le Vieux Monde, ils pourront toujours replonger dans la seule mythologie qui vaille la peine, celle qui vit depuis des temps immémoriaux dans les plis secrets de nos âmes émerveillées. Bon voyage ! Je reste ici pour garder le temple...
dimanche 16 juillet 2006
Par Fabrice le dimanche 16 juillet 2006, 21 h 56
Why the world needs Superman ?
Loïs Lane tape cette phrase dans les dernières minutes du film... Mais pourquoi faut-il voir ce film ?
.parce que 23 ans d'absence, c'est long et que retomber en enfance est toujours agréable (qui n'a pas joué à Superman dans la cour de récréation ?)
.parce qu'un super-héros c'est toujours réconfortant
.parce que les effets spéciaux sont à couper le souffle (notamment la scène de l'avion)
.parce qu'on ne comprend toujours pas pourquoi personne ne fait le lien entre Clarke Kent et Superman (vous n'allez pas me dire qu'une paire de lunettes peut faire la différence)
.parce qu'on ne comprend pas pourquoi Loïs et Superman continuent à se vouvoyer alors qu'ils ont couché ensemble (mais non je ne révèle rien)
.parce que la cape et le short de Superman sont un peu moins rouges et que c'est tant mieux
.parce que Brandon Routh a la mâchoire carrée et les yeux bleus de Christopher Reeve et que même si son déguisement ne rend pas justice à sa plastique, je connais plus d'une personne qui tomberait en pâmoison en volant dans les bras du héros
.parce que c'est le super-héros en tête de ma liste à moi (bon, après il y a Spiderman, puis Cyclope et ses potes X-Mens, loin devant Batman)
Par Fabrice le dimanche 16 juillet 2006, 08 h 37
J'écoute actuellement, sur mon baladeur, Jean Ferrat. J'apprécie sa voix profonde et sa diction claire. Il est un grand interprète d'Aragon et je me laisse souvent aller à rêver d'amour...
Mais ses chansons glorifiant le communisme et la révolution sont comme une promenade dans un champ de ruines. Le coeur est serré par la vue du désastre. Sa fibre communiste est un anachronisme qui fait mal dès lors que la mémoire fait ressurgir de la terre des goulags les millions de morts de cette idéologie soit disant humaniste. Comment peut-on s'être trompé à ce point et comment peut-on ne pas le reconnaître ? Combien d'intellectuels ont chanté les louanges de l'abomination communiste protéiforme (stalinisme, maoïsme, castrisme...) et continuent à asséner leur vérité abominable sans aucunement rougir d'avoir défendu l'indéfendable ? Ils me dégoutent profondément. Et le journal L'Humanité qui réclame une subvention pour survivre !
Malgré tout, passons sur les "mauvaises" chansons, j'ai découvert une petite perle que je ne connaissais pas...
Une femme honnête - Jean Ferrat
mercredi 12 juillet 2006
Par Fabrice le mercredi 12 juillet 2006, 08 h 02
L'humeur du jour est joyeuse, notamment grace à ce morceau de Paris Combo...
Escapade - Paris Combo
Dédicacé à N
dimanche 9 juillet 2006
Par Fabrice le dimanche 9 juillet 2006, 10 h 02
Parce que le moment était venu de me faire plaisir (un ami m'a dit que je devais être un peu plus égoïste), j'ai acheté hier le baladeur Archos Gmini 402 Camcorder
J'en avais assez de promener le chien en silence, surout que mes conversations avec lui sont assez limitées en public...
Le son est superbe, quand bien même je rencontre un problème de casque, la fonction caméra sympathique mais il a l'avantage de lire des vidéos (format avi donc des divx)...
La fonction disque dur lui permet d'être reconnu comme un lecteur externe et autorise le trasnfert de fichiers par un simple copier-coller : fonction trop géniale, pour paraphraser le slogan d'un blogue ami ;-). Une capacité de 20 Go laisse toute latitude pour quelques films à regarder n'importe où.
Je suis beaucoup plus réservé sur la fonction photographie (résolution de 1,3 Mo). En revanche, il peut être connecté directement à mon bridge Panasonic Lumix DMC-FZ20 pour décharger la carte mémoire en attendant le transfert définitif sur l'ordinateur.



jeudi 6 juillet 2006
Par Fabrice le jeudi 6 juillet 2006, 21 h 49

"Le monde selon Garp", de John Irving.
En pleine seconde guerre mondiale, Jenny Field, infirmière dans un hôpital de Boston , décide d'avoir un enfant sans s'encombrer d'un père. Aprèsavoir chevauché un obscure sergent à l'agonie, Jenny prend sa vie en main et part en croisade la concupiscence de ses contemporains. Garp grandit couvé par l'amour de sa mère qui n'hésite pas à l'accompagner en Europe pour faire éclore son talent d'écrivain. Ils vont mener de concert leur carrière littéraire et Garp passera sa vie à protéger les siens des dangers du monde marqué par la révolution féministe. Le moteur de Garp est la peur, la peur d'un père, d'un fils, d'un amant. Il a peur pour les autres et non pour lui, sa générosité est son bouclier.
L'auteur nous plonge au coeur de la création littéraire, des angoisses de la page blanche à travers les hésitations, les succès et les échecs de Garp et de sa mère. Il insère des extraits des oeuvres de Garp et nous offre un morceau d'anthologie avec une scène de fellation dans une voiture : le style narratif est particulièrement tranchant ! L'invention du crapaud du ressac, figure repoussante du malheur, dans le dernier tiers du livre, est une trouvaille géniale.
J'ai apprécié l'humour et la sensualité des personnages, la folie douce qui sous-tend certains (les Ellen-jamesiennes notamment) et surtout l'amour qui se dégage de Garp, dans sa course incessante pour le bonheur des siens.
Merci à Christophe et Rodolphe pour m'avoir fait découvrir ce livre
Je commence l'ouvrage suivant dans la liste des grands auteurs américains de nouvelles présentée chez Christophe et bénie par Rodolphe : "American Gods" de Neil Gaiman

vendredi 30 juin 2006
Par Fabrice le vendredi 30 juin 2006, 08 h 02
Sébastien parmi les hommes - Paroles de Cécile Aubry, interprétée par Les Poppies
L'ouverture de l'opéra Armide - Lully - interprétée par Herreweghe
Le premier morceau est une madeleine, à déguster avec un thé, avec un ami... J'ai grandi en regardant vieillir Mehdi et son grand-père Charles Vanel au fil des feuilletons en noir et blanc.
Le second morceau est une nouvelle fenêtre entrouverte sur ce XVIIe siècle que j'aime : Lully rayonne sur l'opéra pour le gloire de Louis XIV.
dimanche 25 juin 2006
Par Fabrice le dimanche 25 juin 2006, 09 h 51

Le quintet Paris Combo "lorgne vers la chanson gouailleuse et parigote de l'entre-deux-guerres agrémentée d'influences latino, jazzy, orientales ou gitanes" selon RFI qui lui consacre une bio.
Paris Combo a déjà sorti quatre albums, Paris Combo en 1997, Living-room en 1999, Attraction en 2001 et Motifs en 2004. Au delà des orchestrations riches de sonorités jazz et bossa, il faut prêter l'oreille aux textes, des phrases musicales délicatement ciselées qui nous extirpent du quotidien en l'habillant d'une douce irréalité. Belle du Berry, auteur des paroles et interprète fait étinceler les jeux de mots et les enchaînements rîmés.
Mais je pense qu'il faut entendre et voir Paris Combo en concert pour comprendre leur capacité à créer un univers scintillant dans lequel vous n'êtes plus un simple spectateur mais un acteur à part entière du monde musical qu'ils font naître. A deux reprises, je les ai vus en concert à Lyon. J'ai le souvenir du concert de l'album "Attraction" où Belle du Berry a invité les spectateurs à écouter non pas assis mais debout, à danser, à vivre les chansons et la musique. Ce fut un très grand moment de communion entre des artistes et leur public...
Mobil'homme - Paris Combo in Living-room, 1999
Lettre à P - Paris Combo in Attraction, 2001
Touriste d'une vie - Paris Combo in Motifs, 2004
vendredi 23 juin 2006
Par Fabrice le vendredi 23 juin 2006, 22 h 55
"De sang froid", de Truman Capote
En 1959, au Kansas, une famille de quatre personnes est assassinée par des inconnus. Truman Capote ne se contente pas de lire les journaux qui relate ce fait divers, il décide de partir à la recherche des protagonistes du drame : deux hommes perdus dans une société puritaine figée qui rejette la différence , deux petites frappes qui se trouvent confrontés à la mort de leurs victimes parce que cette mort était inéluctable. Capote a suivi l'affaire, travaillé en journaliste mais aussi en homme, il a rassemblé des témoignages, rencontrés les assassins et la police pour reconstruire, avec ses mots, l'univers fermé d'une communauté frappé en son coeur. Le massacre met en branle les peurs indicibles que le poids de l'église méthodiste et le formalisme d'une société de classes avait réussi à refouler au tréfonds de l'animal qui sommeille en chacun de nous.
J'ai choisi ce livre sur les conseils de Christophe et l'ai achevé en pensant à la remarque de Rodolphe qui m'a dit que je pourrais ensuite fanfanronner "je le l'ai lu".
J'avoue que je n'ai pas été particulièrement fasciné ni par le sujet, ni par le style. Le premier chapitre a été laborieux, le second poussivement parcouru, les suivants achevés avec soulagement. Je l'ai terminé aujourd'hui, sur un lit d'hôpital...
Il ne restera pas dans mon panthéon personnel.
A vous de voir !
Je poursuis mon exploration des " great american novel" proposée ailleurs. Je commence "Le monde selon Garp" de John Irving (en conservant la lecture en marchant, technique finalement assez efficace pour moi)

mercredi 21 juin 2006
Par Fabrice le mercredi 21 juin 2006, 21 h 12
Jacques Lanzmann est, pour moi, lié à Jacques Dutronc. Je connais mal l'écrivain, n'ayant lu qu'un seul livre de lui, "la horde d'or", il y a si longtemps. En revanche, j'ai toujours apprécié les chansons qu'il a écrites. Il savait, avec une truculence réjouissante, combiner les mots entre eux pour offrir à ses interprètes l'occasion d'aller au-delà de l'écrit. Ses formules devenaient des refrains et la voix éraillées de Dutronc faisait passer les messages adéquats.
Deux chansons m'ont marqué : "Il est cinq heures" et "Et moi et moi et moi". J'ai voulu vivre, il y a trois ans, la première : lors d'un passage à Paris, je me suis promené dans Paris qui s'éveillait. L'aube était grise mais j'ai parcouru les rues de la ville en humant les parfums de bitume humide. Je me souviens avoir terminé en achetant du pain chez Poilâne... Quant à la seconde, c'est toute ma vie : seul dans la multitude 
Il est cinq heures, Paris s'éveille... - Paroles de Jacques Lanzmann, interprétée par Jacques Dutronc
Et moi, et moi, et moi... - Paroles de Jacques Lanzmann, interprétée par Jacques Dutronc
lundi 19 juin 2006
Par Fabrice le lundi 19 juin 2006, 13 h 56
Sur les conseils de blogueurs émérites, j'ai commencé la lecture du livre "De sang froid", de Truman CAPOTE, écrivain américain dont la vie a été récemment portée à l'écran par Bennet Miller.
Ma première impression est extrêmement réservée : j'ai presque fini le premier chapitre "les derniers à les avoir vus en vie" et je me tâte pour continuer. Je ne trouve rien d'extraordinaire dans le style.
Pour éviter de lâcher le livre, j'ai décidé de lire en venant au bureau, soit 28 minutes au moins de lecture assurée rythmée par la marche à pied.
A suivre...
samedi 3 juin 2006
Par Fabrice le samedi 3 juin 2006, 19 h 37
J'ai vu aujourd'hui le film de Sofia Coppola, "Marie Antoinette"... Je ne suis pas déçu puisque je n'attendais rien de particulier de ce film.
Kirsten Dunst a un jeu aussi diaphane que la carnation de ses joues, donnant à voir une Marie Antoinette évanescente, Jason Schwartzman campe un Louis XVI balourd et aussi expressif qu'un cochon, les autres rôles sont à l'avenant. Lorsque la jeune reine court dans l'herbe, aussitôt les images de films de Sissi avec Romy Schneider viennent me parasiter m'esprit : même blondeur, même sourire, même robe blanche. Malheureusement, Kirsten Dunst n'est pas Romy Schneider...
Le film est truffé d'inexactitudes, d'invraisemblances, d'anachronismes. Sofia Copola a choisi sans doute Ladurée comme fournisseur des macarons roses, elle aurait dû prendre Pierre Hermé, cela aurait peut être donnédu parfum et de la vigueur aux images. L'ambiance générale est sucrée, kitsch, lourdé, écoeurante à force de roses et de pastels. Difficile d'échapper aux caries et au diabète avec Sofia...
Je pense qu'il aurait fallu titrer ce film "Une Marie Antoinette" parce qu'en aucun cas, il ne rend justice à cette reine "martyre."
Une seule vedette se dégage, et d'une manière extraordinaire, c'est le château de Versailles, l'écrin des derniers Bourbons : les salles sont sublimées par les costumes des acteurs, notamment la chambre de la Reine, que l'on peut enfin admirer sans les housses transparentes qui protègent, habituellement, les tissus.
Le tabernacle de la "Sainte Capitale de la France Eternelle" (dixit Rodolphe von Todstadt) est le personnage central et je tiens pour la plus réussie la scène de la reconstitution du mariage de Louis XVI et de Marie Antoinette dans la chapelle du Château : la nef est pleine, la galerie de même, en oubliant le film, on peut se laisser couler dans un XVIIIe ressuscité.
Il faut regarder ce film comme un bel album d'images sur la fin du Versailles des rois et Sofia Coppola doit en être remerciée. Pour le reste, foncez dans les biographies de Marie Antoinette, notamment celle de l'excellent Evelyne Lever, parue chez Fayard ("C'était Marie Antoinette").

Marie Antoinette à la rose par Elisabeth Vigée-Lebrun, Château de Versailles
dimanche 7 mai 2006
Par Fabrice le dimanche 7 mai 2006, 22 h 51


Le Musée des Beaux Arts de Lyon, installé dans l'ancien couvent des Dames de Saint Pierre, présente, du 21 avril au 31 juillet 2006, une exposition centrée sur trois des cinq portraits de la célèbres série des monomanes : La Monomane de l'envie, acquise en 1908, fait partie des collections. Le musée des Beaux-Arts de Gand a prêté la Monomane du vol et le Louvre la Monomane du jeu. La Monomane du commandement militaire de Winterthur, Collection Reinhart am Römerholz et la Monomane du vol d'enfants du musée des Beaux-Arts de Springfield, ne pouvant être confiées, la première en raison de clauses testamentaires et la seconde à cause de son état de conservation.
Les trois tableaux sont replacés au coeur de l'oeuvre du peintre (1791 - 1824) fortement marquée par la folie destructrice des guerres et la douleur des hommes.
Qui serait partant pour une visite de l'exposition ?
samedi 6 mai 2006
Par Fabrice le samedi 6 mai 2006, 20 h 50
Le 14 octobre 1670, la Cour réside à Chambord et, pour la distraire, Molière lui présente une nouvelle comédie-ballet, Le Bourgeois Gentilhomme.
Cette nouvelle oeuvre n'est pas une comédie de moeurs et de caractère, elle se rapproche plutôt de la bouffonerie, d'une revue de scènes disparates liées par une intrigue fort mince. Elle est surtout prétexte à se moquer des Turcs à la suite de la réception, en novembre 1669, d'un envoyé de la Sublime Porte, de second rang, en fait et pour lequel Louis XIV avait déployé, au château de Saint-Germain-en-Laye, tout le faste curial, notamment avec son habit ruisselant de diamants. Las, l'éblouissement du turc ne fut pas à la hauteur des espoirs du roi et il en montra du dépit. Ce dépit se mua, sans doute, en commande à Molière de la cérémonie des Turcs. En fait, l'air du temps était à la mode turque comme il le fut, au siècle suivant à la mode persane... Déjà, Lulli avait donné un ballet turc en 1660.
Pour satisfaire le roi, Molière convia, dans sa maison de campagne d'Auteuil, Lulli, qui avait alors la haute main sur la musique à la Cour et le Chevalier d'Arvieux, dont le récit des voyages en Turquie faisait les délices des courtisans. Les manières turques étaient alors du dernier exotisme pour la fierté française. Le chevalier conseilla les costumes, d'ailleurs. Il fallait étoffer cette mascarade et Molière n'eut qu'à se tourner vers la bourgeoisie nouvellement enrichie de Paris pour trouver le modèle de son Monsieur Jourdain, dindon ridicule mais aussi touchant de maladresse.
La pièce fut présentée quatre fois à Chambord puis reprise à deux reprises à Saint-Germain le mois suivant avant de rejoindre le Palais-Royal à partir du 23 novembre 1670 pour ne plus quitter l'affiche jusqu'à Pâques 1671, en alternance avec Tite et Bérénice de Pierre Corneille.
Le luxe des décors, la profusion des costumes (les dépenses s'élevèrent à 49 000 livres, somme considérable), une mise en scène riche, des danses réglées par Beauchamp, la musique de Lulli contribuèrent au vif succès, la pièce remporta les suffrages de la Cour et de la Ville.
Beaucoup de grands comédiens endossèrent l'habit de Monsieur Jourdain (éliminons les adaptations modernes récentes et monstrueuses) mais c'est la vague baroque qui permit de montrer la comédie-ballet dans son intégralité, en incluant la musique et les danses.
La plus belle reconstitution est, sans aucun doute, celle de Vincent DUMESTRE, de Benjamin LAZAR et de Cécile ROUSSAT, accompagnée de la musique la troupe LE POEME HARMONIQUE, filmée par Martin FRADREAU en novembre 2004, à Paris, au Théâtre Le Trianon (production ALPHA - 2005).
La scène est éclairée de bougies, les comédiens respectent la diction du XVIIe siècle (les r sont roulés, les consonnes finales prononcées...), les danses sont superbes : le film nous plonge au coeur de la Cour, dans ce chef d'oeuvre baroque qui est l'expression "la plus aboutie" de la collaboration de Molière et de Lulli.
Eurydice, dans son blogue extraordinaire Vialation, m'a donné l'idée de ce billet, grâce à sa note Causerie baroque du jour.
samedi 11 février 2006
Par Fabrice le samedi 11 février 2006, 22 h 50
La semaine dernière, Le Figmag avait annoncé cette fête et détaillé la liste des cinquante auteurs invités, d'Henri Amourouxà Olivier Weber, en passant par Patrick Besson, Anne-Marie Mitterrand, Ghislaine Ottenheimer et Natahalie Rheims.
Le vélov enfourché, je me suis faufilé entre les voitures avant d'arriver, enfin, à l'Hôtel de Ville. La fête se tenait dans le salon de réception, dégoulinant d'or et de pourpre depuis le passage du Préfet Vaÿsse, au XIXe siècle (notre Haussman lyonnais) et le salon suivant. Décitre, mon libraire préféré, fournissait les livres. Les visiteurs se pressaient, l'âge bien affirmé, les fourrures tressautantes, comme les voix. Quelques touches de jeunesse, dont moi, finalement, faisaient ressortir le poids des ans de lecteurs, des curieux et des auteurs. L'âge de Jean Favier, d'Henri Amouroux, de Christiane Collange, de François Bluche me sauta aux yeux. Le poids des ans n'enlève pas la qualité de la plume, évidemment. Comment résister à tous ces livres qui tendaient leur couvertures souvent glacées, parfois colorées, toujours de la denière édition. Les écrivaines étaient là pour rencontrer leurs lecteurs mais aussi pour vendre leur dernier ouvrage.
Je passai devant Jean Favier, proposant son livre sur Louis XI et sur Philippe Le Bel, sans intérêt pour moi ; Vladimir Fédérovsky semblait peiné faute de succès pour ses histoires de Saint-Petersbourg et du Krémlin, Patrick Besson brillait, non par sa plume si vive, mais par la vacuité de son fauteuil rouge. Dommage. J'aime lire ses chroniques.
Nicole Lambert offrait les bouilles bcbg de ses Triplés, sortis tout droit des pages de Madame Figaro : le visage rond, encadré par ses cheveux, elle dédicaçait d'une main gourmande ses grandes bandes dessinées à une floppée de bonnes-mamans aux joues empoudrées de rose. Quelques jeunes écrivains, collaborateurs du Figaro, Alexis Lacroix, Sébastien Le Fo ou Clémence Boulouque attendaient le chaland.
Je m'étais fixé un budget et, partant, trois auteurs : Yvan Rioufol, Jean Raspail et François Bluche.
Je passai devant Nathalie Rheims, à la crinière savamment explosée, discutait avec quelqu'un : était-ce pour oublier le vide devant elle ? Je n'ai pas vu dans les visiteurs de la fête son lectorat habituel.
Jean Raspail répondait aux souvenirs de la Saxe de son enfance en tentant de ressusciter le nom que la femme lui citait. Un nom de son enfance, dans un pays qu'il quitta à onze ans... "Voilà Monsieur Jean Raspail qui nous fait tant plaisir en écrivant de si belles pages."
La veille dame était venue avec son mari, qui sortit promptement son carnet de chèque métamorphosant l'écrivain en caissière moustachue (quelle joie pour l'auteur de répondre que le paiement se faisait à la sortie...). Elle repartit avec son livre dédicacé de ses noms et prénoms annoncés d'une voix tendrement chevrotantes. Puis l'auteur passa au jeune homme, titré d'un joli nom à particule, célèbre dans la région, très chic, un vrai sujet du Royaume de Patagonie... Puis vint mon tour : je lui dis mon admiration pour trois livres qui ont compté pour moi, "Pêcheur de lune", "Qui se souvient des hommes" et "Le jeu du roi". Les deux premiers m'ont fait rêvé, je me souviens avoir pleuré lorsque Jean Raspail décrit, dans le second, la disparition, dans la pluie et le brouillard, d'un canot avec, à son bord, des indiens Alakalufs, les derniers que l'on vit vivants, sans doute. J'ai plusieurs fois offert ce livre, simplement parce qu'il est beau. Si j'apprécie, généralement, le style de Raspail, je goûte moins ses histoires de fins de race. En revanche, je voulais m'offrir son dernier livre, "En canot sur les chemins d'eau du roi, une aventure en Amérique", dans lequel il raconte sa descente, en 1949, du Saint Laurent à la Nouvelle-Orléans, dans les traces des premiers explorateurs français, Champlain, Cavelier de la Salle, etc. Je suis sûr qu'il sera bon. Sa dédicace me souhaite la "bienvenue en Amérique posthume et bon voyage". Monarchiste, traditionnaliste, réactionnaire, Jean Raspail a gardé l'oeil vif dans sa veste autrichienne.
J'attendis qu'Yvan Rioufol soit libéré par un vieux barbon passéiste pour qui tout était bien mieux de son temps, cet autrefois idéalisé qui rassure ceux qui ne comprennent pas les changements, effrayants parfois, de la société. Ce chroniqueur du vendredi du Figaro propose, régulièrement, de bonnes analyses des faits actuels bien que certaines lignes ne me convainquent pas voire, me hérissent. Je délaissai ses chroniques des années 2003-2004 au profit de "La république des faux gentils", paru en décembre 2004 qui devrait me réjouir, avec toute la "sympathie" de sa dédicace courte.
Il fallait que je finisse le salon (avant de vider mon portefeuille), et je rejoignis prestemment, la table de François Bluche. Professeur émérite de Paris X-Nanterre, Bluche a bousculé l'hagiographie destructrice de Louis XIV, qui atteignait des sommets avec Pierre Goubert et ses vingt millions de français, en publiant un "Louis XIV" magistral, faisant honnêtement la part entre les ombres et la lumière du Soleil, ne cachant rien des échecs, replaçant les victoires dans leur contexte. Son "Dictionnaire du Grand Siècle", ouvrage collectif, a marqué les études historiques du XVIIe siècle par sa richesse et sa précision. Je possède tous les ouvrages de Bluche sur le siècle. Lorsque j'arrivai, il affrontait, dans une joute verbale assez vive, un visiteur qui refusait qu'on lui donne des conseils. Celui-là parti, alors que je présentai le "Richelieu" nouvellement publié, François Bluche terminait pour moi seul la polémique précédente en raillant les éditeurs de merde (sic), notamment Plon, l'accusant d'avoir commis les mémoires de l'Amiral De Gaulle sur son père (que je ne lirais pas), regrettant que plusieurs centaines de milliers de français soient tombés dans le piège d'un écrivaillon infidèle aux vrais sentiments du Général, à l'égard de Weygand par exemple. Je lui dis mon admiration pour son "Louis XIV" et pour son dictionnaire et nous échangeâmes quelques mots très plaisants : il me livra quelques anecdotes, notamment sur son jounal secret de Louis XIV, écrits apocryphe qu'il rédigea en prenant, me dit-il, le soin de n'employer que des termes de l'époque, soigneusement vérifiés dans son Robert mais qui fit sensation puisque beaucoup le crurent de la main du roi, une étudiante en doctorat notamment, qui truffa sa thèse de notes tirées du livre et présentées comme véridiques. Talent de l'écrivain ou naïveté de la doctorante ? J''ai la faiblesse d'incliner pour le premier. Il me fit un court éloge du Cardinal et j'acquiesçai en lui disant que l'on ne pouvait comprendre Louis XIV sans connaître Richelieu, survivant à travers Mazarin. Sa dédicace fut "cette réhabilitation d'un très grand homme d'Etat, trop longtemps méconnu ou calomnié" : relisons ses mémoires pour comprendre l'importance de Richelieu.
Je quittais les salons en passant par la salle des armoiries des anciens échevins de la Ville et quelques salles aux lambris dorés, laissant derrière moi l'escalier aux fresques du XVIIe remarquables. Je repartis, heureusement lesté de trois ouvrages, impatient de les lire.
vendredi 25 novembre 2005
Par Fabrice le vendredi 25 novembre 2005, 18 h 54
Pièce de théâtre, aux Célestins, ce soir : Richard III avec Philippe Torreton. Espérons que cela ne sera pas seulement Philippe Toretton dans Richard III.
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