Gastronomie et vins
dimanche 1 juin 2008
Télé-réalité : la cuisine, un univers impitoyable...
Par Fabrice le dimanche 1 juin 2008, 17 h 38
Dalila me contraint à rentrer tôt après une journée de bureau, sans doute par jalousie (ou alors par prudence, pour me ménager puisque je ne veux pas m'arrêter de travailler) : entre 18 h et 19 h, je suis donc très souvent devant la télé, harrassé et courbaturé mais vivant, à butiner d'une chaîne à l'autre. J'ai découvert ainsi une émission assez réjouissante, sur M6, « un dîner presque parfait ». Le principe est simple : dans une ville, cinq inconnus s'engagent chacun à organiser un dîner pour les quatre autres et la semaine voit défiler à l'écran les cin prestations culinaires. Et hop, je pique le résumé du concept au site de M6 :
« Une compétition d'un nouveau genre, mêlant art de recevoir, décoration et talent culinaire, où chaque candidat doit faire preuve de générosité et de créativité pour étonner ses invités ! Ils sont cinq, ils habitent la même région, ils ne se connaissent pas et pourtant, ils vont s'inviter à dîner à tour de rôle pendant toute une semaine pour remporter le titre du meilleur hôte. Chaque soir, un candidat différent reçoit ses adversaires. Au terme de ces 5 jours de compétition, seul l'un d'entre eux sera sacré champion et remportera un chèque de 1 000 euros. Pour prétendre au titre de meilleur hôte d' "Un dîner presque parfait", il faut organiser le meilleur dîner de la semaine. En un mot, faire en sorte que les invités soient conquis et qu'à la fin du dîner, ils vous accordent les meilleures notes possibles. Chaque soir, les candidats noteront l'hôte du jour sur 3 critères : la qualité de sa cuisine, l'ambiance générale du dîner et enfin, le soin que leur hôte aura apporté à la décoration de la table.
Cuisiner le meilleur dîner Chaque soir de la semaine, l'un des participants invite les autres à dîner chez lui. Cuisine du terroir, recettes de famille, menu exotique ou végétarien, ils vont tous tenter de démontrer leurs talents culinaires pour le meilleur…. et pour le pire.
Savoir recevoir et créer une bonne ambiance Comment être sûr que les invités passent un bon moment et que la sauce prend entre ces inconnus ? C'est pourtant sur ce critère que les notes seront attribuées. Les candidats devront tout faire pour que leurs invités ne s'ennuient pas...
La décoration Fleurs, bougies, nappes brodées, serviettes en dentelle ou encore argenterie de grand mère : tout est bon pour épater les invités et gagner des points supplémentaires ».
Je ne suis pas un adepte de la télé-réalité mais je trouve ici l'idée assez bonne : je me retrouve très souvent dans l'absence de maîtrise du temps de préparation des repas par les candidats, dans l'oubli d'un ingrédient, dans la tuile de dernière minute, bref dans la vie d'un amateur de cuisine qui aime recevoir. Si la plupart des candidats sont sympathiques, je suis effaré (amusé) par l'impolitesse et la bêtise d'autres (je pense à un certain J.-R. de Marseille) : irrespectueux, méchants, ils en deviennent très vite pitoyables donc risibles. Car je crois que l'on touche le but non avoué de la télé-réalité : se moquer des travers des autres pour mieux se rassurer. Quel intérêt y aurait-il sinon à montrer des images lisses, insipides ?
L'émission présente deux atouts essentiels : la voix-off, faussement impartiale, distille des petites railleries réjouissantes et appuie là où cela fait mal (comme dans le dîner de Lucas, directeur de restaurant parisien, vendredi dernier, qui, ayant fait tomber des feuilles de brick dorées par terre, les pousse négligemment du pied sous le meuble de la cuisine...) et la bande-son, diffusion d'extraits de chansons choisis en accord avec les situations.
J'imagine que le montage des séquences fausse la réalité pour permettre d'atteindre le but de la production : intéresser et divertir la ménagère de moins de cinquante ans (cible privilégiée des télévisions) et j'avoue que je suis tombé dans le panneau. L'émission me plaît, je me prends à rire des autres sans avoir à trop réfléchir devant les images : je suis le parfait ménager de moins de cinquante ans !
vendredi 28 mars 2008
Au revoir Abel...
Par Fabrice le vendredi 28 mars 2008, 15 h 09
Ce n'est qu'un au revoir...
mardi 4 décembre 2007
Badiane, la librairie de toutes les cuisines - 8e lettre d'information...
Par Fabrice le mardi 4 décembre 2007, 07 h 00

Bonjour à tous !
Il fait enfin vraiment froid... mais quelle bonne excuse pour absorber des calories gourmandes.
Et quel meilleur lieu que Badiane pour succomber à la tentation des chocolats, poulardes, foie gras et autres douceurs, au travers d’animations dans notre cuisine ou dans les pages de tous les livres qui nous entourent. N’oubliez pas qu’un ouvrage culinaire fait rêver avant tout et qu’il a toute sa place sous le sapin !
En attendant le plaisir de vous souhaiter un Joyeux Noël de vive voix, nous espérons que vous savourerez ce temps des préparatifs ; comme en cuisine, le plaisir réside tout autant dans l’exécution de la recette que dans sa dégustation.
Pour le programme : cliquez ici
CONTES, AMOURS ET SAVEURS
Jeudi 6 décembre à 19h00, venez assister au spectacle du conteur Sam Cannarozzi « Deux bouches en Une ».
Au travers d’une trame inspirée d’un conte italien du XVIIème siècle, Sam vous entraîne dans 5 petites histoires teintées d’amour. A chacune il associe une saveur simple préparée en cuisine par Adrien.
Un spectacle familial à écouter et à déguster.20 € pour les adultes : 10€ pour les enfants (à partir de 7 ans).
PRIX EUGENIE BRAZIER
A l’initiative de l’association créée par Jacotte Brazier, le 1er Prix Eugénie Brazier vient d’être remis. Il vise à récompenser auteures et illustratrices pour leur contribution à « la transmission du patrimoine culinaire par les femmes ». Vous trouverez chez Badiane, les œuvres de Nathalie BARAVIAN : La cuisine Arménienne (éd. Acte Sud), Michèle BARRIERE : « Nature morte au Vatican » (éd. Agnès Vienot), Adrienne BARMAN : « A vos fourneaux » (éd. La joie de lire). EVENEMENT : JULIE ANDRIEU CHEZ BADIANE

La célèbre chroniqueuse culinaire et cuisinière Julie Andrieu, connue pour sa défense de la cuisine du placard ses recettes du monde, faciles et rapides, vient de publier « Confidences sucrées » avec Pierre Hermé (éd. Agnès Viénot). Elle nous fait l’honneur d’une séance de dédicace exclusive à Lyon. Venez la rencontrer samedi 15 décembre de 13h00 à 16h00 à la librairie (merci de bien noter le petit changement sur l’horaire préalablement annoncé)
Gagnez des livres dédicacés et des cours de cuisine en écoutant Chérie FM du 10 au 15 décembre.
SAINTE LUCIE CHEZ BADIANE
A ne pas manquer…
Le 13 décembre, Badiane vit au rythme de la Ste Lucie suédoise. Cette fête traditionnelle est l’occasion d’organiser des cortèges de jeunes filles et d’enfants qui chantent en chorale et surtout de faire déguster le célèbre glögg (vin chaud aux épices) et les lusekatter (pâtisseries aux parfums de safran et de cannelle).
Nos amies Åsa et Birgitta vous propose un cours sur ces gâteaux et la visite d’un cortège de Ste Lucie qui chantera pour vous à la lumière des bougies.
Jeudi 13 décembre à 19h00. Inscriptions chez Badiane +33 (0)4 72 41 18 00
VENTE DE SAUMON, CAVIAR, FOIE GRAS…
La librairie vous permet d’acheter sans stress des produits essentiels à la réussite de vos fêtes.
En partenariat avec les maisons Kaspia et Rougié, vous pouvez commander chez Badiane, saumon, caviar, œufs de saumon et foie gras.
Tarifs sur simple demande à badiane@badiane.fr ou au +33 0(4) 72 41 18 00.
OUVERTURE DE BADIANE EN DECEMBRE
Votre librairie favorite ouvrira les dimanches 9, 16 et 23 décembre 2007, de 10h30 à 18h00, sans oublier le lundi 24 décembre de 10h00 à 19h00.
Alors, après votre marché matinal ou votre déjeuner dominical, venez nous voir.
jeudi 1 novembre 2007
Badiane, la librairie de toutes les cuisines ! Calendrier des cours de novembre et décembre 2007...
Par Fabrice le jeudi 1 novembre 2007, 06 h 28
La 7ème lettre de Badiane est en ligne ICI... A vos agendas !
BADIANE, la librairie de toutes les cuisines, lance les festivités de Noël dans son nouveau calendrier de cours...
Quelques rendez-vous remarquables : A NE PAS MANQUER : la séance de dédicace par Jean-Paul LACOMBE de son livre sur Léon de Lyon, son restaurant fameux dont il a décidé de se séparer le 31 décembre 2007. L'une des dernières occasions de le remercier pour les plaisirs que sa cuisine aura pu nous procurer... Samedi 3 novembre 2007, à partir de 10 heures, chez Badiane.
Une démonstration de cuisine chinoise le jeudi 8 novembre, des démonstrations de foies gras le samedi 24 novembre, de saumon et caviar le samedi 1er décembre, de chocolat avec VALRHONA le samedi 1er décembre et RICHART le mardi 4 décembre, etc.
Le samedi 8 décembre, Åsa la Suédoise et Peter le Danois nous livrent les secrets de la cuisine nordique de Noël...
Voilà un calendrier riche, varié et attrayant qui montre combien Badiane est beaucoup plus qu'une librairie...


vendredi 26 octobre 2007
Adieu Léon ! Adieu Léon de Lyon...
Par Fabrice le vendredi 26 octobre 2007, 22 h 51
Le 31 décembre 2007, le rideau tombera une dernière fois sur le restaurant Léon de Lyon, doublement étoilé : Jean-Paul Lacombe a décidé de transformer cette grande et belle maison en une brasserie (comme Senderens à Paris...).
Auparavant, il a accepté de dédicacer son livre "Léon de Lyon, 100 ans de cuisine lyonnaise" chez Badiane, la librairie de toutes les cuisines, samedi 3 novembre 2007, entre 10 heures et 12 heures. Une occasion unique de rendre hommage à ce grand chef... Pour soi-même ou pour offrir, pensez à cet évènement !

samedi 6 octobre 2007
Une nouvelle cuisine : la sphérification et l'alchimie à la portée de tous....
Par Fabrice le samedi 6 octobre 2007, 18 h 30
A venir !!!
Mince, j'ai deux billets promis...
lundi 1 octobre 2007
Badiane, la librairie de toutes les cuisines ! Calendrier des cours d'octobre 2007...
Par Fabrice le lundi 1 octobre 2007, 21 h 51
La 6ème lettre de Badiane est en ligne ICI... A vos agendas !
Quelques rendez-vous parmi d'autres : le samedi 13 octobre 2007, une conférence sur la Chartreuse - le samedi 20 octobre 2007 un atelier sur le pain, le bon moment pour mettre le pain à la pâte... Deux dates cochées sur mon agenda ! Joignez-vous à moi 
A NOTER : la séance de dédicace par Jean-Paul LACOMBE de son livre sur Léon de Lyon, son restaurant fameux dont il a décidé de se séparer le 31 décembre 2007. L'une des dernières occasions de le remercier pour les plaisirs que sa cuisine aura pu nous procurer... Samedi 3 novembre 2007, à partir de 10 heures, chez Badiane.
Tous les nouveaux cours sont dessous...

Il se passe toujours quelque chose chez Badiane, la librairie de toutes les cuisines
jeudi 6 septembre 2007
Badiane, la librairie de toutes les cuisines ! Calendrier des cours de septembre 2007
Par Fabrice le jeudi 6 septembre 2007, 13 h 19
La 5ème lettre de Badiane est en ligne ICI... A vos agendas !
Deux rendez-vous parmi d'autres : le mercredi 19 septembre 2007, une rencontre avec le CSBJ, l'équipe de rugby de Bourgoin-Jallieu qui présente un livre de recettes à partir de 12 heures - le samedi 22 septembre 2007 à partir de 17 heures, Fatéma HAL (fameuse cuisinière marocaine de Cuisine.tv) dédicace son nouveau livre « Ramadan, la cuisine du partage ».
Tous les nouveaux cours sont dessous...

Il se passe toujours quelque chose chez Badiane, la librairie de toutes les cuisines
dimanche 8 juillet 2007
Badiane : Festival des verrines - Samedi 30 juin 2007
Par Fabrice le dimanche 8 juillet 2007, 18 h 07
A 10 heures du matin, je ne suis pas le dernier à arriver. Beaucoup de femmes, très peu d'hommes (la qualité équilibre le nombre, sans aucune doute).Si les cuisiniers professionnels sont essentiellement des hommes, en revanche la cuisine familiale est encore le bastion des femmes. Mais je ne suis pas tout à fait certain qu'elles souhaitent défendre becs et ongles cette forteresse bien peu féministe. Au moment de la distribution des tabliers blancs par l'équipe de Badiane, Catherine GUERIN donne quelques consignes pour que le cours se déroule bien. Marianne VELLIEUX, son associée, tient la librairie pendant ce temps. J'hérite d'un tablier simple, sans la grande bavette : je vais devoir redoubler de précautions pour éviter les tâches. En préliminaire, nous rendons notre culte à la déesse hygiène par quelques ablutions manuelles puis nous entrons dans la salle de cours, aux murs vert acidulé, très gais. Catherine nous présente le chef, Philippe Lechat, le chef étoilé du Château de Bagnols durant plusieurs années, ancien cuisinier chez Orsi. Au cours d'une conversation après la séance, j'apprendrai qu'il est en train de monter un projet sur Lyon, sans avoir voulu en révéler plus. Fraîchement débarqué depuis quelques heures d'un avion, il prend rapidement tout en main.
Une grande cuisinière environnée de plans de travail, la salle offre quatre grandes tables qui seront les quatre zones de préparation. Si vous comptez bien, 15 divisés par 4 cela ne fait pas un chiffre rond. Personne n'ayant suggéré l'idée (astucieuse) de découper quelqu'un pour respecter l'arithmétique, je me suis retrouvé tout seul ou presque puisque nous n'étions que trois à la table et que je me suis occupé seul de la préparation d'un dessert...
Le cours est consacré au nouveau mode de présentation ludique qu'est la verrine. « Cet atelier interactif et gourmand », selon la formule de Badiane, permet de désacraliser les montages que tout le monde admire au restaurant ou dans les cocktails et donne l'occasion, accessoirement, de détailler la gamme de verres pour amuse-bouche de la maison belge DUROBOR, qui avait délégué pas moins de trois représentants très attentifs à la mise en oeuvre de leurs produits.
Nous sommes 15 stagiaires, trois hommes pour douze femmes ayant pour point commun la passion de la cuisine. J'ai discuté avec l'une d'entre elles, veuve et mère de deux enfants et je comprends qu'elle partage, avec moi, le plaisir de cuisiner et de manger, plaisir simple, souvent renouvelé et qui cimente les relations humaines. J'avais exprimé mon quelques idées dans un billet la nourriture et moi... Trois plats et trois desserts : thon poêlé au sésame, gaspacho de tomate et chantilly d'olives vertes, avocats au crabe, liégeois café-choc, croustillant à la chicorée, framboises au yaourt et au miel, salade de melon à la menthe. Le gaspacho, l'avocat et le liégeois sont des recettes de Philippe Lechat, les trois autres sont tirées du livre « Un plat dans un verre » de A. Prandoni et F. Zago. Un panier de crudité a été fait (des légumes coupés en bâtonnets et présentés dans des verres avec une au yaourt et aux herbes et la sauce de Catherine Guérin, de Badiane, à la crème fraîche et à la soupe à l'oignon déshydratée en sachet.
Le chef passe d'un atelier à l'autre pour expliquer le modus operandi, donner quelques conseils et chacun prend soin d'écouter attentivement avant de se lancer dans des préparations qui, finalement, sont très simples. Un point à noter : la mise en verrine qui prend un peu de temps. J'attaque par le croustillant à la chicorée : une feuille de brick (à base de farine de blé, ces feuilles sont très utilisées dans la cuisine orientales, pour la pastilla, les baklavas, etc.) est étalée sur le plan de travail puis badigeonnée de beurre fondu avant d'être saupoudrée très très légèrement de ricoré et de poudre d'amande. Une seconde feuille est posée par dessus puis le rouleau à pâtisserie est passé pour bien faire adhérer les deux feuilles et des formes variées sont découpées. La cuisson se fait en 4/5 minutes à four chaud, 180 °C. Au cours de la recette, Philippe Lechat a l'idée d'adapter le croustillant pour les thon et me voilà parti dans un croustillant d'herbes aromatiques où la chicorée est remplacée par de la ciboulette et du cerfeuil hâché et la poudre d'amande par du sel et une épice, présentement du curry, faute de piment d'espelette. Pour les deux recettes, la cuisson a tendance à séparer les feuilles. Pour la recette salée, il est nécessaire que les herbes soient hâchées très finement pour éviter les surépaisseurs.
L'ambiance générale est joyeuse, le chef sait rester sérieux et gai pendant tout le cours qui, finalement, durera deux heures trente. Catherine Guérin participe en créant un lien entre tout le monde avec l'aide d'Ossa (pardon, je n'ai aucune certitude sur le prénom). Les verrines terminées, nous passons à la dégustation : j'ai été très agréablement surpris par l'efficacité du thon poêlé au sésame, bien que je ne sois pas un grand adepte du poisson. Chaque participant est reparti avec une boîtes de 6 verrines.
Je crois qu'avec ces cours, Catherine Guérin et Marianne Vellieux, contribuent à donner corps à l'esprit Badiane qui va au delà de la vente de livres de cuisine. Elle savent créer un univers de plaisirs et de gourmandise dans lequel chacun peut voir le meilleur côté de l'autre, c'est à dire le sens du partage. Elle réussissent à fédérer des gens d'horizon différents en faisant ressortir notre humanité et notre fraternité. Il appartient à chaque passionné de cuisine, à chaque gourmand d'encourager cette idée en fréquentant Badiane, la librairie de toutes les cuisines et en réservant, comme moi, les achats de livres gastronomiques à cette très jeune entreprise dynamique.








Je tiens à préciser que Catherine Guérin est l'auteur de la photo de groupe : sa technique si particulière me dipsense de flouter les visages des participants qui auraient souhaité rester incognito...
Je mettrais en ligne les recettes très bientôt.
samedi 30 juin 2007
Badiane : cours de cuisine sur les verrines
Par Fabrice le samedi 30 juin 2007, 07 h 27
A 10 heures, j'assisterai au cours de cuisine sur les verrines chez Catherine et Marianne, les propriétaires de la librairie de toutes les cuisines... Des photos et des impressions bientôt sur ce blogue
mercredi 30 mai 2007
Badiane : comment résister à la tentation ?
Par Fabrice le mercredi 30 mai 2007, 14 h 22
Dans un précédent billet, je vous ai annoncé les nouveaux cours de cuisine de la librairie de toutes les cuisines, Badiane. Samedi dernier, j'ai encore une fois poussé la porte vitrée de cette librarire atypique : accueilli par Marianne et Catherine, j'ai bavardé gaiement avec les propriétaires joyeuses et pleines d'entrain. J'ai profité de mon passage non seulement pour m'inscrire au cours de cuisine « Festival des verrines ! » mais aussi pour acheter deux nouveaux livres : « Petites infâmies » de Carmen Posasdas (Editions du Seuil Points)et « Aux petits oignons » de Orlando de Rudder (chez Larousse). Je me demande si l'équilibre savant (et risqué) qui couronne ma bibliothèque consacré à la gastronomie va résister longtemps à l'ajout de livres...
La fête des Mères et la fête des Pères approchent : si vous envisagez d'offir un beau livre à cette occasion, pensez à Badiane, sur le net (sur le net, les frais de port sont actuellement offerts à partir de 15 € d'achat) ou poussez la porte du magasin de la place Bellecour (au 1, côté Saône) !
mercredi 16 mai 2007
Du nouveau chez Badiane, la librairie de toutes les cuisines
Par Fabrice le mercredi 16 mai 2007, 22 h 02
Le retour de Badiane, la librairie de toutes les cuisines, à travers la lettre de nouvelles reçu ce matin. Des nouveaux horaires de cours et comme me l'avait annoncé Marianne, enfin des cours le samedi !

Bon, il ne reste plus qu'à trouver quelqu'un qui vienne avec moi... Non pas que je sois timide mais bon, j'aime bien bavarder (à voix basse) pendant un cours
(heu, je ne suis pas dissipé non plus)
En attendant, il faut que je repasse chez Badiane... Quinze jours sans pousser la porte, quelle gageure !
Bientôt, la recette du poulet de Bresse au vin blanc.
dimanche 29 avril 2007
Un panier de printemps...
Par Fabrice le dimanche 29 avril 2007, 23 h 26
Avez-vous déjà pris le temps de respirer le très léger parfum des marronniers en fleur ? Avez-vous déjà pris le temps de lever les yeux pour regarder le ballet des hirondelles ? Le mois d'avril, à Lyon, m'aura permis de goûter ces deux plaisirs simples, en solitaire. Sur la place Bellecour, les derniers marronniers, en sursis pour quelques mois encore, dressent les inflorescences blanches au bout de leurs branches comme autant de bougies qui célèbrent, pour les plus âgés d'entre eux, près de 160 printemps. J'aime me promener le matin, lorsque la place n'est pas encore agitée par une foule bruyante, sous les frondaisons vert tendre des arbres séculaires entre les branches desquelles mon regard se perd comme si je contempais l'étendue infinie du ciel. Mon horizon n'est que vert, vie et bruissement, tendresse, mouvement et brise, multitude, solitude et senteurs. Les feuilles gardent encore la douceur de leur déploiement printanier. Je suis le qui marche les yeux levés. Et qui hume les flaveurs douces que m'apporte une brise. Entre deux arbres, dans la trouée bleutée d'un ciel vierge de nuage, des flèches sombres virevoltent, s'étourdissent, crient, se croisent, mêlent leurs sillages : les hirondelles m'accompagnent, les hirondelles me raccrochent à la vie. Je les guettent, je les suis, je me rêve aussi libres qu'elles. Quelques unes nichent sous le chéneau de l'immeuble d'en face. Une fenêtre ouverte, sans musique, un livre à la main, j'entends la vie qui jaillit de leur gosier, j'entraperçois leurs silhouettes pointues qui déchirent mon horizon et me rassurent.

Chez Badiane, la librairie de toutes les cuisines", présentée dans ce billet, deux livres sont venus compléter ma bibliothèque : Les nourritures canailles de Madeleine Ferrières (paru au Seuil) et Les nourritures divines (Essai sur les interdits alimentaires) d'Olivier Assouly (éditions Actes Sud). Et les sourires de Marianne VELLIEUX MOTUS : quelques mots échangés et j'ai de plus en plus le sentiment que Badiane n'est pas une librairie comme les autres. Marianne et Catherine construisent au fil des jours autre chose qu'un simple commerce de livres : elles tissent des liens qui font de leur boutique le rendez-vous de la curiosité, du plaisir gourmand et d'une humanité chaleureuse. Pousser la porte, c'est entrer en gourmandise... Essayez et vous ne résisterez pas !


A suivre 
lundi 9 avril 2007
By appointment to... moi-même, la liste de mes fournisseurs testés, approuvés et recommandés ;-)
Par Fabrice le lundi 9 avril 2007, 20 h 04
La vie de célibataire a quelques vertus notamment la liberté de manger ce que l'on veut... Quant aux vices, je laisse à ceux qui me connaissent le soin de leur donner un nom. Revenons à l'essentiel : la nourriture. Si j'ai évoqué précédemment le plaisir éprouvé à table, je dois néanmoins reconnaître qu'un repas solitaire n'est pas toujours des plus engageants. Un repas ! Que dire des centaines de repas, tous les jours, ou presque, seul devant la télé, compagne insupportable de la solitude ? Bon, comme je ne peux me passer de manger, je fais contre mauvaise fortune bon cœur et je prends appui sur ma passion de la cuisine pour tenter de varier les plaisirs : je dévore les revues et les livres de cuisine, je fais mon marché au moins une fois par semaine, je sélectionne mes fournisseurs, bref, je me fais plaisir.
Paul Bocuse, dans sa préface à son grand livre La cuisine du marché, paru en 1976 chez Flammarion, écrit : « J'ose donc affirmer que, si la préparation du plat le plus prestigieux n'aboutit pas du premier coup à une réussite totale, on n'essuiera pas non plus un échec complet dans la mesure où il y aura, à la base, d'excellents produits. (...) L'ennuyeux, c'est que les contemporains semblent perdre peu à peu le sens du déroulement des saisons, le sens du rite, du cérémonial qu'apporte avec ses particularités propres chaque saison. On veut manger des asperges à Noël, des fraises au Jour de l'An, du gibier à Pâques ! Faut-il rappeler que les bonnes tomates se mangent en août, les meilleures cerises en juin... »
Il poursuit en donnant sa définition de la Nouvelle Cuisine, ce concept porté au pinacle par Gault et Millau dans les années 70 du siècle dernier mais qui donna lieu à tant d'abus (souvenez-vous des portions minuscules perdues au fond d'une assiette immense). « La « Nouvelle Cuisine », au fond, c'est la vraie cuisine. Mais comment la définir plus précisément ? Avant tout — et je l'ai déjà dit — par le souci apporté à la qualité des produits. Dans ce domaine, il ne faut pas tricher mais rechercher toujours ce qu'il y a de mieux comme viande, comme légumes, etc. Qu'il s'agisse d'un petit restaurant routier ou d'une table exceptionnelle, qu'il s'agisse de choisir des merlans ou du saumon, il faut chercher les meilleurs merlans, les meilleurs saumons qui viennent de l'Adour ou de Bretagne et même d'Irlande. Cela vaut aussi pour la ménagère. L'un des principes de la nouvelle cuisine est également qu'il faut laisser aux choses leur propre goût : il s'agit de mettre en valeur la saveur originelle des mets. Dans l'ancienne cuisine, les raisons étaient plus tape-à-l'œil que culinaire. Dans la nouvelle cuisine, tout a une raison d'être »
Il aborde aussi l'amour... « Je n'ai pas oublié une autre maxime de Fernand Point : on ne cuisine bien, disait-il qu'avec amour, dans la mesure où il s'agit par-dessus tout d'instaurer autour d'une table l'amitié et la fraternité entre les hommes. Cela me paraît essentiel : la ménagère, de même que le grand cuisinier, doivent préparer uniquement les plats qu'ils aiment préparer. Quand une ménagère prépare un plat, quand elle fait un poulet rôti et surtout si c'est un Bresse, il faut vraiment qu'elle soit persuadée qu'elle fait quelque chose de bon et avec amour. Je pense que la cuisine est plus facile et bien meilleure quand elle est faite pour des gens que l'on aime ».
Je terminerai ma citation du plus grand cuisinier du siècle (selon ses pairs), en relevant un dernier conseil : « Autre point sur lequel j'aimerai insister : il faut toujours laisser une petite part à l'improvisation, quand on cuisine. Un grand chef d'orchestre disait qu'au moment de l'exécution en public d'une œuvre longtemps travaillée et répétée il accordait une place à l'imagination, à l'improvisation. De même, la ménagère devrait se persuader qu'il ne faut pas suivre une recette à la lettre et que l'on peut, à la dernière minute, pour des raisons de simple approvisionnement, remplacer un produit par un autre... Si notre ménagère a choisi de préparer un coq au vin, par exemple, mais qu'il lui manque les lardons et les petits oignons, qu'elle ne se fasse pas de souci. Si le poulet et le vin sont bons, si le tout est salé et poivré à point, elle peut remplacer les oignons par des échalotes et des poireaux. Elle ne doit surtout pas sentir esclave du livre, mais au contraire, prendre des initiatives et, pourquoi pas ?, des risques. Même si elle prétend ne pas avoir de don, le seul fait de tenter une recette, de faire un plat est le signe qu'elle en a envie. Il est ainsi permis de s'offrir une certaine marge de manœuvre, de fantaisie, à condition, bien sûr, de rester dans le ton et de suivre la mesure... »
Commençons par le marché du quai Saint Antoine, sur les bords de la Saône, dans le deuxième arrondissement : marché forain le lundi, marché de primeurs du mardi au dimanche. Entre le pont du Maréchal Juin et le pont Bonaparte, plus d'une centaine d'étals, de qualité inégale, se partagent en deux catégories : les producteurs et les revendeurs. Parmi les revendeurs, j'avoue que peu trouvent grâce : souvent, ils proposent des lots de produits de mauvaise qualité, peu avenants, tachés ou trop mûrs mais à très bas prix. Chez les producteurs, reconnaissables à leurs fruits et légumes non calibrés (les ardoises portent très souvent la mention « Catégorie II »), j'ai sélectionné ceux qui présentent de beaux produits à des prix raisonnables.
En suivant le sens du fleuve, du nord au sud, les voilà :
.Volailles crues et œufs : Maison GIRERD-BUSSAC, depuis 1923 (face à la Commanderie des Antonins, juste avant le bureau de Poste, à gauche) - de très belles volailles, de bonne qualité, poulets de Bresse à 9 €, canards, beaux lapins, coqs formidables sur commande, gibiers à plume (perdrix, faisans, grouse) en saison, pigeons etcailels - petits plus : des abats indispensables pour les fonds et bouillons de volaille, revendeur - A ESSAYER !
.Volailles, produits laitiers et légumes : Les produits de la ferme (quelques mètres après le précédent, à droite) - du lait cru si bon et si dangereux pour la Faculté, fromage frais au lait de vache, viande de porc, volailles, œufs, quelques légumes en saison - producteur
.Charcuteries italienne, portugaises et espagnoles : Christophe IGNACE (presque en face du précédent, à l'aplomb du bureau de poste, à gauche) - toutes les spécialités à base de porc venues d'Italie, d'Espagne et du Portugal, du saucisson français, parmegiano reggiano (26 € le kilo) mais aussi grana padano, pecorino, provolone, olives et préparations diverses à base d'olives et de tomates - revendeur
.Miel : M. RAMBAUD, apiculteur à BETTAND dans l'Ain (quelques mètres après le précédent, à gauche), a eu les honneurs d'un article dans le Progrès Dimanche qui m'a apprit qu'il avait 76 ans et qu'il était passionné par l'ULM - miel d'acacias, miel de sapin, bonbons, bougies, rayons de miel, noix - producteur
.Pain : BOULANGERIE DU PONT (juste après la passerelle du Palais de Justice, à droite) - pain Borsa, pain de campagne, complet, 5 céréales, épautre, aux olives, brioche - producteur
.Volailles et œufs : DANIELLE MONTERRAT (en général en face de la Boulangerie du Pont, à gauche), productrice à BENYdans l'Ain - volailles de fermes (poulet et pintade) un peu chères, oeufs, volailles cuisinées, terrines, sirops divers dont le sirop au sureau et confitures variées
.Poulets rôtis : RÔTISSERIE FRANCK (après la Boulangerie du Pont, à droite), rôtisseur de volailles entières, vente de cuisses de poulet, à moins avis le meilleur rôtisseur du marché, privilégier le poulet de grain à 11,50 € la pièce - revendeur
.Fruits et légumes : SAIGNANT (quelques mètres après le précédent, à droite), producteur maraîcher et fruitier à CHASSELAY, pays de la poire - superbes pommes et poires (notamment la Triomphe de Vienne en début de saison et la Williams) à 1,50 € le kilo, pêches et abricots remarquables, fraises, salades, épinards, potiron, autres légumes - A ESSAYER !
.Fruits et légumes : GAEC DES DEUX CHEMINS (quelques mètres après le précédent, sur la gauche), producteur à LIMAS - très beaux légumes dont des tomates cornues des Andes, tomates-steak, cœur-de- bœuf extraordinairement charnues et goûteuses, belles salades, herbes aromatiques - A ESSAYER !
.Fruits et légumes : JASSERAND (quelques mètres après le précédent, sur la gauche), producteur à THURINS, capitale de la framboise - fruits et légumes sans calibre mais sans produits chimiques, très beaux œufs (mon fournisseur attitré) à 1,20 € les six, jus de fruits dont un très bon mélan,ge pomme-cerise - A ESSAYER !
.Fruits et légumes : pas de nom (sur la droite, après le précédent) mais facilement repérable avec son bel étalage de salades - dont de la roquette - et d'herbes aromatiques - producteur ou revendeur ?
.Fruits : BERNARD GONON (quelques mètres après le précédent, sur la gauche), producteur à SAINT-DIDIER-SOUS-RIVERIE - très belles pommes, des poires, pêches en saison
.Fromages : LE SERTON (souvent sur la gauche, à l'aplomb du théâtre des Célestins), producteur fromager dans la Loire avec son chapeau, sa barbe et son léger accent traînant de la Loire - très beaux fromages de chèvre et de vache, un peu chers
.Huîtres : PHILIPPE DUPUIS (toujours en remontant vers le pont Bonaparte,sur la gauche), producteur ostréicole à PORT-DES-BARQUES en Charente-Maritime - belles huîtres de 3,25 € les N°6 (petites) à 9,55 € les N°2 spéciales - n'est là qu'en hiver et au début du printemps
.Pain : AU FOUR ET AU MOULIN (à gauche, plus haut) : pains du MOULIN DE L'ARCHE, producteur de pains bio
.Epices et olives : CAP EPICES (à droite, plus haut) : marchand d'épices et producteur de diverses préparation, le magasin est rue de Cuire à Caluire - plusieurs mélanges d'épices dont le pizza, napoli, calanques, touareg, dix poivres, pain d'épices, marocain, tunisien, loukoums, tarama, tapenades, olives...
J'ai oublié deux producteurs : l'un de viandes de porc de Gascogne et d'agneau, l'autre de fromages de chèvre et de viande de chèvre. Je vérifie les deux étalages et je vous en dis plus samedi prochain...
A venir : les bonnes adresses de la Presqu'Île et des Halles de Lyon-Paul Bocuse... Si vous en connaissez, n'hésitez pas à me les communiquer !
mardi 3 avril 2007
Badiane, une nouvelle étoile dans le firmament des gourmands lyonnais
Par Fabrice le mardi 3 avril 2007, 22 h 37
Si je n'avais pas choisi la voie de l'immobilier et du droit pour accomplir mon destin professionnel, j'aurais aimé être libraire. J'ai une passion pour les livres, non seulement pour leur contenu mais aussi en tant qu'objet que je peux tenir, sentir, caresser, faire vivre du bout des doigts. L'un de mes rêves est de me laisser enfermer dans ma librairie lyonnaise préférée, Decitre, que je fréquente maintenant depuis plus de vingt-cinq ans. Passer une nuit entière parmi des milliers de livres, pouvoir les prendre les uns après les autres, m'asseoir par terre pour les feuilleter et admirer les photos...
Je me suis souvent fait la réflexion que l'idée d'associer librairie et gastronomie ou gourmandise pourrait être exploitée avec profit. J'avais eu vent de librairie proposant un coin restauration (comme à la Fnac ou chez BD Fugue) et je regrettais que Lyon ne possédât pas une librairie culinaire. Patatras, en promenant le chien, un jour de février, à 50 mètres à peine de chez moi, au 1, place Bellecour, dans le deuxième arrondissement de Lyon, je suis tombé sur Badiane, la librairie de toutes les cuisines, qui a ouvert en février 2007. Ainsi, mon idée a pris corps derrière une vitrine aux couleurs chaudes et épicées. Mais je n'ai franchi la porte de ce temple que samedi dernier, intrigué par le contenu...
Le dossier de presse présente le projet comme suit :
« Badiane c’est 3 000 titres (pour commencer…) :
• Nutrition-Santé
• Recettes de cuisine
• Ouvrages de chefs
• Histoire de l’alimentation
• Arts de la table
• Œnologie
• Accord mets et vins
• Littérature gourmande
Plus qu’une librairie, Badiane c’est aussi :
• Des articles et objets liés à l’univers du goût,
• une galerie d’Art (exposition d’œuvres photographiques essentiellement),
• une cuisine dédiée aux démonstrations culinaires.
Badiane, c’est un état d’esprit, un lieu qui se veut :
• ouvert à tous, professionnels et grand public,
• un carrefour de toutes les formes de cuisine
• international dans son offre et son ciblage.
Aux commandes de ce vaisseau de la gourmandise, Marianne Vellieux, professionnelle de la documentation et du livre et Catherine Guérin qui travaille dans la communication et l'organisation d’événements dans l’univers de la gastronomie : elles ont eu la même idée au même moment et se sont associées pour monter le projet. Le lecture du dossier de presse permet d'en comprendre la genèse et les buts poursuivis.
J'avoue que j'ai franchi la porte avec quelques préjugés dûs à ma fréquentation assidue du rayon culinaire de Decitre ou de la Fnac de Lyon depuis de nombreuses années : en effet, j'ai constaté d'une part la multiplication des publications dont beaucoup finissent par toutes se ressembler et d'autre part la pauvreté des l'approvisionnement en livres tournant autour de la gastronomie sans être des livres de recettes.
Dans la boutique, je suis le seul homme. Je circule entre les rayons, je connais beaucoup de livres soit pour les posséder (au moins quelques uns) soit pour les avoir feuilletés. Au fond de la librairie, dans des vitrines, de la vaisselle pour réaliser les recettes à la mode (verrines et cuillères à bouchée unique), un étal de produits Valrhona (Ô joie inéffable du gourmand qui comprend tout de suite qu'il n'aura plus à descendre au magasin d'usine de Tain l'Hermitage pour s'approvisionner en chocolat de qualité pour la cuisine) puis une petite galerie et enfin une grande salle avec un fourneau pour les cours de cuisine. Je croise Marianne et Catherine qui me proposent, chacune à leur tour, leur aide dans ma quête du livre gastronomique. Las, elles ne me connaissent pas : je ne me laisse pas influencer facilement.
Mais Marianne entreprend de me sonder sur mes goûts et je finis par lâcher que j'aime bien cuisiner en précisant ma préférence pour les plats traditionnels lorsqu'elle me demande quelle cuisine je pratique. Puis la conversation s'engage et je la félicite pour le rayon Valrhona : elle m'apprend qu'il n'a été ouvert que la semaine précédente et que le chocolatier n'a que deux ou trois points de vente à Lyon (en passant : la tablette de 1 kg de chocolat noir de couverture à 61 % est à 21 €). Elle me donne une feuille de présentation des cours de cuisine et me propose de goûter les billes de Xocopili de Valrhona, du chocolat aux épices : une bille couleur cacao, d'aspect brut, légèrement irrégulière, avec en attaque un fort goût de cacao (72 %) puis, en notes de fonds, des épices (dont le piment, le piment d'Espelette, le cari, entre autres) et une pointe de sel. Une bille, deux billes, trois billes et j'ai les papilles gustatives agitées, agacées, troublées, excitées par la chaleur des épices et l'ample profondeur du cacao. Un petit orgasme gustatif (dédicacé à posteriori à Olivier).
Badiane propose des chèques-cadeaux de 10 et 20 €, des cours de cuisine à 15 € le cours et un site internet alléchant, enthousiasmant avec une boutique en ligne.

Je n'ai pu m'empêcher d'acheter un livre (Le dictionnaire amoureux de la cuisine d'Alain Ducasse) payé à son prix plein : il faudrait songer à mettre en place la réduction de 5 % proposée habituellement chez Decitre ! Finalement, j'ai passé un bon moment, agréablement surpris par la diversité des rayons, la qualité des ouvrages. J'ai promis de revenir pour les livres traitant de cuisine sans être des traités de cuisine (rasssurez-vous, je vous expliquerai celà dans un prochain billet). J'ai aussi conseillé à Marianne, qui m'a dit aimer énormement le dicitionnaire Larousse de la pâtisserie établi par Pierre Hermé, d'essayer le gâteau de Suzy, que je tiens pour le meilleur gâteau au chocolat.
Assurément, une adresse à découvrir, explorer et faire connaître, que je fréquenterai régulièrement !
mardi 27 mars 2007
Quelques propos gastronomiques... enfin, si l'on veut
Par Fabrice le mardi 27 mars 2007, 00 h 09
Un vendredi soir, la promenade de mon chien m'emmena vers les Terreaux en compagnie d'une amie et de son chien. Huit heures allaient sonner quand je lui proposai de rebrousser chemin en bifurquant par la rue Neuve pour regagner les Jacobins. À main gauche, la Brasserie Le Nord, du groupe Bocuse, vieil établissement installé depuis le début du siècle dernier et repris il y a une vingtaine d'années. Presque en face, La Meunière, un bouchon, comme il faut, avec ses murs couverts de papier peint défraîchi, ses vieilles affiches et ses photos, mais surtout, en vitrine, l'alignement, sur deux rangs, des saladiers lyonnais : caviar de la Croix-Rousse (lentilles), salade de pieds de veau, de cervelas, de museau, salade de harengs, de pommes de terre, de crudités, etc. Deux marches et au milieu de la salle, une grande table de bois offre à l'appétit du chaland affamé des cochonailles lyonnaises (terrines, saucissons secs, jésus, rosette, etc) aussi diverses qu'apétissantes et un plateau de fromages de valeurs sûres au milieu duquel trône, entre Saint-Nectaire et fourme d'Ambert, un salers admirable de maturité. Juste à côté, tarte aux pommes, tarte à la praline et crème renversée agacent la gourmandise du convice d'un clin d'oeil sucré. Voilà un vrai bouchon, l'un des rares qui existe encore à Lyon !
Le bouchon lyonnais a pour ancêtre le marchand de vin qui, au XIXe siècle, débitait les pots de vins soit comme porte-pot (le vin était emporté par le client) soit comme débit de boisson à consommer sur place. Peu à peu, à la demande des soyeux lyonnais qui voulaient pouvoir déjeuner rapidement, les marchands de vin ont commencé à proposer une cuisine simple et roborative. Le patron y côtoyait alors l'ouvrier (le canut) sans aucun préjugé de caste car l'amour de la bonne chère réunissait ces deux sujets antagonistes. L'un des exemples les plus fameux de ces bouchons fut la Mère Fillioud qui transforma le coin où elle servait à ses clients préférés quelques plats chauds dans le magasin de son mari en un restaurant mondialement connu qui vit défiler les plus grands de ce monde pour déguster sa volaille demi-deuil, plat emblématique d'un menu invariable qu'elle ne changea pas pendant toute sa vie. Elle forma la Mère Brazier, premier chef à posséder deux fois trois étoiles au guide Michelin qui embaucha, un jour, un jeune homme qui avait grimpé en vélo jusqu'au col de la Luère, Paul Bocuse. Aujourd'hui, peu de vrais bouchons existent encore et bien souvent le touriste se laisse attraper par une appellation fallacieuse qui lui laisse un arrière goût amer quand il ressort délesté d'une somme astronomique sans savoir rien mangé que deux ou trois vagues spécialités qui n'ont de lyonnaises que leurs épithètes usurpés. Fuyez ainsi le Vieux Lyon et la rue Mercière, la rue des Marronniers ou le quartier des Terreaux (quelques exceptions près que je vous révèlerais bientôt) ! Je reviendrai, dans de prochains billets, sur la cuisine lyonnaise.
Ce soir là, elle prit un belle assiette de terrine dans laquelle deux énormes tranches de pâté de campagne laissaient présager une dégustation goûteuse et réussie. Un bol de cornichons réveilla d'une note vinaigrée les papilles envahies par la réussite charcutière. Je cédai à deux oeufs pochés en meurette dont la sauce me rappela, avec émotion, les escargots et sabodet sauce Beaujolais pris lors de ma précédente visite. Faisant fi de la légerté réclamée par les culs pincés en cette fin de journée et décidés à négliger les rabats-joie mange petit, nous choisîmes un tablier de sapeur qui nous fut présenté avec un gratin de macaronis : imaginez un morceau de panse de boeuf ou gras-double (qui n'a de gras que le nom) pané après avoir mariné dans du vin et délicatement doré dans le beurre. Aucune graisse excessive, simplement le goût d'un morceau de choix de la triperie. Et le saladier de sauce gribiche ? J'allais oublier cette petite merveille que posa à notre table avec une générosité extrordinaire Jean-Louis Gelin, le propriétaire à la moustache joyeuse. Elle poursuivit par un fromage blanc tandis que je jetai un sort (un bon sort de gourmand) à la jatte de cervelle de canuts aidé par des tranches de pain à la croûte sombre et craquante. Une petite merveille d'équilibre entre ciboulette et échalotte ! Si j'ai oublié le dessert de ma compagne de dîner, je me souviens avec un plaisir alléché de ma poire au vin accompagné de pruneaux. Sa chair fondante tint ses promesses en cédant tendrement sous les assauts de ma cuillère. Nous bûmes un pot de Brouilly (produit par Daniel Gelin, le frère du propriétaire) dont les parfums de fruits rouges enchantèrent, si besoin était, tous les services sans faute d'accord.
Je vous laisse le soin de découvrir les menus proposés sur le site de La Meunière avant de vous précipiter dans ce restaurant où vous serez accueillis avec gentillesse et sourire par Françoise et Jean-louis Gelin et Christian, fidèle serveur de la maison. Lyon vous attend avec son coeur (et ses tripes) à la Meunière ! Si vous passez par chez nous, je vous accompagnerai volontiers dans vos agapes lyonnaises... 
samedi 24 février 2007
Les bugnes lyonnaises II - Pour Sin...
Par Fabrice le samedi 24 février 2007, 10 h 11
Ne reculant devant rien pour répondre à la gourmandise que manifeste Sin pour les bugnes, hier soir, en sortant du bureau, j'ai vérifié le prix des bugnes dans les boulangeries et pâtisseries installées entre la place des Terreaux et la place Bellecour. Voilà le tarif :
Pâtisserie PIGNOL (MOF), 17 rue Emile Zola 69002 LYON : 32 € le kg pour les moelleuses et 39 € le kg pour les fines et craquantes - les meilleures de Lyon à mon avis !Boulangerie RONJON 24 rue du Plat 69002 LYON : 30 € le kg pour les moelleuses ou les craquantes - les moelleuses ou briochées sont excellentes
Charcuterie-Traiteur CHORLIET-BELLET 12 rue du Plat 69002 LYON : 40 € le kg pour les fines et craquantes - un petit défaut : elles sentent parfois un peu trop l'huile...
Boulangerie POZZOLI (MOF) 18 rue Ferrandière 69002 LYON : 38 € le kg pour les moelleuses ou les craquantes
Pâtisserie LE CASATI 31 rue Ferrandière 69002 LYON : 50 € le kg pour les mi-moelleuses mi-fines - Un prix élevé et injustifié pour une pâtisserie qui, finalement, ne vaut que pour son décor en stuc meringué, les gâteaux étant chers et sans intérêt...
Boulangerie RIGOLLET 38 rue Ferrandière 69002 LYON : 42 € le kg pour les moelleuses ou les craquantes - Un prix sans aucun doute entraîné vers les cîmes poudrées de sucre glace par la concurrence du trottoir d'en face.
Charcuterie-Traiteur BONNARD 36 rue Grenette 69002 : 31 € le kg pour les moelleuses
Pâtisserie DEBEAUX 15 rue de la République 69002 LYON : 36,50 € le kg pour les moelleuses et les fines et craquantes
Traiteur CELLERIER LA MINAUDIERE 5 rue de Brest 69002 LYON : 36,50 € le kg pour les craquantes (et trop cuites)
Boulangerie D'ALBON 11 rue Chavanne 69001 LYON : 30 € le kg pour les craquantes
Boulangerie BARON 9 rue Lanterne 69001 LYON : 45 € le kg pour les craquantes
Boulangerie RODRIGUEZ 5 rue Dubois 69002 LYON : 38 € le kg pour les craquantes
Boulangerie DE LA PASSERELLE 3 rue de l'Ancienne Préfecture 69002 LYON : 32 € le kg pour les craquantes
Au delà de 40 €, c'est de l'arnaque. A 50 € et plus, du vol caractérisé (je vous rappelle qu'il n'y a que des œufs, du beurre, de la farine et un peu de sucre).
Je n'ai pas trouvé de bugnes chez PERROUDON, pâtissier de la rue de la Barre. Rien non plus chez la charcuterie REYNON, rue des Archers. Si j'ai du courage, je complèterai la liste par les boulangers entre la place Carnot et la place Bellecour.
Un conseil : mangez-les très vite. Dès les lendemain, elles commencent à rassir (même dans une boîte hermétique).
Sin, je te conseille de te ruer chez PIGNOL pour déguster ses excellentissimes bugnes en te hâtant car la saison va prendre fin

Si les lyonnais connaissent d'autres bonnes adresses, n'hésitez pas à les laisser !
vendredi 29 décembre 2006
La nourriture et moi...
Par Fabrice le vendredi 29 décembre 2006, 11 h 00
J'apprécie de recevoir quelques ami(e)s autour d'une table pour passer l'un des ces moments agréables qui parviennent à justifier la solitude des autres jours. J'ai toujours conçu le repas comme une fête voire, à ma modeste mesure, comme un spectacle nécessitant une mise en scène. Par cette image, qui peut paraître prétentieuse, j'entends qu'une table soit belle, bien dressé, garnie de fleurs et de bougies. Elle doit refléter le plaisir que je m'attache à offrir à mes invité(e)s. Il ne s'agit pas, pour moi, d'un effort particulier mais d'une réelle volonté de transcender l'acte animal et vital du nourrissage en une balade apétante, joyeuse et riante. La gêne éventuelle que ressent quelqu'un qui, comme l'Harpagon de Molière considère qu'il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger, m'attriste parce que je considère que tout repas, si modeste soit-il, est une fête de l'âme et du goût. Je pense que ma solitude m'a poussé à trouver dans la dégustation d'une bouchée la sensation d'exister que je n'ai point par ailleurs. Mon cas relève de la psychanalyse, j'en suis certain mais il est financièrement plus intéressant de mordre dans un éclair au chocolat ou de faire fondre un morceau de Saint-Marcellin sous le palais que de s'allonger sur un divan et de raconter (ou d'imaginer, pour ma part) les traumatismes de mon enfance.
Le mois de décembre 2006 aura été particulièrement faste : j'entamai les festivités dès le premier jour, par un déjeuner avec des mais huissiers chez Léon de Lyon, deux étoiles au guide Michelin, table tenue de main de maître par l'épatant Jean-Paul Lacombe. Si je n'ai pu goûter à l'un des deux grands menus, j'ai, en revanche, savouré le menu affaires proposé tous les midis pour 56 €. Tous les avantages d'une grande table pour un pris modique. D'ailleurs, la plupart des tables voisines avait fait le même choix. J'ai le souvenir de truffes au chocolat particulièrement fondantes, que la retenue de mes voisins de table, m'a poussé à terminer pour ne pas les laisser s'ennuyer trop longtemps au fond de leur cassolette en argent. Il y aurait eu crime, sinon... Le 19 décembre, j'enchaînai sur une invitation par un assureur chez Cazenove, le second restaurant de Pierre Orsi, chef honoré d'une étoile. Là encore, un grand moment, notamment avec le Gewurztraminer vendanges tardives choisi par mon hôte pour l'apéritif... Le 21 décembre me permit de célébrer Noël avant l'heure dans le restaurant Les Trois Dômes, qui surplombe le Sofitel et dans lequel le chef Gilles Desvilles propose une cuisine précise, au diapason des produits et d'une grande tenue, conforme à l'étoile attribuée par Michelin. Je remercie encore le peintre qui m'a invité à participer à ce spectacle... Enfin, le 27 décembre, je clôturai ce mois d'agapes par un passage chez Léa, à la Voûte, en compagnie d'une cliente suédoise à qui je pris plaisir à faire découvrir la cuisine lyonnaise.
Chacun des repas dégustés a été un moment de plaisir intense et j'ai savouré toutes les bouches et toutes les gorgées. J'ose dire qu'ils m'ont procuré un orgasme gustatif. Je sidère mes proches en révélant que je fréquente MacDo et Quick, que j'avale parfois un sandwich kébab (notamment à Paris, dans le quartier juif, qui propose des falafels si dépaysants) ou qu'il m'arrive de rechercher la quantité à la qualité dans une pâtisserie, par exemple ici (bien que dans ce cas les deux soient conjuguées) tandis qu'à d'autres moments, je peux traverser Paris pour pousser la porte de Pierre Hermé, à Saint-Germain-des-Prés, ou arpenter les allées bruyantes des expositions des Trois Glorieuses de Bresse pour admirer les chapons et les poulardes serrées dans leur toile de lin écru, ou chercher à Lyon la meilleure boulangerie et savourer le pain de M. Pozzoli, meilleur ouvrier de France. De manière générale, j'ai l'habitude de sélectionner mes fournisseurs, préférant, parce que mon célibat le permet, payer le juste prix d'un produit sur le marché plutôt que de subir la mauvaise qualité, souvent, d'un bas prix proposé dans un supermarché aseptisé. C'est ainsi que le plaisir de recevoir commence assis parmi les nombreux livres et revues de cuisine pour trouver le menu, se poursuit par la recherche du bon produit, puis par la préparation des plats et le dressage de la table. Finalement, je parviens même, par pure gourmandise, à trouver dans la vaisselle et le rangement qui suit ces fêtes et malgré l'heure souvent tardive, en pleine nuit, la dernière petite parcelle de bonheur, dans une ultime cuillère de crème, dans un dernier morceau de gâteau. Je pousse la fascination jusqu'à apprécier le dénuement du yaourt nature qui constitue, souvent, l'essentiel du repas suivant, parce qu'il est l'aboutissement ultime d'un cheminement gustatif et sensoriel minutieusement et passionnément construit au fil de l'assiette.
J'avoue que je ne réussis pas tous mes plats, même si les bonnes manières de mes invités tentent de me persuader du contraire. Cependant, je sais qu'ils ont été préparés avec suffisament de passion pour qu'ils se tranforment en hommage muet à l'amitié, puisque je ne suis pas toujours capable de dire ce que je ressens. La table est aussi une occasion inégalée de vraiment connaître les personnes, à leur façon de se tenir, leur goûts, leur plaisir.
Prochain banquet : le jour de l'An, pour ma famille, avec des coquilles Saint-Jacques au cidre et un coq au vin (réclamé par mon père). Le dessert n'est pas encore choisi. Je proposerai, entre autres, un Hermitage avec le plat principal.
Deux nouvelles recettes à mettre en ligne...
vendredi 23 juin 2006
Elles sont arrivées !
Par Fabrice le vendredi 23 juin 2006, 23 h 41
Demain, je devrais trouver les vraies tomates, les tomates de plein champ de la région lyonnaise, sur le banc de l'un de mes maraîchers préférés ! Je vais enfin plonger dans l'été...
samedi 20 mai 2006
Clin d'oeil à un ancien premier ministre anglais...
Par Fabrice le samedi 20 mai 2006, 19 h 47
En d'autres lieux, j'ai l'occasion de commenter des commentaires d'un internaute que je ne connais que sous son identité d'emprunt. Au-delà des connivences créées par la fréquantation des mêmes blogues, cet aimable fantôme, en affichant, à plusieurs reprises son goût du thé, me donne l'idée d'un billet perdu dans une mer de silence.
J'aime le thé, sans aucun artifice lacté ou sucré mais sans, non plus, lui avoir assigné une place particulière et régulière dans ma vie. Je ne bois pas du thé tous les matins (je ne sais si cela est du à la difficulté d'avaler un déjeuner chaud ou à une flemme matinale), ni tous les après-midi. Non, j'aime le thé lorsque l'envie me prend, quelque soit le moment, même tard le soir. J'apprécie de faire frissonner l'eau filtrée, d'ébouillanter ma théière avant de la remplir d'eau et de jeter les feuilles froissées. Attendre l'infusion est alors un temps d'une indicible quiétude, je prépare ma tasse (un bol à thé en porcelaine blanche, sans anse, mais avec un petit couvercle de même) puis je verse lentement le thé chaud. Je hume son parfum et je commence à boire de toutes petites gorgées. Le breuvage me transporte au fin fonds des champs de la Chine ou du Japon, dans les contreforts de l'Himalaya, où les silhouettes courbées caressent camelia sinensis et ses feuilles vernissées.

Lyon a la chance (et le privilège), de compter un magasin d'une richesse extraordinaire : un comptoir où Nadia Bécaud propose aux amateurs plus de trois cents variétés de thé. C'est Cha Yuan ou le Jardin des Thés. Il faut visiter cette boutique pour comprendre l'émerveillement qui me saisit lorsque je franchis le seuil du magasin.
Un comptoir de bois sombre, les vendeurs en tunique noirs m'accueillent avec un sourire avenant, et, derrière eux, des boîtes orange alignées offrent leurs flancs ventrus aux trésors de l'arbre à thé. Le temps s'arrête.
Tous les goûts sont proposés, des thés natures - verts, Wu Long, noirs, blancs, jaunes, Pu'er, Fleuris - des thés noirs parfumés... Tous les prix aussi, mais il faut se souvenir que quelques grammes de feuilles, seulement, permettent de déguster un thé merveilleux.
Essayez le thé vert Chine Perle de Jade : "Fujian - appelé par les chinois :« perles de dragon» - Récolte de printemps dont les bourgeons ont été façonnés en forme de perles. Ces perles parfumées explosent en un vert bouquet aux effluves délicates de jasmin"
Ou le thé jaune Chine Jun Shan Yin Zhen : "« Aiguilles d’Argent de la Montagne du Seigneur » (Hunan). Récolte d’une extrême rareté, composé d’une grande quantité de bourgeons duveteux. Parfum clair infusion jaune pâle, douce et très légèrement sucrée"
Ou encore le thé blanc Chine Bai Hao Yin Zhen : "«Aiguilles d’Argent». Le plus prestigieux du monde, exclusivement composé de bourgeons. Infusion pâle et subtile goût frais et onctueux"
Voire le thé Wulong Bai Ji Guan de Chine : "« Crête blanche de coq » L’un des thés les plus prestigieux de la montagne Wuyi. Rarissime."

Les découvertes sont infinies...
Si vous aimez le thé, il faut vous laisser aller au plaisir du voyage en visitant le site de Cha Yuan ou en poussant la porte du magasin.
Church, une nouvelle tasse ? 

Nota : sur la page d'accueil, une petite fenêtre s'ouvre pour diffuser The Moon reflected in Er-Quan... Qu'ajouter de plus ?
Toutes les photos illiustrant ce billet proviennent du site Cha Yuan, maison de thé à Lyon, avec son aimable autorisation. Je l'en remercie vivement !
samedi 25 février 2006
Défense et illustration de la volaille française
Par Fabrice le samedi 25 février 2006, 22 h 15
La grippe aviaire est enfin arrivée en France. Enfin ? Oui, parce qu'elle était tellement attendue (espérée ?) par les journalistes qu'épargner notre pays aurait été un drame national. Là, les médias sont heureux et nous abreuvent de photos de canards et de cygnes morts, dérivant à la surface des étangs de la Dombes le ventre à l'air ou de volailles confinées (entassées). Les habitants du coin ne sont pas inquiets alors les journalistes font monter la sauce en faisant état de la baisse de la consommation invraisemblable et rapproche la crise de la grippe aviaire de celle de la vache folle.
Déjà, des producteurs de poulets annoncent des conséquences négatives sur l'emploi dans l'industrie avicole... La psychose est largement infondée mais malheureusement inévitable parce qu'elle touche l'une des bases de la société, la nourriture. Elle renvoie aux peurs les plus anciennes de la pénurie et de l'empoisonnement, elle frappe l'inconscient parce qu'elle transforme un aliment anodin en un poison diabolique.
L'influenza aviaire ne rend pas la volaille impropre à la consommation, notamment parce que le virus ne supporte pas une chaleur supérieure à 60°C. Or, je ne connais pas une recette de volaille accommodée à cru. Les oeufs ne peuvent pas être contaminé, la ponte étant la première chose qu'une poule pondeuse arrête en cas de maladie, selon une fermière. Il n'y a donc aucun risque à consommer du poulet ou du canard, des oeufs, du foie gras, etc.
Chacun d'entre nous se doit de continuer à consommer des volailles et des oeufs, au moins pour sauvegarder l'industrie aviaire française et surtout, parce qu'un poulet rôti peut être le plus merveilleux des plats (lorsqu'il est accompagné d'une belle purée, celle de Joël Robuchon, par exemple).
De la volaille une fois par semaine, au moins, sur toutes les tables de France et nous sauvegarderons nos emplois !
Pour contribuer à cet effort, je vais vous livrer mes recettes de volailles préférées, au fil du temps.
Première recette à venir : le poulet de Bresse à la crème, gloire de la gastronomie bressane et lyonnaise !
vendredi 25 novembre 2005
Pierre Hermé
Par Fabrice le vendredi 25 novembre 2005, 18 h 53
Douce folie qui me saisit aujourd'hui... Je viens de craquer (croquer ?) pour les deux derniers livres de Pierre Hermé : Le Larousse du chocolat et PH10. Le plus grand pâtissier du monde (osons l'emphase, il le mérite) dédicaçait ses livres chez DECITRE, mon libraire préféré à Lyon. Derrière la table de bois blond, avec son visage rond et souriant, il est assis, envelopé dans sa vaste chemise noire, son stylo-pinceau à l'encre chocolat levé, prêt à fondre sur la page de titre. Je donne mon prénom et la pointe glisse sur le papier glacé, les lettres s'alignent sous l'œil attentif de BERNACHON, son éminent confrère lyonnais et d'autres pâtissiers en vogue... Sur une petite désserte, des quatre-quart au chocolat, des macarons, préparés par les patissiers lyonnais. Je grignote (dévore ?). Je lui avoue le plaisir capiteux ressenti lors de la dégustation, dans le square de l'église Saint-Sulpice, à Saint-Germain-des- Prés, de son gâteau baptisé surpriseun matin, à Paris. Il m'apprend que le square est le salon de thé de sa boutique et sourit encore une fois. J'admire ce qu'il fait, comme je l'ai dit dans un précédent billet. Je profite de mon passage pour commencer les cadeaux de Noël et fait dédicacer un second exemplaire pour l'amie de mon frère. De retour chez moi, je retourne à la librairie pour le second livre, H10... 130 € de beauté sucrée et une nouvelle dédicace.
Pour Fabrice, ce Larousse du chocolat, qui espérons le ne régalerat pas seulement vos yeux...(même la faute est de Pierre Hermé).
La gourmandise est une source inépuisable de bonheur ; soyez heureux cher Fabrice...
Deux phrases qui n'ont essentiellement d'importance que pour celui qui les reçoit : je sais qu'il ne s'agit que d'une soirée de dédicace mais je vois dans la seconde comme l'annonce (l'espoir) d'un autre monde. Il ne tient plus qu'à moi de changer les choses.
mardi 15 novembre 2005
ITS beaujolais nouveau TIME !
Par Fabrice le mardi 15 novembre 2005, 22 h 14
Cette année, le comité du Beaujolais a décidé de verser dans l'anglais, en plus de verser du beaujolais nouveau dans nos verres... Et voilà la campagne de publicité qui vante les qualités du beaujolais nouveau, universellement reconnu comme un vin de fête (ou une indicible piquette pour quelques esprits chagrins).
Cédant aussi à la mode des blogues, le blog (sic) du beaujolais nouveau dégouline de rose et de pourpre pour fêter l'arrivée du nouveau millésime.A noter la présence de recettes, qui réjouiront, sans aucun doute, mes visiteurs à la recherche de plats à déguster avec un verre de beaujolais nouveau.
En attendant l'heure magique, écoutons l'haruspice de la treille ( le Président Bosse-Platière du Comité interbeaujolais) qui annonce un millésime de l'équilibre et précise que "si en 2004, il était difficile de faire du bon vin, en 2005, tous les facteurs se sont associés pour donner un millésime d'exception". Le vin 2005 est coloré et ses arômes rappellent les fruits noirs (cassis, mûre, airelle) et rouges (fraboise, cerise). La revue "LE TOUT LYON" précise que la consommation du beaujolais nouveau (qui s'effectue pour moitié à l'exportation) devrait être dopé;e par le mariage de la princesse Sayako, dernière fille de l'Empereur du Japon...
Dès demain soir, à l'occasion de la traditionnelle soirée organisée par le journal "LE PROGRES", je goûterai le millésime 2005, en avant-première mondiale, dès 19 heures. Le reste du monde attendra 00 heure le jeudi 17 novembre pour s'associer à la fête !

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jeudi 13 octobre 2005
Miscellanées vineuses
Par Fabrice le jeudi 13 octobre 2005, 23 h 41
L'un(e) de mes lecteur(trice)s a atterri sur le blogue en cherchant une « idée repas avec le beaujolais nouveau ». Vaste programme !
Mais qui est finalement intéressant à quelques semaines de l'arrivée du beaujolais nouveau, le troisième jeudi de novembre. Polémiques, railleries, dégoûts, le beaujolais nouveau est vilipendé par les critiques. Pourtant, il peut être un vin joyeux, tendre, aromatique, un bon compagnon de table assez souple pour accompagner beaucoup de mets. Le cépage gamay lui donne ses parfums de fruits rouges, de rose ou de violette avec, parfois, une légère touche d'épice. La jeunesse du vin tend à privilégier les goûts de framboise, de cerise, de cassis, et finalement, cette dominante se retrouve bien dans la robe rouge vif que je dirais presque pétillante. Le beaujolais nouveau est meilleur chaque année, grâce aux efforts des vignerons qui ont compris que faire pisser la vigne desservait leurs vins.
Oublions la célèbre odeur de banane, qui domina accidentellement une vendange dans les années 80.
Le beaujolais nouveau est issu de la macération carbonique du cépage gamay à jus blanc et petit grain. C'est un vin monocépage, chose assez rare en France. La vinification beaujolaise est décrite par l'INAO comme une « vinification en rouge de raisins entiers macérant en cuve de trois à sept jours. » Les grappes de raisins doivent êtres déposées entières dans la cuve : la vendange mécanique est exclue. Pour garantir que les grains restent attachés à la grappe, l'encuvage (action de verser le raisin dans la cuve de macération) est manuel, mais renforcé par des tapis roulants. Les cuves cylindriques, d'une hauteur de deux mètres, sont peu à peu remplies de grappes qui ne sont pas tassées. La gravité permet aux grains de libérer naturellement leur jus. Le moût, appelé pied de cuve, amorce la fermentation en dégageant le gaz carbonique qui finira par saturer le haut de la cuve close. La chaptalisation (ajout de sucre), strictement encadrée (le vigneron a alors l'obligation de faire une déclaration préalable d'enrichissement à la Direction des douanes et droits indirects) palliera un éventuel manque de gaz. Les levures présentes dans les vignes entrent en action. Toutefois, depuis trente ans environ, un sulfitage détruit ces levures indigènes (souvent accompagnées de bactéries non souhaitées) et le raisin est réensemencé avec des levures contrôlées et sélectionnées, provenant du vignoble. Pendant 8 à 10 jours, les cuves sont thermorégulées, la température passant de 25 ° C au démarrage à 18 ° C, progressivement, jusqu'au moment du décuvage (action de retirer le raisin de la cuve). Le gaz carbonique rend perméable la peau du grain : il absorbe l'éthanol solubilisé qui a fixé les composants phénoliques essentiels (notamment le cinnamathe d'éthyle). Les parfums passent dans le liquide. Le jus au fond de la cuve, dit jus de tire, est libéré par soutirage dans un deuxième contenant (cuve de ciment, d'acier inoxydable ou, de plus en plus rarement, foudre de bois). Le marc, formé par les grappes restantes, est déversé dans un pressoir horizontal où un système pneumatique assure un pressurage progressif et évite l'écrasement de la grappe qui entraînerait des saveurs herbacées et une amertume indésirables. Le vigneron obtient le jus de presse, aussi appelé « paradis », aromatique et sucré. Il est ensuite assemblé au jus de tire dans des proportions variables selon le résultat voulu : 20 à 30 % pour les vins primeurs, 50 % environ pour des vins tanniques. La fermentation acloolique s'achève en quelques jours : le vin est né. L'acide malique encore très présent concentre acidité et amertume dans le vin. Il doit subir une deuxième fermentation, dite malo-lactique, au cours de laquelle les levures vont dégrader l'acide malique. Elle dure deux à trois semaines, la température étant maintenue à 20-22° C. Une petite part de gaz carbonique restera dissoute dans le vin ce qui donnera le côté piquant et frais.
Quatre semaines environ se sont écoulées depuis les vendanges. Le vin est alors filtré (clarifié) et après dégustation, pour satisfaire aux procédures d'agrément, le vin nouveau est embouteillé et il peut être mis en vente.
Finalement, le vin présente plus d'arômes que le raisin pour deux raisons : au cours de la macération, le jus s'enrichit des essences et des couleurs contenues dans les peaux, transportées par l'alcool dissous. Puis; la fermentation va révéler les arômes et libérer les principes odorants.
(les éléments techniques ci-dessus ont été essentiellement trouvés dans le livre de Gilbert CARRIER, L'étonnante histoire du beaujolais nouveau)
La dégustation du beaujolais nouveau est l'occasion de découvrir des vins extrêmement vivants. Certains vignerons proposent des vins non filtrés où il est possible de pénétrer plus encore la richesse de la matière. Un bon beaujolais primeur, élaboré dans le respect de la vigne et de la macération, est incomparable pour comprendre la complexité d'un vin et sa maturation. D'ailleurs, si l'appellation primeur est autorisée jusqu'au printemps suivant (on dit qu'il a fait ses Pâques, il devient simple beaujolais ou beaujolais-villages), il est intéressant d'acheter plusieurs bouteilles pour voir évoluer le vin de semaines en semaines : il va croître quelques temps, brusquement s'effondrer pour une courte période pour ensuite s'assagir et s'arrondir. Je ne dis pas non plus qu'il deviendra un grand vin (qu'est-ce qu'un grand vin ?) mais « oser » boire un ex-beaujolais primeur au début de l'été peut être gustativement enrichissant.
Le beaujolais primeur accompagne toutes les spécialités lyonnaises du mâchon (en-cas roboratif pris en guise de petit déjeuner dans les bouchons lyonnais) : cochonnaille — paquets de couenne, plat de côte, lard cuit, oreilles de porc, queue de porc, petit salé cuit, saucisson sec et à l'ail —, salade de pissenlit, tablier de sapeur, gras-double, saladier lyonnais — assortiment de lentilles en salade, le caviar du pauvre à Lyon, de pieds de moutons, de cervelas, de museau de porc —, cervelle de canut — le claqueret de Guignol, un fromage blanc battu avec de l'ail, de l'échalote et de la ciboulette—, le fromage fort — restes de fromage mis à macérer dans du vin blanc avec du fromage de chèvre —, sabodet ou saucisson à cuire. On peut évidemment le boire avec une andouillette à la beaujolaise, une andouillette tirée à la ficelle s'entend. Je suis plus circonspect avec la quenelle dont la sauce crémée vient un peu bousculer le vin rouge. Le mariage avec une côte de bœuf charolais m'apparaît comme une mésalliance : il faut préférer un morgon voire un moulin-à-vent. En revanche, le beaujolais nouveau fait merveille avec un saint-marcellin de la mère Richard... voir mon billet du 2 octobre 2005.
Je reviendrai sur le beaujolais nouveau le mois prochain...
dimanche 2 octobre 2005
Un dimanche d'automne
Par Fabrice le dimanche 2 octobre 2005, 21 h 23
Un dimanche ordinaire dans une vie ordinaire. Le temps est très frais, ce matin, lorsque je sors la chienne. Le lourd portail en bois ouvert, je suis saisi par un petit vent coulis qui s'insinue dans les plis de mon impérméable mastic ; la chienne tire sur la laisse, la nature l'appelle. Le bitume est encore humide de la dernière pluie. Les vendeurs de timbres sont déjà installés, leur étalage protégés d'une averse plus que probable par des des toiles aux couleurs fanées. La place est, malgré eux, déserte. Le quai aussi. Je bats le pavé froid en surveillant la chienne du coin de l'oeil. Le soleil ne se lève pas. La lumière reste grise, le façades de pierre sont ternes. Décidemment, il fait froid. J'entends la rumeur du marché au dessus de moi. Neuf heures sonnent au clocher de la cathédrale. Il est temps d'aller aux Halles de Lyon, temple de la gastronomie et de la groumandise. J'ai invité mes parents, mon frère et son amie, à déjeuner : je propose, en entrée, une assiette de trois saumons, un coq au vin passera ensuite, puis un plateau de fromage. Maman se charge d'offrir le dessert. Le coq de plus de quatre kilos et demi marine depuis hier matin dans un magnum de brouilly et une bouteille de beaujolais blanc, en compagnie d'un bouquet garni, d'oignons, d'échalottes et d'ail. Doucement, la teinte ivoire de sa peau a viré au rose pâle. J'arrive aux Halles (102 cours Lafayette 69003 Lyon) et me précipite chez Rolle, fumeur de saumon. Saumon sauvage d'écosse, saumon d'élevage de Norvège et saumon de la Baltique: trois poissons, trois saveurs, trois chairs plus ou moins grasses qui luisent au fil des tranches. Rolle, formé en Ecosse, fume lui-même son saumon et la qualité de ses produits démontre avec éclat sa maestria — je constaterai, plus tard, sur l'emballage argenté, rendu huileux au contact de la chair parfumée, qu'il a ouvert une boutique à Sacramento, en Californie. Des blinis juste sortis de la curieuse machine à tapis roulant continu et de la crème à l'aneth complètent le poisson fumé. Rolle propose son saumon pour un prix largement raisonnable par rapport à celui affiché par Pétrossian dans sa boutique éclatante, dans l'allée adjaçante. Il faut venir la veille d'un réveillon pour goûter la frénésie des files d'attente, que certains trouveront indécentes parcce qu'elles n'ont alors rien à envier à celles si souvent rapportées des pays de l'ancien rideau de fer. Je file ensuire chez la Mère Richard, impératrice du Saint-Marcellin, ce petit fromage de vache (naguère de chèvre) qu'elle affine avec un si grand talent que le monde entier réclame ces chefs-d'œuvre laitiers : faits à cœur, le couteau tranche une crouté légèrement bleutée mais qui a gardé ses reflets jaunâtres du lait cru qui l'a enfantée pour offrir à la vue du gourmand excité par l'odeur du foin la crème coulante annonciatrice d'une douceur exquise au palais. A se damner ! J'ajoute un fromage aux gênes (restes de raisins pressés du cépage gamay du Beaujolais), un morceau de Brillat-Savarin — un fromage triple crème dont la richesse ferait pâlir une vache laitière elle-même — une tranche de bleu de Gex, un morceau de Salers, jeune cantal produit par la race éponyme dans lequel on peut retrouver, sans peine, le goûte de l'herbe qu'elle a broutée. Lesté de mes paquets, l'estomac agité par des gargouillis d'affamé, je jette un regard rapide sur les autres étals. Des rêves à explorer. Ne me réveillez pas. Je rentre bientôt pour dresser la table et finir le coq que j'accompagne de conchiglioni rigati 126 de De Cecco : leur forme de petite coquille va permettre d'emprisonner la sauce au vin pour laisser couler en bouche l'élixir parfumé distillé par une cuisson de plus de quatre heures au four.

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J'ai posé les coloquintes, le Pouilly-Vinzelles 2001 pour le saumon est encore au frais tandis que le Morgon 1998 patiente sur le bord de la fenêtre dans l'air vif de ce premier dimanche d'octobre. Une dernière sortie pour le chien et je croise mes parents dans l'escalier. Je les laisse s'installer tandis que la chienne trottine. En rentrant, je rencontre mon frère et son amie qui arrivent les bras chargés d'orchidées phalenopsis. Nous remontons joyeusement ensemble. L'apéritif est gai, le repas drôle et réussi, la chair du coq s'est gorgée des parfums du vin, les fromages à point annoncent la Forêt Noire finale, la cerise sur le gâteau. Encore un peu de bonheur. Il y a dix mois, je donnais un repas aux mêmes personnes, le jour de Noël : je ne savais pas que je tomberais malade quelques jours plus tard. Je tiens ma revanche aujourd'hui. Maman m'a regardé avec une telle tendresse lorsque j'ai évoqué ce moment passé... Seul avec le chien sur mes genoux, après leur départ, je me suis endormi paisiblement, installé dans une quiétude sans pareille. J'en veux encore. Une journée ordinaire de mon bonheur de vivre. Merci à la vie.
Post scriptum : si vous passez à Lyon, je vous ferai découvrir avec plaisir les délices des Halles...
lundi 8 août 2005
Emois littéraures et gastronomiques
Par Fabrice le lundi 8 août 2005, 21 h 03
J'ai reçu le dernier ouvrage de cuisine acheté sur ebay : le Larousse gastronomique de Prosper Montagné (date incertaine mais sans doute légèrement postérieure à 1938, date de l'édition originale). Il fait suite aux autres acquisitions : Cuisine et vins de France de Curnonsky (date incertaine, postérieure à l'édition originale de 1953), l'Art culinaire moderne de Pellaprat et l'Art culinaire français, ouvrage collectif. Ces vieux livres, au dela de leur âge, sont un lien avec une gastronomie encore vierge de toute idée de nouvelle cuisine. Les repas sont encore ordonnancés comme au siècle précédent (entrée, poisson, deux viandes, légumes, fromage, deux desserts, le plus souvent) et les plats dressés dans l'esprit architectural d'Antonin Carême. Les photographies en couleur sont désuettes mais charmantes. J'ai aussi acheté un livre de Raymond Oliver, l'ancien propriétaire du Grand Véfour, à Paris (Guy Martin en est le cuisinier de nos jours) : Art et magie de la cuisine, ouvrage tiré de l'émission de télévision éponyme qu'il présentait avec Catherine Langeais dans les années 50 du siècle dernier. L'ouvrage n'a pas de date mais la dédicace de l'auteur qu'il contient est du 27 décembre 1951. C'est une petite merveille : la gouaille, la faconde de Raymond Oliver ont envahit les pages. Il raconte si bien ses recettes que j'ai du mal à émerger dans le présent lorsque je ferme un chapitre. Il me plonge dans la cuisine d'avant-guerre, encore empreinte d'une nature surannée mais déjà convaincue des bienfaits du modernisme (l'apparition du froid a été une vraie révolution en cuisine, je pense même qu'il s'agit de la plus grande révolution avec celle du feu...). J'aime lire des ouvrages de cuisine : un autre ouvrage, La cuisine lyonnaise, de Délix Benoit et Henri Clos-Jouve, de 1975, me touche particulèrement : écrit bien avant la crise que connut la cuisine moderne dans les années 90 du XXe siècle, il fait revivre les grandes figures disparues de la gastronomie lyonnaise : Bourillot, Nandron, Roucou, Vettard, Vittet et met en lumière les noms de Bocuse, de Lacombe, de Chapel (décédé). J'avais acheté, l'année dernière, chez un libraire de mes clients, éminent expert en livres anciens, Le livre de cuisine de Madame Saint-Ange, dans son édition de 1927 (édition originale) : il fut longtemps regardé comme la bible indispensable et je le feuillette avec gourmandise. C'est un vrai voyage dans le passé. J'ai, enfin, sacrifié au présent avec un ouvrage de Pierre Hermé, Mes desserts préférés Je le tiens, comme beaucoup, pour le meilleur pâtissier de notre temps, digne successeur de Lenôtre, dont il fut l'apprenti : son imagination confine à l'extase sensorielle. J'ai le souvenir d'une dégustation, sur un banc du square de l'église Saint-Sulpice, à Paris, en 2002, un matin, vers dix heures trente, en solitaire, d'un gâteau, un trésor appelé surprise, une coque croustillante révélant un coeur en plusieurs couches, emballée de cellophane. Délicat à déguster mais un pur plaisir à prendre en égoïste. J'avais aussi acheté un macaron à l'huile d'olive. Ses macarons sont divins, supérieurs à ceux de Ladurée. Je regrette de ne pas habiter Paris (mais mon portefeuille un peu moins...).
dimanche 29 mai 2005
Un dimanche en famille
Par Fabrice le dimanche 29 mai 2005, 19 h 19
Midi et demi, le Splendid, dans le sixième arrondissement, devant l'ancienne gare des Brotteaux. Papa a retenu une table pour quatre, dans ce restaurant, propriété de Georges Blanc, le grand chef de Vonnas. Nous entrons tous les quatre. La salle est jaune, très jaune, trop jaune : la lumière jaune, elle aussi, écrase le décor. Notre table est placée juste à côté de la cuisine vitrée. Le repas sera bon mais long, près de trois heures, à cause d'un service un peu débordé.

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Au mur, au dessus de la cuisine, des photos des mères qui ont fait la renommée de la cuisine lyonnaise et française : la mère Blanc, la mère Fillioux, la mère Brazier (premier chef a recueillir deux fois trois étoiles au guide Michelin dans l'entre-deux guerres), la mère Léa... D'origine modeste, elles se formèrent à l'école de la société bourgeoise et laissèrent comme héritiers Bocuse, Blanc, Lacombe, Orsi, Chavent, Lassausaie, Troisgros, Chapel.. et des plats aussi célèbres que la poularde demi-deuil, les fonds d'artichauds au foie gras, les quenelles sauce Nantua. Leur cuisine atteignait tout naturellement ce « degré suprême de l'art : la simplicité ! » pour Cur


