Apartés uchroniques

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Carnet de recettes

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samedi 10 mai 2008

Sardines à l'huile, fromage de chèvre et ciboulette

Apéritif : du latin aperto,ouvrir... ouvrir l'appétit. Ouvrir mais ne pas le couper. Que proposer en remplacement des cacahuètes, des pistaches, des chips ? Heu, de la tapenade, du caviar d'aubergine ? Et pourquoi pas des sardines à l'huile ?

J'avoue une certaine passion pour ces poissons baignant dans une huile dorée et attendant d'être réveillés par quelques giclées de vinaigre (de vin rouge ou mieux, de cidre) et d'être couchés sur une tartine de pain de campagne légèrement grillée et garnie de beurre demi-sel (aux cristaux de sel, croquants sous les dents). Souvent, c'est un repas de roi que je me réserve avec des sardines millésimées, régulièrement retournées dans le placard pour que la chair s'imprègne bien d'huile d'olive. Avec une salade verte bien assaisonnée, que demander de plus ? Quelqu'un pour partager le plaisir, sans doute. J'oubliais, j'aime aussi les maquereaux aux aromates et muscadet...

Bon, revenons à nos sardines et à  nos chèvres. j'ai eu l'idée, réminiscence de lectures passées sans doute, d'associer des sardines et du fromage de chèvre frais en ce début de printemps enfin ensoleillé.

Sardines à l'huile, fromage de chèvre et ciboulette

Préparation : 10 min - Pas de cuisson

Ingrédients : une boîte de sardines à l'huile d'olive vierge première pression à froid de bonne qualité, un fromage de chèvre frais, de l'huile d'olive, une demi-botte de ciboulette, du vinaigre de vin rouge, du vinaigre balsamique, sel et poivre

Egoutter les sardines avant de les placer dans un bol et de les écraser avec une fourchette. Ajouter la moitié ou les trois-quarts d'un fromage de chèvre frais et bien mêler en détendant avec un peu d'huile d'olive. Ciseler une demi-botte de ciboulette avant de la joindre à l'appareil.

Jeter à peine une cuillère de vinaigre de vin. Rectifier l'assaisonnement en sel et poivre. Finir avec quelques gouttes de vinaigre  balsamique.

Placer la préparation au moins trois heures au frais. La servir avec des tranches de baguette grillées.

Les variantes sont infinies : j'imagine sardines, formage de chèvre, tomates confites, piment d'Espelette - sardines, formage de chèvre, citron  et aneth. A vous de jouer !

lundi 5 mai 2008

Petits pots de crème au chocolat...

Ai-je déjà confessé ici ma gourmandise ? Oui mais bon...

J'ai découvert il y a quelques semaines que, selon un article du Figaro, j'étais un « foody » : un gourmet capable de traverser une ville pour goûter une spécialité particulière et qui transforme ses périples en conquêts gastronomique. Mes nombreuses lectures de revues culinaires enrichissent régulièrement ma carte des spécialités et si je peux en déguster « la meilleure » production, je suis un homme heureux. Je suis parfois snob du palais.

D'aucuns verront dans cette quête de l'orgasme gustatif, un palliatif à ma solitude : je ne rejette pas cette idée mais elle me semble un peu courte. Car j'aime partager le plaisir pris en mangeant et je suis triste lorsque je ne rencontre pas chez l'autre des émotions semblables. Bien que la Faculté m'ait recommandé de réduire le sucre, hélas, quel que sucré que soit mon bec, un dessert est toujours le bienvenu, à tout moment. Rien ne résiste à mes papilles affolées devant la vitrine d'un pâtissier (Pierre Hermé à Paris, Sève, Bernachon ou le Petit Castel-Perroudon à Lyon, etc.) sauf une certaine raison qui peut confiner presque à l'ascèse voire au sacrifice certains jours...

Présentement, je n'ai pas l'esprit de sacrifice et puisque des nausées de femme enceinte m'envahissent de temps en temps depuis le début des mes aventures avec Dalila, autant assumer mes envies de douceur sans m'arracher les cheveux outre mesure (geste inutile puisqu'ils commencent à tomber seuls, les lâches). Petits pots de crème au chocolat... Tout le titre de la recette respire le bonheur : des petits pots  (pour un garçon sage), de la crème (douce, blanche, rassurante, maternelle), du chocolat (un carré, deux carrés, trois carrés, une barre, la tablette, même pas honte, même pas mal au foie - un sacré allié de ma gourmandise celui- là au moins).  Que demander de plus ? Heu, un plus grand pot, parce que le côté dînette des petits pots ne m'émeut pas plus que cela lorsque j'imagine ma cuillère s'enfoncer dans la crème moëlleuse pour cueillir la première bouchée onctueuse : il faut de la matière sous le galbe de la cuillère, j'aime m'amuser un petit moment.

Voilà la recette des pots de crème au chocolat (le petit a sauté avec mes scrupules)...

Pots de crème au chocolat

Préparation : 30 min - Cuisson : 10 min - Pour 6 pots

Ingrédients : 80 cl de lait entier, 20 cl de crème fraîche entière, 200 g de chocolat VALRHONA à 67 %, 60 g de sucre, 40 g de fécule de maïs (4 cuillères à soupe rases), 3 jaunes d'œufs

Prélever 10 cl de lait pour diluer la fécule de maïs.

Dans une casserole anti-adhésive, porter à petite ébullition le lait et la crème fraîche. Fouetter les jaunes et le sucre pour que le mélange blanchisse. Lorsque le lait est chaud, le verser sur le chocolat coupé en morceaux dans un saladier. Bien mélanger pour le faire fondre. Ajouter la maïzéna diluée aux jaunes sucrés puis verser sur l'ensemble l'appareil chocolaté.

Remettre le tout dans la casserole et chauffer doucement en remuant sans cesse avec une cuillère en bois (faire des 8 pour éviter que le fond n'attache). Au bout de quelques minutes, le mélange épaissit, des bulles commencent à crever la surface. Retirer la casserole et continuer de remuer pendant quelques minutes pour refroidir la crème et éviter la formation d'une peau.

La crème refroidie, la verser dans les pots et placer au réfrigérateur pendant plusieurs heures (le matin pour le soir par exemple).

Cette crème est extraordinairement simple à préparer : c'est le principe de la crème pâtissière. On peut imaginer ajouter des raisins macérés dans le rhum, quelques dés d'écorces d'orange confites, la servir avec un quatre-quart... bref, faites-en ce que vous voulez, c'est votre bon plaisir ;-)

Bien sûr, vous adapterez la richesse en matière grasse de la crème et du lait en fonction de vos besoins et ajusterez le sucre itou.  C'est tout.  À vos cuillères !

Addendum du jeudi 8 mai 2008 : les proportions de la recette ont été trouvées sur le site de Pascal Weeks, dans ce billet...

dimanche 4 novembre 2007

Tarte aux coquilles saint-jacques et aux crevettes

Salon des caves particulières, Lyon, vendredi 26 octobre 2007 : je sillonnais les allées avec mon père à la recherche de vin rouge pour ma soirée d'anniversaire décalé le 10 novembre. Bordeaux ? Bourgognes ? Côtes-du-Rhône ? Nous goûtions, encore et encore, avec modération bien sûr, sans oublir de recracher, re-bien sûr et soudain nous nous arrêtâmes sur le stand du Domaine Les Grands Bois, producteur de Côtes-du-rhône et de Cairanne. Mireille et Marc Besnardeau commencèrent alors à nous raconter leur vin et, au fil des gorgées de cuvées qui portent le nom de leurs filles, une belle histoire se déroulait sous nos yeux et nos papilles. Je recherchais un vin simple, bon, agréable, avec un rapport qualité-prix intéressant. Mireille me précisa que le numéro du Point du mois de septembre 2007 consacré aux vins avait présenté leur production avec une photo d'eux à vélo entre les rangs de vignes : je me souvins soudain de l'article.

Si les Cairanne dégustés m'ont enthousiasmé, j'ai choisi le Côtes-du-rhône village 2005 Cuvée Philippine à 6,50 € la bouteille... Voilà tel qu'il est présenté sur leur site !



Heureuse surprise : pour me remercier d'acheter 10 bouteilles, Marc Besnardeau m'a aimablement offert une bouteille de Côtes-du-rhône blanc 2005 cuvée Les Trois Soeurs !



Ce cadeau me donna l'occasion de réfléchir à l'entrée que j'allais proposer pour le déjeuner de la Toussaint précédemment évoqué. Coquillages, crème que faire ? Une illumination : une tarte aux coquilles saint-jacques !

Si dans un précédent message, j'ai préféré, compte tenu du temps de cuisson, à la pecten maximus française fine et goûteuse, une saint-jacques du Chili... J'ai aussi ajouté des crevettes crues décortiquées du Groenland. J'ai utilisé du beurre salé et donc supprimé le sel.

Tarte aux coquilles saint-jacques

Pour 6 personnes

Préparation : 30 min - Cuisson : 30 min - Pour un plat à tart de 24 cm de diamètre

Ingrédients pour la pâte brisée : 250 g de farine, 185 g de beurre frais, 1 jaune d'oeuf, 5 cl de lait froid, 5 g de sucre semoule, 3 pincées de sel
Ingrédients pour l'appareil : 400 g de coquilles saint-jacques, 150 g de crevettes crues décortiquées, 5 oeufs entiers, 25 cl de lait entier, 25 cl de crème fraîche épaisse, sel fin, poivre de cayenne, noix de muscade, cognac, beurre


Deux heures auparavant ou mieux, la veille : Préparer la pâte brisée en plaçant, tout d'abord, la farine en fontaine. Disposer le beurre légèrement ramolli (sortir le beure quelques heures auparavant du réfrigérateur) coupé en morceaux au centre, le jaune d'oeuf, le sucre et le sel fin.Mélanger les ingrédients du bout des doigts puis ramener, petit à petit, la farine au centre et terminer avec lle lait. Fraiser la pâte (la pousser et l'écraser avec la paume de la main) pour obtenir un ensemble homogène en prenant garde à ne pas la travailler trop longtemps pour qu'elle ne devienne pas élastique. Former une boule, l'envelopper d'un linge ou d'un papier sulfurisé avant de la placer au moins deux heures au réfrigérateur.

Préchauffer lefour thermostat 6 - 180 °C. Etaler la pâte et en garnir le moule. Piquer le fond avec une fourchette. Faire cuire à blanc pendant 15 minutes après avoir placé un papier sulfurisé ou aluau fond recouvert de haricots secs (j'utilise des billes en verre).

Saisir les coquilles saint-jacques décongelées dans une noisette de beurre. Faire flamber au cognac. Arrêter la cuisson et débarrasser.

Mélanger la crème fraîche, les oeufs entiers, le lait et assaisonner. Incorporer le us de cuisson des coquilles.

Disposer les coquilles sur le fond de tarte, répartir les crevettes crues et recouvrir de l'appareil crémé. Faire cuire pendant 40 à 45 minutes : les bords doivent colorer sans brûler.

jeudi 1 novembre 2007

Gratin de macaroni à la façon de la Mère Brazier

Les armes de la ville de Lyon -  France
Les bouchons lyonnais sont les héritiers des porte-pots du XIXe siècle, ces marchands qui débitaient leurs vins au pot (le pot lyonnais de 46 cl est encore présent sur les tables lyonnaises) emporté par les clients sans consommation sur place. Ils proposaient aussi une cuisine de ménage que les femmes préparaient dans l'arrière-boutique avant que leurs talents ne les encouragent à la proposer sur des petites tables dans la salle. C'est ainsi que la Mère Filloux, formatrice de la Mère Brazier chez qui Bocuse a commencé son apprentissage, tenait un petit restaurant, ancien débit de vin (comme on peut le lire sur un vieux cliché) avec son mari, rue Duquesne (l'immeuble détruit dans les années 70 du siècle dernier a été remplacé par un bâtiment de bureaux avec un station-service maintenant fermée au pied sur la façade de laquelle des admirateurs de la Mère Filloux et de la gastronomie lyonnaise ont placé une plaque commémorative héla cachée actuellement). Sa spécialité était la poularde demi-deuil que reprit à son compte la Mère Brazier lorsqu'elle s'installa rue Royale dans le 1er arrondissement et au Col de la Luère. A côté de ses fonds d'artichauds au foie gras et de ses volailles truffées, Eugénie Brazie n'oubliait pas que ses clients venaient aussi chez elle pour chercher les plaisirs d'une cuisine simple goûteuse et de bon aloi qui savait transformer les mets les plus humbles en bouchées gourmandes. Il en allait ainsi du gratin de macaroni, plat simplissime s'il en est mais qui était réclamé par la meilleure clientèle de gourmets et les invités de marque.

Ce gratin est encore servi dans quelques restaurants, par exemple à la Voute, chez Léa, place Anonin Gourju, dans le 2e, en accompagnement du poulet au vinaigre. Deux écoles existent pour la préparation : des pâtes cuites à l'eau et gratinées dans de la crème fraîche ou des pâtes gratinées dans une béchamel très crémée et liquide. Cette seconde recette, plus riche, était servie chez la Mère Brazier... Dans la recette d'origine, la mère préconise de préparer une sauce béchamel en ajoutant 150 grammes de viande de veau étuvée au beurre, un oignon et un bouquet garni, l'ensemble étant mis à mijoter pendant une heure avant de passer au chinois. La version que je propose fait l'impasse sur le veau, l'oignon et le bouquet.

Je vous rappelle que la béchamel est une recette "tant pour tant" (comme le quatre-quart) dans laquelle les quantités de farine et de beurre sont identiques. Petit conseil supplémentaire : le lait incorporé au roux blanc chaud doit être froid. Et pour éviter les grumeaux, si votre poignet n'est pas assez droit avec le fouet (ce qui est parfois mon cas), rie ne vaut quelques impulsions efficaces d'un mixer plongeant.

Gratin de macaroni à la façon de la Mère Brazier

Pour quelques gourmands...

Préparation : 30 min - Cuisson : 5 min (pâtes) + 20 min (béchamel) + 10 min (gratin)
Ingrédients : des macaronis longs, de la farine, du beurre, du lait froid, de la crème épaisse, du gruyère rapé, du sel, du poivre, de la muscade

Préparer une sauce béchamel :faire fondre du beurre et ajouter lorsqu'il grésille son poids en farine (pour 6 personnes, 50 g de chaque). Ne pas faire trop colorer et verser le lait froid en petites quantité en fouettant vivement. Saler, poivre, muscader légèrement et faire cuire à feu doux pendant 20 minutes environ (pour que l'amidon éclate et quela sauce perde son goût de farine). La crémer largement pour la rendre fluide.

Casser les macaronis en morceaux de 10 cm environ et les faire cuire tres al dente dans de l'eau salée bouillante.

Beurrer un plat en porcelaine, étaler une couche de béchamel puis ajouter les macaronis et couvrir du reste de sauce. Saupoudrer de gruyère rappe et parsemer de noisette de beurre avant de faire gratiner. Servir très chaud.

J'ai trouvé à Monoprix de grands pâtes, d'une vingtaine de centimètres, de la marque La Molisana, modèle 8A - Zitoni napoletani...

samedi 20 octobre 2007

Pourquoi suis-je encore célibataire ? (alors que je sais cuisiner)

Un jour, un ami me demanda de l'inviter à dîner chez moi... Pour tester mes talents culinaires tant loués par la commune renommée qui a envahit les quartiers les plus reculés de Lyon. Bon, en fait, n'ayant pas envie d'aller au restaurant, à sa proposition de sortie, je préfèrai substituer un dîner artisanal, histoire aussi de descendre une bouteille de champagne esseulée dans le réfrigérateur. Lui ayant demandé ce qu'il souhaitait, il me répondit qu'il aimait le foie gras. Le bougre ! J'étais piégé : je ne pouvais refuser sans déchoir...

Je me précipitai aux Halles de Lyon-Paul Bocuse pour acheter deux tranches épaisses de foie gras de canard chez Rolle, lyonnais, fumeur réputé de saumon et fabricant de foie gras (une boutique a été aussi ouverte à Paris) mais je commençai à me demander comment le servir : une tranche perdue dans une assiette ne m'alléchait pas. Soudain, en passant devant l'étal du marchand d'épices Bahadourian, j'avisai des figues à la ficelle et repensai aussitôt à une recette lue dans un magazine de cuisine, un chutney de figues aux oignons.

L'entrée étant trouvée, j'achetai deux cuisses de pintades fermières chez Pierre Bastin - Volailles Clugnet, juste à côté de Rolle, des girolles fraîches et des trompettes de la mort chez Favre pour finir par des pâtes fraîches chez Céllerier. J'étais presque paré pour mon dîner puisque je complétai mon entrée par de la confiture de piment d'Espelette achetée dans la boutique Soixante-Quatre, rue du Plat, juste derrière chez moi.

Voilà le menu : foie gras de canard, chutney de figues aux oignons et confiture de piment d'Espelette, pain de campagne au levain grillé de la boulangerie Pozzoli (meilleur ouvrier de France) proposé avec un Sauternes (une demie bouteille dormait dans ma cave), cuisses de pintade fermières d'automne, girolles et trompettes de la mort, pâtes fraîches servie avec un Bordeaux supérieur léger, un fromages régal et de la cervelle de canuts de la Fromagerie Sans-Souci (dernière fromagerie urbaine de France, menacée de disparition au 31 décembre 2007 - signez la pétition ici - j'en reparlerai bientôt) et le fameux gâteau de Suzy accompagné d'une soupe mangue-coco et leur Muscat de Beaumes de Venise.

Avec tout cela, nada : le célibat se poursuit !!!


Chutney de figues aux oignons

Pour un pot

Préparation : 15 min - Cuisson : 35 min
Ingrédients : 500 g fr figues sèches moelleuses,, 2 oignons, 100 g de sucre roux, 10 cl devinaigre de vin, 3 clous de girofle, piment de cayenne, sel


Peler et émincer les oignons. Verser dans une casserole le vinaigre et le sucre et porter à frémissements. Maintenir ainsi 3 minutes environ puis ajouter les figues sèches moelleuses, les oignons, le sel, le piment de cayenne et les clous.

Faire cuire 35 minutes environ à feu doux. Le chutney se conserve une quinzaine de jours au réfrigérateur.

Si vous utilisez des figues sèches, les réhydrater dans un thé très léger.

dimanche 30 septembre 2007

Muffins au chocolat et au miel

Un nouveau Larousse intitulé « Comme un chef, techniques et recettes pour réussir » acheté chez BADIANE, le librairie de toutes cuisines... Ouvrage collectif édité originellement en Grande-Bretagne, il passe en revue des techniques de base en confiant à un chef différent le soin de présenter des recettes (Pierre Hermé pour les pâtisseries et les viennoiseries). Stephan Franz, allemand, détaille des recettes de génoises, biscuits, spécialités autrichiennes, cheesecakes, petits gâteaux dont les muffins à l'abricot.

Ma découverte des muffins est somme toute assez récente : j'ai commencé à en entendre parler dans des séries américaines, faute d'avoir voyagé en Angleterre (ou d'avoir été suffisamment attentif en cours d'anglais seconde langue - quoique, me connaissant un peu, non seulement j'étais un élève sérieux mais ma mémoire gourmande ne m'aurait pas fait rater l'occasion d'apprendre une nouvelle recette de cuisine au collège ou au lycée) avant de pouvoir en déguster dans des boulangeries françaises. Finalement, ce ne sont que des petits cakes avec des petites choses dedans que l'on dévore en essayant de ne pas faire trop de petites miettes et sans avaler la caissette en papier... J'ai préparé à plusieurs reprises des muffins pour peupler mes quatre-heures solitaires ou mes petits-déjeuners sur le pouce mais la lecture du livre m'a convaincu d'essayer encore une fois. A défaut d'abricot, j'ai exploré les fonds de placards pour dénicher quelques idées : voilà la recette des muffins au chocolat et au miel (ou muffins fonds de placard). Partant, en dehors des bases, tout peut entrer dans un muffin (à l'instar des madeleines salées qui commencent à poindre leur bosse dorée). J'ai donc adapté la recette proposée : le beurre doux a laissé la place au beurre demi-sel (le sel exhausse le goût du miel), 75 g de cacao en poudre ont remplacé leur poids en farine, 60 g de miel leur poids en sucre et 100 g de chocolat en morceaux ont été préférés à l'abricot. Par ailleurs, le yaourt utilisé est un yaourt de ma fournée personnelle elaborée au moins une fois par semaine avec mon éclatante yourtière orange, transfuge des années 70 (recette à venir - ça, c'est du teasing - beurk, le vilain mot - de la mort qui tue pour ma copine Nat). Le miel était du miel d'acacia : son parfum est léger. On peut choisir un autre miel...

Muffins au chocolat et au miel

Pour 10 muffins

Préparation : 15 min - Cuisson : 25 min
Ingrédients : 125 g de beurre demi-sel ramolli, 300 g de farine tamisée, 250 g de yaourt nature, 75 g de cacao en poudre non sucré, 60 g de sucre en poudre, 60 g de miel, 50 g de chocolat, 2 oeufs, 4 cuillère à café de levure chimique (un peu plus d'un paquet)

Préchauffer le four à 200 °C (thermostat 6-7).

Couper le beurre en petits morceaux. Dans un saladier, foutter le beurre, le sucre et le miel pour obtenir un mélange mousseux. Ajouter les oeufs en fouettant bien puis le yaourt et le chocolat coupé en petits morceaux. Incorporer la farine tamisée avec le cacao et la levure en mélangeant avec précaution pour ne pas alourdir l'appareil.

Beurrer dix alvéoles d'une plaque de douze (les deux restantes seront remplies d'un peu d'eau car la vapeur dégagée au cours de la cuisson rendra les muffins légers et moelleux). Faire cuire les muffins pendant 25 minutes à 180 °C pour qu'ils soient bien levés. Vérifier la bonne cuisson en enfonçant au coeur d'un gâteau la lame d'un couteau qui doit ressortir propre et sèche.

Les muffins sont meilleurs le jour même mais ils se conservent deux jours dans une boîte hermétique.

Cette recette est une base : je pense que l'on peut, par exemple, remplacer une partie de la farine de froment par de la farine de chataîgne et ajouter des morceaux de marrons glacés... A vous de jouer !

lundi 13 août 2007

Tartine du dimanche soir : caviar d'aubergine sur pain complet, fromage de chèvre frais, huile d'olive et vinaigre balsamique

Même en plein été, lorsque le temps est souriant (enfin, dans les étés normaux), la question du repas du dimanche soir se pose. Que préparer ? Le dimanche soir est souvent une quête du graal gastronomique dans les entrailles du réfrigérateur où chaque produit découvert est un bon ou un mauvais indice pour LA révélation culinaire dominicale. Il en fut ainsi hier soir en ouvrant la porte blanche et froide : sur une étagère, un grand bol en verre de caviar d'aubergine préparée dans l'après midi avec deux aubergines ventrues. Sur la clayette en dessous, un rouleau de quatre fromages de chèvres frais, achetés le matin même au marché. SOudain, l'illumination jaillit (et pas seulement de la petite lumière du frigidaire ouvert) : du pain complet bio du Moulin d'Arche (en vente le dimanche au marché du Quai Saint-Antoine, 3,60 € la miche de 650 g) me tendait sa croûte dorée et sombre sur la table tandis que j'entendis soudain, s'élevant du placard à épices, la douce mélopée acidulée du vinaigre balsamique de Modène supérieur de la boutique Oliviers&Co de la rue Emile Zola à Lyon (attention, voilà du vrai vinaigre balsamique, sans caramel pour le colorer : son prix est élevé mais il vaut le détour ! 17,90 € les 250 ml - pour la cuisson, utiliser un vinaigre balsamique de qualité courante) et le chant ensoleillé des cigales dans les oliviers réclamant que je me saisisse de l'huile d'olive du Moulin de l'Olivette, cuve Mont d'Or, de Christian Testanière (variété d'olive : aglandau). Encouragées, des chèvres bêlaient au fonds du frigo : « pense à nos fromages, pense à nos fromages... ». Je ne résistai plus et m'emparai de tous les ingrédients pour constituer mon repas du soir : caviar d'aubergine en tartine complète, fromage de chèvre frais, huile d'olive et vinaigre balsamique.

Commençons par le caviar d'aubergine : il semble, selon mes recherches, que les recettes varient fortement d'une cuisine à l'autre. Tomate, yoghourt, ail, oignons viennent parfois agrémenter la liste de base. Je suis habituellement la recette de Guy Martin dans son livre « Toute la cuisine » en ajoutant ou non un yoghourt et/ou de l'ail. Si j'utilise un laitage, il s'agit le plus souvent d'un yoghourt maison que je fais régulièrement (j'en parlerai prochainement). Hier, j'ai mis seulement de l'ail.

Caviar d'aubergine

Pour 4 personnes

Préparation : 30 min - Cuisson : 45 min
Ingrédients : 2 aubergines de 350 g, 1 yoghourt nature de style grec (non obligatoire), 1 brin de thym, 1 feuille de laurier, 3 cuillère à soupe d'huile d'olive, sel et poivre du moulin.

Préchauffer le four à 150°C (thermostat 5). Laver et essuyer les aubergines puis les couper en deux dans le sens de la longueur. Inciser la chair en quadrillant. Les déposer dans un plat creux, côté peau, saler, poivrer, parsermer de thym et de laurier. Les arroser avec deux cuillère à soupe d'huile d'olive (nota : pour la cuisson, j'utilise une huile d'olive vierge extra de qualité courante, je garde la très bonne huile pour l'ajouter en fin de recette). Verser un demi verre d'eau au fond du plat, couvrir d'un papier d'aluminium et enfourner pour 45 minutes.

Retirer les aubergines et racler la pulpe à l'aide d'une cuillère à soupe. Hacher la pulpe au couteau.

Dans un bol, mélanger la pulpe, le yoghourt éventuellement, la cuillère d'huile d'olive (la très bonne !), le sel et le poivre.

Nota : vous pouvez ajouter une demi-gousse d'ail pilée (une gousse entière emporte trop les saveurs) et ne pas mettre de yoghourt.



Montage de la tartine...

Caviar d'aubergine sur pain complet, fromage de chèvre frais, huile d'olive et vinaigre balsamique

Couper une tranche épaisse de pain complet, la faire légèrement toaster. Etaler un demi-chèvre frais. Etaler du caviar d'aubergine. Ajouter un léger trait d'huile d'olive et quelques gouttes de vinaigre balsamique de Modène. Terminer par quelques grains de fleur de sel.

J'aurais aimé, si je n'avais pas été seul, déguster la tartine avec un verre de vin de Cassis blanc.

Je pense que l'on pourrait tartiner le pain d'une petite cuillère de tapenade avant le fromage de chèvre.

Si j'avais su, j'aurais fait une photo...

La qualité des ingrédients est sans doute le plus important dans cette tartine simplicissime. La cuisine est une simplement l'art de mélanger des produits de qualités, en respectant leur goût naturel...

lundi 18 juin 2007

Les gnocchi de Valentina chez Badiane, la librairie de toutes les cuisines...

« Buongiorno come state? »

Je suis en avance, heureusement, puisque j'habite à 30 mètres de la librairie Badiane. Cinq ou six personnes attendent sur le trottoir. Le rideau métallique se lève et nous pouvons entrer. Je salue Marianne et bavarde avec elle quelques instants. La salle de cours est au fond du magasin, juste derrière la galerie. A l'entrée, Valentina, une jeune femme trentenaire, sourit en tendant la main. « Buongiorno come state? » Même si j'ai un quart de sang italien, par ma grand-mère, je ne connais pas la langue. En me présentant, j'apprends qu'elle est originaire du Frioul, dans le nord de l'Italie : ma grand-mère étaite de Trasaghis, près d'Udine. Je prends place sur une chaise vert anis. Nous serons finalement 25 spectateurs attentifs mais très peu d'hommes, cinq seulement... Valentina raconte son enfance et sa grand-mère qui faisait de si bons gnocchi. Je retrouve dans sa voix, dans son accent, les images de l'Italie : du soleil, du rire, de l'humanité. Toutefois, en y repensant, je crois que ces traits si agréables se retrouvent chez tous ceux qui aiment cuisiner. La cuisine contient en elle la générosité du partage et de l'amour de l'autre qui la transforme en don perpétuel pour l'autre. Valentina poursuit ses explications et éclate de rire, maîtrisant mal le blender qui laisse couler la sauce tomate sur la table. Deux recettes sont au programme : gnocchi à la sauce tomate et gnocchi aux épinards. Elle confirme ce que je savais : la préparation de ces pâtes est simple sans être fastidieuse. Des pommes de terre, de la farine et le tour est (presque joué). J'ai goûté les deux recettes : quand bien même je n'apprécie pas les mets trop salés, je dois reconnaître, en l'espèce, qu'il manquait une touche de sel. Les deux préparations sont une réussite : les gnocchi sont légers, moelleux, ne collent pas au palais comme ceux proposés au rayon frais des supermarchés. Ils sont simplement bons !

Les gnocchi de Valentina chez Badiane, la librairie de toutes les cuisines à Lyon - Juin 2007

Les gnocchi de Valentina chez Badiane, la librairie de toutes les cuisines à Lyon - Juin 2007

Les gnocchi de Valentina chez Badiane, la librairie de toutes les cuisines à Lyon - Juin 2007

Gnocchi de Valentina à la sauce tomate

Pour 4 personnes

Préparation : 60 min - Cuisson : 40 min + 10 min
Ingrédients : 1 ou 2 pomme de terre à chair farineuse (type bintje) par personne, de la farine, un oeuf entier pour 4 personnes, des tomates, de l'huile et du beurre, sel et poivre

Les gnocchi : faire cuire les pommes de terre dans l'eau puis les éplucher et les passer au moulin à légumes ou au presse-purée.

Etaler la farine sur le plan de travail et poser dessus la purée presque froide. Ajouter l'eouf et mélanger pour former une boule en ajoutant au besoin de la farine. Prendre un morceau de pâte, la façonner en boudin et découper les gnocchis au couteau. Les aplatir légèrement avec les dents recourbées d'une fourchette.

Porter de l'eau à ébullition, saler. Déposer les gnocchi dans l'eau et les enlever lorsqu'il rmeonte à la surface. Les ajouter dans la sauce tomate ou les accomoder selon votre bon plaisir.

La sauce tomate : monder les tomates après les avoir plongées quelques secondes dans l'eau bouillante et les avoir rafraîchies. Faire chauffer la moitié d'huile et de beurre dans une sauteuse. Ajouter les tomates coupées en petits morceaux et faire cuire à feu moyen pendant au moins 30 minutes. Saler et poivrer.

Quelques remarques : cette recette est assez empirique. La proportion de farine est d'environ 20 % du poids de pomme de terre. En fait, la pomme de terre appelle la farine : la proportion varie donc en fonction de la variété.

La sauce gagne à être agrémentée de thym, de laurier...

Sur la photo du milieu, Catherine Guérin, l'une des deux associées du duo souriant de Badiane ! Un très bon moment, chaleureux et souriant...

A venir : les gnocchis aux épinards

samedi 19 mai 2007

Dahl de lentilles corail au safran

Depuis quelques années, la mondialisation touche même l'assiette et les revues de cuisine se font les chantres de gastronomies épicées, souvent loin de nos saveurs traditionnelles françaises. Avez-vous remarqué que dans les recettes de cuisine, la coriandre est un ingrédient de plus en plus présent ? Pour avoir feuilleté des revues anciennes, je sais qu'elle était assez peu citée autrefois... Dans un autre registre, l'huile d'olive, parée de toutes les vertus, tend à supplanter le beurre dans les cuissons. Le gingembre est rapé sur presque tous les plats... Je ne veux pas crier haro sur le baudet mais je recherche le vrai goût des ingrédients.

La world food, la fusion food recouvrent des réalités différentes tout en ayant pour dénominateur commun de bousculer nos habitudes. Je pense que leur place actuelle tient à l'ouverture des français sur le monde au travers des voyages, de images et d'internet. J'avais rappelé, dans un précédent billet, l'attachement de Paul Bocuse à la mise en valeur de la saveur originelle des mets. C'est pourquoi, dans ma cuisine, les plats ne sont pas très épicés : je partage, par goût, par héritage gastronomique, par atavisme culinaire, cette conception. Pourtant, je concède que j'apprécie les plats relevés, dès lors que les épices ne sont pas un cache-misère pour masquer la mauvais qualité des produits. Malheureusement, c'est souvent le cas.

Le Figaro publie, depuis plusieurs semaines, un supplément « macusine » tous les samedis et l'un des tomes a été conscré aux épices. En le lisant, je suis tombé sur une recette de lentilles corail au safran : je n'ai jamais cuisiné cette légumineuse à la jolie couleur mais la photo de lentilles jaune d'or m'a conquise. Me voilà donc l'acheteur de lentilles corail bio chez Biocoop et d'épices chez Malleval (je reparlerai bientôt de cette épicerie fine-caviste). Je vous donne cette reccette colorée, chaleureuse et diététique : il n'y a pas de mal à se faire du bien ;-)

Dahl de lentilles corail au safran

Pour 4 personnes

Préparation : 15 min - Cuisson : 1 h 10 min
Ingrédients : 250 g de lentilles corail, 1 cuillère à café de piment en poudre, 1 cuillère à café de graines de cumin, 1 cuillère à café de curcuma, 4 gousses d'ail, 2 oignons, 1 dose de safran en pistils, 40 cl de crème liquide (allégée ou entière) ou de crème de soja ou de riz, 4 cuillères à soupe de beurre fondu, sel

Crème de safran : verser la crème dans une casserole anti-adhésive, porter à ébullition, ajouter les pistils de safran et laisser infuser.

Lentilles : rincer et égoutter les lentilles corail, les couvrir d'eau dans une casserolle en ajoutant la poudre de piment et laissser cuire 50 min à feu doux.

Saler, ajouter la crème de safran et deux cuillères à soupe de beurre fondu puis laisser frémir 10 min.

Peler et hacher les oignons et l'ail puis les faire dorer à feu moyen dansel beurre et ajouter le curcuma et les graines de cumin et laisser cuire pendant 1 min.

Verser dans les lentilles, remuer et terminer par 5 min à feu doux avant de servir...

Le safran en pistils est plus parfumé qu'en poudre (attention au faux safran, succédané sans saveur parfois composé de soucis). Toujours saler les légumes secs à la fin de la cuisson pour éviter qu'ils ne deviennent durs !

vendredi 18 mai 2007

Poulet de Bresse au vin blanc et à l'estragon

Malgré la pluie, la plupart des marchands sont présents sur le marché du quai des Célestins ce matin. Mon frère vient déjeuner avec moi et j'ai choisi de servir un poulet de Bresse au vin blanc et à l'estragon. Faute d'aller aux Halles de Lyon-Paul Bocuse, je me dirige vers l'étal de la maison Maison GIRERD-BUSSAC, face à la Commanderie des Antonins. Madame GIRERD est en train de découper des carcasses tandis que sa fille sert les clients. Les produits sont superbes, frais, et appétissants (le flou est dû à la condensation sur les vitres).

Etal de la maison Girerd-Bussat - Marché quai Saint Antoine Lyon

Etal de la maison Girerd-Bussat - Marché quai Saint Antoine Lyon

Etal de la maison Girerd-Bussat - Marché quai Saint Antoine Lyon

Etal de la maison Girerd-Bussat - Marché quai Saint Antoine Lyon

J'ai acheté un poulet de Bresse de 2,100 kg (9,90 € le kg). Belle bête, avec sa petite médaille tricolore, la collerette blanche de plumes, les pattes bleues, une chair claire et persillée : j'ai préféré la découper moi-même, après avoir fait enlever tête et pattes par la volaillère. Me voilà parti pour un poulet au vin blanc et à l'estragon : quelques tomates (je sais, je suis hors-saison, les tomates de plein champ n'arriveront que le mois prochain), des champignons de Paris, des échalotes, du vin blanc sec (cépage chardonnay, un petit bourgogne sans prétention mais adapté à la recette). L'inspiration m'est venue de la photo de couverture de la nouvelle revue proposée sous la direction de Joël Robuchon "cuisinez comme un chef" dans son numéro du mois de mai, dans le chapitre consacrée à Georges Blanc : j'ai augmenté la part de l'estragon pour renforcer son parfum... Bien sûr, tout autre poulet fermier ou AOC peut se substituer à la reine des volailles, à la Gloire de la Bresse, à l'honneur de la gastronomie française, la seule volaille AOC qui fête ses 50 ans d'appellation !

Poulet de Bresse au vin blanc et à l'estragon

Pour 4 personnes

Préparation : 25 min - Cuisson : 2 X 45 min
Ingrédients : 1 poulet de Bresse de 2 kg, 250 g de champignons de Paris, 8 tomates, 2 échalotes, 125 g de beurre, 30 cl de vin blanc sec, 1 cuillère à soupe de farine, un bouquet d'estragon, 5 cl de cognac, de l'eau froide, de l'huile, sel et poivre

Découper (ou faire découper) le poulet : 8 morceaux deux pilons, deux hauts-de-cuisse, deux ailes, deux filets. La carcasse sera séparée en plusieurs morceaux. Dans une sauteuse, faire revenir les abattis et les morceaux de carcasse dans un peu de beurre et d'huile (l'huile évite au beurre de noircir à chaleur élevée) après les avoir salés et poivrés. Les laisser colorés sur toutes les faces puis singer avec la cuillère à soupe de farine, faire cuire deux minutes à deu doux avant d'ajouter de l'eau froide à hauteur des abattis et de porter à ébullition. Faire cuire 45 minutes ce fonds de volaille.

NOTA : Pour ma part, j'ai utilisé un bouillon de volaille maison fait en janvier et conservé au congélateur : je l'ai décongelé et fait un peu réduire à feu vif. J'ai fait revenir les morceaux de carcasse après les morceaux nobles et ils ont donc cuits avec ceux-ci dans la suite de la recette (parce que ma gourmandise naturelle m'empêchait de gâcher la chair goûteuse encore accrochée à la carcasse).

Ôter le pédoncule des tomates lavées, inciser en croix et les plonger une minute dans l'eau bouillante puis les rafraïchir, les égoutter et les peler. Les couper en quatre, enlever les pépins et découper la chair en petit dés. Réserver.

Saler et poivrer les 8 morceaux de poulet, faire chauffer le reste du beurre et de l'huile puis dorer sur toutes les faces les morceaux, en commençant par les cuisses pour finir par les filets, plus délicats, de manière uniforme. Les réserver sur une grille. Jeter le gras.

Faire suer les échalotes hachées, déglacer au cognac, laisser réduire légèrement puis ajouter le vinblanc, le fond de volaille filtré avant de placer les morceaux de poulet, les dés de tomate et les champignons émincés sans oublier deux branches d'estragon frais. Saler et poivrer, faire mijoter pendant 45 minutes à couvert.

Pour présenter la volaille, dans son plat de cuisson, la parser d'une cuillère à soupe d'estragon haché. Proposer des petites pommes de terre nouvelles ou des pâtes fraîches. Servir avec un bourgogne rouge fruité comme le Santenay ou un Saint-Nicolas-de-Bourgueil.

mardi 8 mai 2007

Mousse de fruits au tofu soyeux

Pour sortir de la cuisine électorale et fêter l'arrivée des fraises françaises (sur les étals depuis près de trois semaines grâce à la clémence d'avril), je vous propose une recette dont l'extrême simplicité devrait vous encourager à l'essayer sans tarder. Légère, fraîche, sans cholestérol voire, si vous le souhaitez, sans sucre avec un plein extraordinaire de protéines : une recette de régime mais surtout de plaisir...

Outre les fruits, l'ingrédient principal est le tofu soyeux.

Ekopedia détaille la fabrication du tofu. Il est obtenu par coagulation du lait de soja, issu du trempage des fèves de soja jaune (glycina maxima, de la famille des fabacées, sous-famille des papilionacées) dans de l'eau : les fèves sont portées à une douce ébullition pendant une heurre puis mises dans une toile. Le lait de soja s'écoule. Il est recueilli et l'agent coagulant est incorporé. Il peut s'agir de nigari (extrait de sel de mer que l'on trouve sous forme naturelle), de chlorure de magnésium (extrait du nigari), de chlorure de calcium (tiré d'un minerai), de sulfate de calcium (gypse) et de sulfate de magnésium (sel d'epsom) voire de vinaigre ou de jus de citron.15 à 20 min plus tard, un caillé blanchâtre se forme et l'on obtient le momen-tofu, kinu-tofu ou aburaage/ganmodoki, selon le coagulant. Le caillé est mis à égoutté dasn une mousseline pour le débarrasser de son petit lait. Son pressage lui donnera la forme et la texture voulue : ferme, soyeux...

La marque Taifun (le site est en allemand et en anglais), labellisée Demeter, vendue par Biocoop, propose un tofu soyeux dans une barquette de 400 g avec le commentaire suivant : « ce tofu très onctueux se nomme kinugoshi au Japon où il est, de part, son accent traditionnel particulièrement prisé. Habituellement, il s'ajoute sous forme de cubes au bouillon des légumes. En été, se consomme glacé accomodé de sauce de soja. Battu, il peut s'utiliser en base de sauces, crèmes et desserts ». Les valeurs nutritionnelles sont pour 100 g : valeur énergétique 197 kj - 47 kcal, protides 5,1 g, glucides 1,7 g, lipides 2,2 g.

Comme tous les tofus, le tofu soyeux est blanchâtre et sans goût particulier : cette neutralité est une qualité car il peut être mis en oeuvre dans toutes sortes de préparations dont il prendra le goût. C'est aussi un défaut car la fadeur n'en fait pas un aliment agréable à manger sans avoir été préparé. Après avoir lu plusieurs livres consacrés au bio et au tofu, j'ai décidé de faire au plus simple avec ce produit dont la fraîcheur me rappelle celle du lait, le doux parfum en moins (quoique le tofu offre une très discrète saveur de légume sec) : je le mixe avec des fruits et un peu de sucre (ou d'édulcorant).

Mousse de fraises au tofu soyeux

Préparation : 10 min

Ingrédients : 500 g de fraises, une barquette de tofu soyeux de 400 g, du sucre glace ou de l'édulcorant à discrétion


L'utilisation d'un blender est recommandé (appareil à smoothie à la mode). Vous pouvez aussi utiliser un mixeur plongeant. Laver les fraises, les équeuter et les couper en deux. Verser dans le blender le tofu, puis les fraises et le sucre. Mixer pendant 30 secondes. C'est prêt ! Réserver au frais pendant au moins 1 heure pour servir très froid. La texture est mousseuse, épaisse, très agréable au palais.

Vous pouvez utiliser tous les fruits : pomme ou poire (en compote), fruits rouges ou jaunes comme la mangue ou l'ananas, etc. Prochain essai : la mangue.

lundi 9 avril 2007

Spaghetti à la roquette et à la tomate confite

L'imagination au pouvoir ! Pour ne pas sombrer dans la morosité gastronomique solitaire, j'ai eu l'idée de ces spaghetti. Toutefois, je me demande s'il ne s'agit pas d'une résurgence d'une lecture culinaire. En tout état de cause, c'est l'Italie dans l'assiette, c'est le bonheur du chant des cigales dans les cyprés lors d'un déjeuner d'été avec les gens que l'on aime, c'est la belle vie sous le soleil...

Spaghetti à la roquette

Préparation : 15 min - Pour une personne

Ingrédients : des spaghetti (ou tout autre sorte de pâte), une poignée de roquette, deux tomates confites, une gousse d'ail, du parmesan parmigiano reggiano, de l'huile d'olivre, sel et poivre


Faire cuire les pâtes al dente (ou non) dans de l'eau bouillante et salée (penser à ne saler l'eau qu'au moment de l'ébullition car le sel retarde l'ébullition). Laver la roquette, l'essuyer puis la couper grossièrement au couteau. Peler et hacher une gousse d'ail. Egoutter les pâtes. Ajouter la roquette, la gousse d'ail hachée, du sel, du poivre et un trait d'une bonne huille d'olive de qualité. Bien mélanger. Servir en rapant sur les pâtes, dans l'assiette, du vrai parmesan.

Je n'avais pas de tomates confites. Sinon, j'en aurais ajouté au moins deux finement coupées en petit dés. De quoi donner le rouge du drapeau de l'Italie qui manquait au vert de la roquette...

La recette est simplissime : toute sa réussite repose sur la qualité des ingrédients. Pâtes bio (semi complètes par exemple), roquette fraîche, ail rose de Lautrec (penser à degermer la gousse pour éviter les reproches aillés), parmesan portant l'appellation d'origine protégée (AOP) parmigiano reggiano, huile d'olive première pression à froid (le choix du terroir est laissé à votre convenance mais pourquoi pas les Baux de Provence), tomates séchées confites dans l'huile. A vous de jouer !

lundi 19 février 2007

Les bugnes lyonnaises I

Armes de la ville de Lyon

Mardi-gras : je ne garde pas, de ce jour, des images de déguisements ou de fête, notamment parce que Lyon n'a plus de carnaval depuis de très nombreuses années mais plutôt des parfums de bugnes, de vanille, de rhum, de fleur d'oranger (légèrement mêlée d'une petite odeur âcre d'huile chaude). A Lyon, la tradition veut que l'on fasse des bugnes le jour du Mardi gras, des beignets de carnaval minces et craquants (appelés merveilles ou oreillettes dans le Sud) ou bien gonflés et dorés. Au XIXe siècle, on disait d'un Lyonnais mort après avoir vécu une vie exemplaire : « son âme est montée au ciel droit comme une bugne ». Dernier plaisir de bouche avant le temps de recueillement et de prière : le lendemain, les chrétiens entreront en Carême avec le Mercredi des Cendres, jour de jeûne et d'abstinence, comme tous les vendredis qui précèderont Pâques.

En attendant, la bugne ne supporte pas la médiocrité et chaque mère lyonnaise a sa recette.

Bugnes  lyonnaises

Je vous propose deux versions : fines ou gonflées.

Bugnes fines et craquantes

Préparation : 15 min

Ingrédients : 500 g de farine, 1 citron (ou 2 cuillerées à soupe de rhum ambré ou d’eau de fleur d’oranger), 6 œufs, 90 g de sucre en poudre, 10 g de sel, 100 g de beurre, un peu de farine pour travailler la pâte et du sucre glace à volonté pour déguster les bugnes, un bain de friture


Prélever la moitié du zeste du citron avec le couteau économe, le jeter dans de l'eau en ébullition, l'égoutter au bout de 3 minutes, le hacher. Dans une terrine, verser la farine, creuser un puits.

Dans le creux, casser les œufs, ajouter le sucre, le sel, le zeste haché, le rhum ou l'eau de fleur d’oranger et le beurre ramolli. Travailler du bout des doigts en incorporant peu à peu la farine, puis rouler en boule. Sur le plan de travail, légèrement fariné, poser la boule, l'écraser longuement avec la paume de la main, pour lui donner du corps et rendre la pâte homogène.

Refaçonner en boule, frotter d'un peu de farine, envelopper dans un film étirable, entreposer 2 heures au réfrigérateur. Prélever une portion, l'abaisser au rouleau sur le plan de travail fariné, très finement. Découper des rectangles plus longs que larges.

Faire chauffer le bain de friture à 160 °. Y plonger quelques bugnes à la fois. Les retourner avec l'écumoire lorsqu'elles commencent à remonter. Ne les retirer que lorsqu'elles sont bien dorées, les déposer sur du papier absorbant pour les égoutter, les saupoudrer de sucre glace. Les servir froides.

Il ne faut pas faire cuire trop de bugnes à la fois, sinon elles refroidissent le bain et au lieu de gonfler, elles s'imbibent de gras.

Bugnes gonflées et moelleuses (recette de Paul Bocuse)

Préparation : 15 min

Ingrédients : 500 g de farine, 4 œufs, 250 g de beurre, 100 g de sucre cristallisé, 1 sachet de levure chimique, 2 pincées de sel, 1/2 verre de rhum ou d'eau de fleur d’oranger, du sucre glace à volonté pour déguster les bugnes, un bain de friture


Sortir le beurre du réfrigérateur 3 heures avant.

Dans un saladier, disposer la farine en puits, ajouter les œufs un par un, le sucre, le sel, la levure,le beurre ramoli et coupé en dés, le rhum ou l'eau de fleur d'oranger.

Travailler du bout des doigts puis pétrir la pâte pour qu'elle soit bien homogène. La laisser reposer au moins deux heures sur le plan de travail fariné.

Faire chauffer l'huile. Etaler la pâte au rouleau puis, avec la roulette en bois, découper des morceaux rectangulaires. Inciser les ou non. Jeter 6 à 8 bugnes dans le bain de friture. Dès qu'elles sont dorées, les retourner puis les égoutter sur du papier absorbant. Jeter de nouvelles bugnes. Saupoudrer de sucre glace.

Nota : penser à bien aérer la pièce après avoir fermé la porte, l'odeur de friture étant persistante et désagréable...

Une étude comparative des bugnes vendues à Lyon est en ligne dans un second billet...

dimanche 7 janvier 2007

Velouté de chou-fleur aux coques

Le chou-fleur, ça ne sent pas bon, le chou-fleur, c'est mauvais sauf noyé sous une couche épaisse de béchamel crémeuse dorée par du fromage... Et oui, je faisais partie de ceux qui tordait le nez devant un chou-fleur blanc sur l'étal du maraîcher. Jusqu'au jour où, dans une émission de Joël Robuchon, j'ai découvert le velouté de chou-fleur aux coques présenté par Jacques Thoral. Et le truc pour que la cuisson du légume n'empeste pas tout l'appartement : le faire blanchir pendant quelques instants et ne pas trop prolonger la cuisson au delà-de vingt minutes. Simplicité, onctuosité, personnalisation, voilà les atouts de ce velouté qui réconciliera tout le monde avec le brassica oleracea botrytis... Jacques Thoral précise qu'il s'agit d'un plat traditionnel de la bourgeoisie bretonne. Au printemps, les fleurs bleues de romarin seront du plus bel effet sur le velouté très blanc.

Velouté de chou-fleur aux coques

Pour 6 personnes

Préparation : 20 min - Cuisson : 20 min
Ingrédients : 500 g de chou-fleur, 1 kg de coques, 1 branche de romarin, 100 g de crème fraîche, sel et poivre du moulin

Faire dégorger les coques dans de l'eau salée pendant au moins une heure. Détacher les inflorescences (le petits bouquets), les laver, en garder 500 grammes. Les blanchir pendant quelques instants. Faire bouillir un litre d'eau. Faire cuire le chou-fleur pendant 20 minutes : au-delà, les composés soufrés si désagréables se dégagent et parfument les alentours. Mixer le chou-fleur.

Rincer les coques dans plusieurs eaux pour éliminer tout le sable. Les faire ouvrir à feu vif dans une casserole après avoir versé un verre d'eau. Réserver l'eau de cuisson et décoquiller les coques.

Filtrer soigneusement le jus de cuisson des coquillages. L'ajouter avec la crème fraîche au velouté. Rectifier l'assaisonnement et porter à ébullition.

Hacher finement les feuilles de romarin. Placer les coques au fond de l'assiette ou de la soupière et verser dessus le velouté bouillant. Parsemer de romarin haché.

La dernière fois que j'ai préparé ce velouté, j'ai remplacé le romarin par quelques filaments de safran (légèrement réchauffés dans une cuillère à soupe de jus de cuisson des coques avant d'être incorporé au velouté avec la crème fraîche). La couleur était d'un jaune d'or superbe.

dimanche 31 décembre 2006

Cake au saumon et à l'aneth

Annonçant un cake au pesto pour l'apéritif du jour de l'An, j'ai eu le droit à une moue dubitative de mère qui voulait dire qu'elle se demandait qui aimerait cela. Devant cet enthousiasme débordant, j'ai proposé de confectionner aussi un cake au saumon et à l'aneth. Sa vive approbation m'a conforté. Pour la recette, je me suis rapporté à celle du cake au pesto et parmesan en remplaçant le pesto par le saumon fumé et le basilic par l'aneth.

Cake au saumon et à l'aneth

Pour 6 personnes - un moule à cake de 26 cm

Préparation : 15 min - Cuisson : 45 min
Ingrédients : 125 g de beurre ramolli, 4 œufs, 150 g de saumon fumé, 1 bouquet d'aneth frais, 200 g de farine, 1 paquet de levure chimique, 5 cl de lait, 2 pincées de sel, du poivre du moulin

Préchauffez votre four à 180°C (thermostat 6). Dans un saladier, mélangez le beurre ramolli, les œufs entiers. Tamiser la farine et l'ajouter avec la levure. Incorporer le lait, le saumon fumé coupé en morceaux, l'aneth ciselé et bien mélanger, pour que la pâte soit homogène. Saler et poivrer. Verser ce mélange dans un moule à cake beurré.

Cuire 15 minutes à 180°C puis 30 minutes à 150°C. Démouler 10 minutes après la sortie du four et laisser complètement refroidir sur une grille.

En été, ce cake peut être servi avec une salade de mesclun, quelques feuilles de roquette...

Coq au vin

Ou, mieux, un coq au vin. Les recettes sont nombreuses mais peu mettent en œuvre un vrai coq : la volaille est remplacé là par un chapon, ici par une poule, ailleurs par un poulet. Toutes les recettes demandent un vin rouge vigoureux : Chambertin pour la Mère Brazier, Côtes-du-Rhône, Cahors... Pour ma part, j'ai retenu un Côteaux-du-Ventoux et un Cairanne blanc. J'ai commandé un coq chez mon marchand de volaille du marché du Quai Saint-Antoine (maison Girard, placé au droit de la Commanderie des Antonins) : 5 kg 100 pour la bête tronçonnée. De trois bouteilles de vin, je passe à plus de quatre : trois bouteilles de rouge et une et demi de blanc. Question cruciale : aurais-je suffisamment de place dans mon réfrigérateur pour entreposer les deux saladiers de marinade de coq toute la nuit ? Si encore il faisait froid, j'aurais la possibilité de laisser le coq dans mon dressing orienté plein nord, fenêtres ouvertes. Point du tout, la température annoncée est de 10 ° C.Il va falloir que je revois le rangement du réfrigérateur.

J'ai tiré la recette du livre de Jean-Pierre Coffe, « Comme à la maison 2 » paru chez Plon en 1994. Toutefois, Jean-Pierre Coffe fait cuire le coq au four pendant 4 ou 5 heures. Pour des raisons pratiques (je ne possède pas de cocotte suffisamment grande pour faire entrer un coq de 5 kg et 4 bouteilles de vin, je vais lancer une souscription paypal et faire appel à la générosité de mes lecteurs ;-) ), mon coq cuit dans une grande marmite de 28 litres (je crois que j'ai dû être cantinier de l'armée dans une autre vie) sur le feu...

Coq au vin

Pour 6 personnes

Préparation : 30 min - Cuisson : 2 h 30 environ
Ingrédients : 1 coq d'environ 3,5 kg - Marinade : 2 bouteilles de vin rouge corsé, 1 bouteille de vin blanc sec, 1 belle carotte, 1 gros oignons, 3 échalotes, 3 gousses d'ail, 1 bouquet garni : laurier, thym, queues de persil, céleri branche et vert de poireau - 3 belles cuillères à soupe de graisse d'oie ou deux cuillères de beurre et une cuillère d'huile d'arachide, 4 cuillère à soupe de farine, 2 cuillères à soupe de cognac, 2 grosses tomates ou deux cuillères à soupe de concentré de tomate, 1 bouquet garni, du sang de volaille, sel et poivre du moulin - Garniture : 4 belles carottes, 250 g de poitrine de porc salée ou fumée, 300 de champignons de Paris, 300 g d'oignons grelots

Faire découper le coq en 14 ou 16 morceaux par le volailler en récupérant le cou et les abats. Èplucher la carotte, l'oignon et les échalotes et les couper en gros dés. Dans un grand saladier (ou deux), mettre les morceaux de coq, parsemer de dés de légumes et des gousses d'ail non épluchées mais écrasées. Ajouter le bouquet garni et les vins. Laisser mariner 12 à 24 h.

Retirer les morceaux de coq de la marinade et les essuyer. Dans une poële, faire chauffer la graisse ou le beurre et l'huile. Saler et poivrer les morceaux et les faire dorer par petite quantité avant de les déposer dans le récipient de cuisson. Flamber au cognac puis saupoudrer les morceaux de coq de farine et mélanger pour bien enrober la volaille.

Verser la marinade filtrée, un bouquet garni et le concentré de tomate ou les deux tomates mondées et coupés en dés et enfin les carottes coupées en rondelles épaisses. Faire cuire à feu moyen pendant 2 h 30 environ. Vérifier la cuisson en enfonçant la lame d'un couteau dans la chair.

Dans une casserole d'eau chaude, faire blanchir le lard pendant quelques minutes. L'égoutter et le faire dorer dans un peu de beurre. Faire dorer les champignons. Un quart d'heure avant la fin de la cuisson, ajouter le lard et les champignons.

Débarrasser le coq sur le plat de service. Dans un bol, dissoudre le sang de volaille dans une louche de sauce avant de le verser dans la cocotte. Donner quelques bouillons. La sauce doit épaissir. Rectifier l'assaisonnement. Présenter le coq avec les lardons et les champignons ainsi, éventuellement, que les oignons grelots cuits dans du sel, du sucre et un peu d'eau pour les caraméliser.

Le coq au vin peut être servi avec des pâtes (plutôt grosses) ou des pommes vapeur et accompagné de croutons de pain aillés et grillés.

NOTA : les commentaires pour ce billet sont fermés à la suite d'un assaut de spam. Pour laisser un message, utilisez le formulaire de contact, je le mettrai en ligne très rapidement ! Merci ;-)

samedi 30 décembre 2006

Noix de Saint-Jacques au cidre

Quelle entrée pour commencer l'année ? Voilà la question qui m'a taraudé pendant plusieurs jours : quel plat satisfera les six convives du premier déjeuner de 2007, mes parents, ma belle-sœur, mes frères et moi ? Sachant que ma belle-sœur, bientôt primipare, suit les recommandations de la Faculté qui déconseille tous les coquillages, le foie gras et les fromages au lait cru aux femmes enceintes (je me demande comment ont fait les générations précédentes sans ces interdits), que mes frères sont plutôt difficile et que Maman a perdu son appétit au fil du temps, j'ai été confronté à un abime de réflexion, feuilletant frénétiquement livres et revues, testant des propositions auprès des convives à Noël... pour finir par retenir des coquilles Saint-Jacques.

J'apprécie la tendreté de sa chair et la subtilité de son parfum mais je déplore que l'éloignement de la mer de Lyon nous contraigne à ne pouvoir acheter que des coquilles à plus de 18 € le kilo, ce qui fait grimper le kilo de chair à 180 € (si l'on compte 100 g de noix par kilo de coquillages pleins). Une solution est cependant, à mon avis, possible : utiliser des noix de Saint-Jacques surgelées. Dans ce cas, j'opte pour des coquillages de pêche française, de la variété pecten maximus (la vraie coquille Saint-Jacques) commercialisée par la marque PICARD. Si l'on ne veut pas proposer un tartare de Saint-Jacques ou toute autre préparation sans cuisson de ces noix nacrées, le surgelé, de bonne qualité, est un pis-aller agréable. Attention à ne pas prendre des vessies pour des lanternes et des chlamis islandica pour des pecten maximus. Pas de pétoncle mais des Saint-Jacques ! Regarder sur le paquet et rejeter, sans regret : argopecten purpuratus ou noix du Chili, chlamys farreri ou noix de Chine, chlamys varia et chlamys opercularis, des pétoncles d'Europe, pecten jacobaeus, la Saint-Jacques de Méditerranée, pecten fumatus, la cousine d'Australie ou placopecten magellanicus, le pétoncle géant du Canada sans oublier zygochlamys patagonica, tirée des profondeurs au large des côtes aregntines. En passant, je vous conseille le site finemaree.com, où des pécheurs de Port-en-Bessin présentent la coquille Saint-Jacques et proposent d'en acheter, à condition d'aller les chercher sur place... Chanceux de parisiens ! ,-). Vous regarderez aussi d'un autre œilla coquille après avoir admiré les photos du site. En attendant, sauf heureuse surprise des prix aux Halles de Lyon-Paul Bocuse demain matin (on peut toujours rêver), et contrairement aux préventions du site sus-cité, je mets en œuvre des noix pecten maximus surgelées dans ma recette (compromis satisfaisant pour mon portefeuille).

Noix de Saint-Jacques au cidre

Pour 4 personnes

Préparation : 10 min - Cuisson : 10 min
Ingrédients : 16 noix de coquilles Saint-Jacques, 3 échalotes, 25 g de beurre demi-sel, 37 cl de cidre sec, 1 cuillère à soupe de vinaigre de cidre, 1 cuillère à café de thym, 250 g de crème fraîche, sel et poivre du moulin

Peler et hacher finement les échalotes et les faire revenir dans le beurre pour qu'elles soient translucides. Dans une poële, faire revenir les noix de Saint-Jacques dans le beurre pendant 4 minutes sur feu moyen en les retournant au bout de deux minutes. Les réserver. Déglacer avec la cuillère à soupe de vinaigre de cidre. Verser le cidre avec le thym, saler et poivrer. Faire réduire de moitié. Ajouter la crème au jus de cuisson. Faire cuire 5 minutes de plus. Passer les noix quelques instants dans la sauce pour les réchauffer. Dresser dans les assiettes.

mercredi 27 décembre 2006

Poulet au vinaigre

Armes de la ville de Lyon

A défaut de pouvoir offrir des huitres bon marché, Lyon, à la porte de la Dombes et de la Bresse, propose à l'amateur les plus belles volailles qui soient au monde, les seules qui bénéficient d'une appellation d'origine contrôlée, les reines des Trois Glorieuses de décembre (dont je reparlerai dans un prochain billet), les volailles de Bresse. Je confesse une admiration gustative et gourmande pour le poulet de Bresse (je ne suis pas vache, je vais dire que j'aime toutes les volailles) et j'apprécie de le cuisiner. Si le poulet rôti est étonnant de suavité dans la simplicité de sa peau dorée par une cuisson minutieuse, j'ai un certain faible pour une spécialité lyonnaise qui fait toujours les beaux jours des authentiques bouchons lyonnais : le poulet au vinaigre. La recette est élémentaire : un poulet, du vinaigre, de la crème fraiche. A l'instar du poulet à la crème, ma bibliothèque regorge de recettes. Je me suis inspiré de la mère Léa, dont le restaurant La Voûte, chez Léa, est toujours place Antonin Gourjus, à 50 mètres de chez moi. Repris par Philipe Rebatel il y a 28 ans de cela, vous pouvez déguster un poulet au vinaigre accompagné d'un gratin de macaronis crémeux.

Poulet au vinaigre

Pour 6 personnes

Préparation : 25 min - Cuisson : 45 min
Ingrédients : 1 poulet de Bresse ou un poulet fermier de 1,6 kg à 1,8 kg , 3 gousses d'ail, 5 échalotes, 1 litre de bouillon de volaille, 50 cl de crème fraiche épaisse, 1 cuillère à soupe de concentré de tomates, 15 cl de vinaigre de vin rouge vieux, 15 cl de vin blanc sec, 1 cuillère à soupe de vinaigre à l'estragon, 100 g de beurre, 1 cuillère à soupe d'huile, 1 cuillère à soupe de fécule, sel fin, poivre du moulin.

Découper (ou faire découper par le volailler) le poulet en 8 morceaux (soit deux morceaux par cuisse, deux filets et deux ailes). Les assaisonner de sel et de poivre du moulin et les faire revenir dans une poële avec un bon morceau de beurre et un peu d'huile (pour éviter le noircissement du beurre). Faire dorer les morceaux régulièrement en les retournant sur toutes les faces. Les débarrasser sur une assiette recouvertes de papier absorbant. Dans la poële, ajouter la carcasse coupée en trois. Faire de même que pour les morceaux. Enlever la carcasse, jeter la matière grasse.

Hacher les gousses d'ail et les oignons finement et les faire dorer dans une cocotte à feu moyen dans du beurre pour qu'ils deviennent translucides sans trop se colorer. Ajouter le concentré de tomate puis déglacer avec le vin blanc et le vinaigre de vin vieux. Faire réduire de moitié. Ajouter le bouillon de volaille et réduire le feu.

Ajouter les morceaux de poulet et de carcasse dans le bouillon et faire cuire à feu moyen (petits bouillons) pendant 20 minutes.

Débarrasser le poulet en le conservant au chaud. Faire réduire le jus de cuisson de moitié. Dans une tasse, mélanger la cuillère de fécule avec une petite louche de bouillon, bien la dissoudre et la verser dans le jus de cuisson. Ajouter la cuillère de vinaigre à l'estragon, la crème fraîche et faire réduire un peu la sauce qui doit napper la cuillère.

Répartir les morceaux de poulet dans le plat de présentation et napper de sauce préalablement passée au chinois. Servir aussitôt.

Le poulet au vinaigre peut être accompagné d'un gratin de macaronis, d'un gratin dauphinois, d'un gratin de cardons ou d'un riz créole.

Nota : j'ai choisi un vinaigre de vin rouge vieux bio, élevé en fût de chêne et proposé dans les magasins Biocoop. Le vinaigre à l'estragon était bio aussi.

mardi 26 décembre 2006

Cake au pesto et au parmesan

Que servir à l'apéritif ? Vaste question lorsque l'on veut sortir des cacahuètes et des chips... Ayant un petit stock de cubes de pesto au congélateur, j'ai eu l'idée d'un cake au pesto pour mon dîner du 16 décembre 2006. Une pointe nostalgique d'été dans la grisaille de l'automne. Mais le pesto allait se sentir un peu sol, je lui ai donné le parmesan comme compagnon de cuisson. J'avais même pensé à acheter des tomates séchées à l'huile pour réveiller la verdeur avec une touche de rouge. Las, j'ai oublié de les ajouter dans la préparation. Finalement, le pesto, le basilic et le parmesean étaient suffisants pour nous ramener en plein été.

Cake au pesto et parmesan

Pour 6 personnes - un moule à cake de 26 cm

Préparation : 15 min - Cuisson : 45 min
Ingrédients : 110 g de beurre ramolli, 4 oeufs, 3 cuillères à soupe de pesto ou 3 glaçons de pesto, 1 bouquet de basilic frais, 200 g de farine, 1 paquet de levure chimique, 150 g de parmesan fraîchement râpé, 5 cl de lait, 2 pincées de sel, du poivre

Préchauffez votre four à 180°C (thermostat 6). Dans un saladier, mélangez le beurre ramolli, les œufs entiers et le pesto. Tamiser la farine et l'ajouter avec la levure. Incorporer le parmesan rapé, les feuilles de basilic ciselées et le lait et bien mélanger, pour que la pâte soit homogène. Saler et poivrer. Verser ce mélange dans un moule à cake beurré.

Cuire 15 minutes à 180°C puis 30 minutes à 150°C. Démouler 10 minutes après la sortie du four et laisser complètement refroidir sur une grille.

En été, ce cake peut être servi avec une salade de mesclun, quelques feuilles de roquette...

Pesto alla genovese

Comment faire du pesto alle genovese selon les règles ? Si dans son blogue, Spicy life, Nicolas, franchisé de la marque Olio&farina parle souvent du pesto qu'il vend comme étant l'un des meilleurs d'Italie, il n'en donne pas pour autant la recette. Pourtant, cette sauce traditionnelle métamorphose les pâtes les plus banales en bouchées gorgées de soleil, de cyprès et de basilic, faisant exploser dans la bouche les parfums de ce coin d'Italie que tout gourmet garde secrètement au fond de lui. C'est sur le net que j'ai trouvé la recette officielle du pesto alla genovese, sur le site Mangiare in Liguria. Cette recette est présentée par le Consortium du pesto à la génoise...

La voilà en version originale...

INGREDIENTI PER CONDIRE 600 GR. DI PASTA
Basilico (Ocimum Basilicum) - 4 mazzetti di foglie di basilico fresco
Olio extravergine di oliva - 1 bicchiere
Formaggio grattugiato - 3 cucchiai di parmigiano DOP "Parmigiano Reggiano" e 3 di pecorino "Pecorino" (romano, toscano, sardo o siciliano)
Aglio - 2 spicchi
Pinoli - 1 cucchiaio
Noci (facoltative)
Sale grosso - qualche grano

PREPARAZIONE DEL PESTO ALLA GENOVESE
Per fare il vero Pesto alla genovese occorrono un mortaio di marmo e un pestello in legno, tanta diligenza e pazienza.

La prima ricetta scritta del pesto che ci è giunta risale alla metà dell'800 e da allora, salvo sbrigative profanazioni nella tecnica d'esecuzione, non è cambiata. Per prima cosa bisogna lavare in acqua fredda quattro mazzi di basilico, naturalmente genovese, e poi metterli ad asciugare su un canovaccio, nel frattempo nel mortaio si deve pestare uno spicchio ogni trenta foglie d'aglio, la ritualità sta anche nelle dosi.

L'aglio deve essere dolce, non deve prevalere pur facendosi sentire nel sottofondo…insomma non può mancare! E non deve mancare neppure il sale grosso, aggiungetene qualche grano. A questo punto, ma non tutte insieme (sono merce preziosa non erbetta qualunque!), vanno aggiunte le foglioline e si inizia con un dolce movimento rotatorio e prolungato a pestarle nel mortaio.

Ricordatevi che gli oli essenziali del basilico sono conservati nelle venuzze delle sue foglie e che per ottenere il miglior gusto, bisogna non pestare gravemente ma ruotare leggermente il pestello in modo da stracciare, non tranciare, le profumate foglioline. Il suono del pestello di legno contro i bordi del mortaio accompagnerà il nostro lavoro.

Quando il basilico stilerà un liquido verde brillante sarà il momento di aggiungere i pinoli, una manciata. I pinoli che ammorbidiranno e amalgameranno la salsa, le regaleranno quel bouquet gentile che fa da contraltare all'aglio, sono un di più, il tocco d'artista. Quelli di qualità migliore sono nazionali e, naturalmente, sono più cari, ma in questa occasione vogliamo sfatare il mito della parsimonia dei genovesi e sceglieremo per il meglio, d'altronde i pinoli sono presenti in tutte le nostre ricette importanti.

E' giunto il momento dei formaggi: parmigiano reggiano e pecorino sardo, entrambi DOP, adeguatamente stagionati. Ed infine l'olio extravergine d'oliva, versato a goccia, naturalmente italiano dal sapore non particolarmente aggressivo, non particolarmente intenso, ideale per sposare tutti gli ingredienti senza sopraffarli.

Un'ultima raccomandazione : la lavorazione deve avvenire a temperatura ambiente e deve terminare nel minor tempo possibile per evitare problemi di ossidazione. A questo punto il pesto è pronto e può essere utilizzato per condire le troffie, le trofiette, le trenette avvantaggiae, i mandilli de saea, veri must della nostra cucina, e perfezionare il minestrone.

Oggi, nell'era della fretta, per fare il pesto si usa anche il frullatore, ma la migliore soluzione è sempre quella... "all'antica" !!!

Je n'ai jamais appris l'italien mais je me débrouille un peu en latin. Voilà ma recette...

Pesto à la génoise

Préparation : 15 min

Ingrédients : 4 poignées de feuille de basilic, un verre (15 cl) d'huile d'olive vierge, 3 cuillères à soupe de parmesan rapé AOC "parmigiano reggiano", 3 cuillères à soupe de pecorino romano rapé (romano, toscano, sardo ou siciliano), 2 gousses d'ail, une cuillère à soupe de pignons de pin, des noix (facultatif), quelques grains de gros sel

Pesto à la génoise - ingrédients

Dans le bol d'un mixer, placer les feuilles de basilic lavées et séchées, les gousses d'ail coupées en morceaux, les pignons et le gros sel.

Pesto à la génoise

Donner quelques impulsions puis ajouter l'huile d'olive.

Pesto à la génoise

Verser dans un bol, ajouter le parmesan et le pecorino en remuant avec une spatule. C'est fini

Pesto à la génoise

Pesto à la génoise

Pesto à la génoise

Pour des raisons pratiques, je congèle le pesto dans un bac à glaçons pour pouvoir l'utiliser en hiver... Le pesto se conserve très bien au réfrigérateur, couvert d'huile d'olive, pendant plusieurs jours. Je n'ai pas ajouté de noix.

Je l'ai utilisé dans un cake au pesto et au parmesan pour un apéritif... La recette fera l'objet d'un prochain billet.

samedi 2 décembre 2006

La cervelle de canut ou claqueret

Armes de la ville de Lyon

Parmi les spécialités lyonnaises, il en est une que j'apprécie pour sa fraîcheur et sa légèreté, surtout après un repas copieux comme l'on peut en faire à Lyon : la cervelle de canuts, un fromage blanc battu avec de la crème et mêlé d'herbes aromatiques fraîches. Lorsque les métiers à tisser à bras, inventés par Jacquard, rythmaient encore des leurs claquements secs la vie des ouvriers en soie, la cervelle de canuts constituait souvent l'essentiel du repas d'un canut. Son nom de claqueret proviendrait du fait que le fromage blanc doit être bien battu (claqué) pour que la recette soit réussie. La tradition conseille de prendre un fromage blanc « mâle », à savoir très ferme : il doit être très égoutté. J'ai recensé cinq recettes de ce fromage dans mes livres, la plus pittoresque étant livrée par Paul Lacombe, de Léon de Lyon (maison tenue aujourd'hui par son fils, Jean-Paul Lacombe).

Recette : Cervelle de canuts ou claqueret battu aux petites herbes (in La cuisine lyonnaise de Félix Benoit et Henry Clos-Jouve paru en 1975 chez Solar) - Ingrédients : fromage blanc mâle, sel, poivre, petites herbes, ail, crème, vin blanc, huile, vinaigre
1. Choisir un fromage blanc « mâle », c'est-à-dire pas trop mou, que l'on commence à battre comme si c'était sa femme. Quand on l'a bien claqué, il devient « claqueret». Et c'est en cet instant suprême que l'on y met du sel, du poivre, des « chayottes », des petites herbes et que l'on pique d'ail pour tenir la langue au frais.
2. En outre, le dimanche, on y ajoute de la crème, du vin blanc, un peu d'huile et un filet de vinaigre. En précisant qu'un « claqueret» réussi ne reproche jamais.


Recette : Cervelle de canuts (in Aimer la cuisine lyonnaise de Stéphane Gaborieau paru en 2004 aux Editions Ouest-France) - Pour 4 personnes - Ingrédients : 2 fromage blanc bien égouttés, 1 échalotte ciselée, 1/2 bouquet de ciboulette ciselée, 1/2 gousse d'ail hachée, 1 cuillère à soupe de vinaigre, 3 cuillère à soupe d'huile d'olive, sel, poivre, vin blanc sec facultatif.

Recette : Cervelle de canuts (in Aimer la cuisine des bouchons lyonnais d'Emmanuel Ferra paru en 2006 aux Editions Ouest-France) - Pour 8 personnes - Ingrédients : 16 fromage blancs en faisselle de 125 g bien égouttés, 1/2 botte de cerfeuil, 1/2 botte de persil plat, 1 botet de ciboulette, 2 échalottez, 2 gousses d'ail, 4 cuillères à soupe de vinaigre, 4 cuillère à soupe d'huile d'olive, sel, poivre.

Finalement, j'ai choisi la recette présentée dans le volume Rhône-Alpes de la série L'inventaire du patrimoine culinaire de la France, paru en 1995 chez Albin michel/CNAC parce qu'elle se rapproche de l'esprit de la préparation traditionnelle de Paul Lacombe. Toutefois, elle ne comprend pas d'ail, j'ajoute donc une gousse hachée

Cervelle de canuts ou claqueret

Pour 4 personnes

Préparation : 10 min

Ingrédients : 400 g de fromage blanc acheté non battu et bien égoutté, 20 g d'échalottes, 4 branches de persil plat, 6 branches de cerfeuil, 6 branches de ciboulette, 10 cl d'huile d'olive, 5 cl de vinaigre de vin blanc, 5 cl de vin blanc, 10 cl de crème légère (ou de crème liquide UHT), sel, poivre + une gousse d'ail hachée


Dans une terrine, battre avec vigueur (claquer) le fromage, avec une spatule, jamais au fouet. Incorporer délicatement les échalottes, le persil, le cerfeuil et la ciboulette, le tout très finement ciselé puis l'huile,le vinaigre, le vin, le sel et le poivre. Placer deux à trois heures au réfrigérateur.

Fouetter la crème bien froide pour la monter et l'incorporer délicatement à la spatule au fromage. Remettre au réfrigérateur jusqu'au moment de servir.

Ce fromage peut être présenté à l'apéritif, sur des tranches de pain grillé (un pain de campagne...) ou en entrée, avec des pommes de terre chaudes.

Un prochain billet sur le fromage fort... un délice pour l'haleine ;-)

dimanche 19 novembre 2006

Un riz au lait tout simple...

Que faire un après-midi d'automne froid, gris et humide ? Se jeter par la fenêtre ? Pourquoi pas, bien que je sois agacé par le côté définitif de l'acte. On peut aussi parcourir son réfrigérateur et apercevoir une belle bouteille de lait entier frais et aussitôt penser que l'on abrite sur un rayon de la bibliothèque un livre à damner les anges : Délices de laits de Laurence et Gilles Laurendon.

Délices de lait paru chez Marabout

C'est le livre de l'enfance, vécue ou rêvée, qui accumule au fil des pages les souvenirs lactés, la douceur d'une mère et le sourire d'une grand-mère, l'extase des palais nostalgiques d'un avant rassurant, le doudou des adultes esseulés dans un monde brutal... Et hop, un tour dans le placard, un paquet de riz rond est blotti derrière des pâtes semi-complètes bio : j'entends son appel angoissé, il a besoin de tendresse, d'un bon lait entier immaculé dont il se gorgera avant de fondre dans la bouche.

Riz au lait tout simple

Pour 4 personnes

Préparation : 10 min - Cuisson : 35 min

Ingrédients : 1 litre de lait entier*, 200 g de riz rond, 25 cl de crème fraîche fleurette**, 120 g de sucre, une gousse de vanille


Faire chauffer le lait dans une casserole avec la gousse de vanille préalblement fendue et grattée pour bien récupérer les petites graines. RIncer le riz.

Le jeter dans la casserole, couvrir et faire cuire à feu très doux pendant 30 minutes. Ajouter le sucre, mélanger et remettre sur le feu pendant 5 minutes. Ajouter enfin la crème fraïche.

Servir tiède ou froid.

*Pour le lait entier, et les lyonnais ;-), je vous recommande le lait microfiltré de la laiterie de Villefranche-sur-Saône avec la vache Marguerite sur la bouteille : le lait n'est pas chauffé et garde son parfum inimitable de lait cru (les risques sanitaires du lait cru en moins). Nota : le site de la laiterie est optimisée, hélas, pour IE et non Firefox dans lequel les schémas ne s'affichent pas.

**La crème fleurette (liquide) n'est pas dans la recette d'origine mais mes racines normandes m'ont intimé l'ordre de l'ajouter. J'ai obéi sans trop discuter. Très bonne idée pour un riz au lait crémeux à déguster avec un bon livre
.

samedi 19 août 2006

Gratin dauphinois - LA vraie et seule recette valable !

Armes de la ville de Lyon

Pendant de nombreuses années, ma mère a tatonné pour confectionner un gratin dauphinois. Nous avions l'habitude d'aller, pour les vacances d'hiver, à Villard-de-Lans ou Autrans, deux stations réputées pour le ski de fond que je pratiquais alors de manière assidue (heu, non, en fait, je n'aime pas la montagne mais je devais suivre mes parents). Nous allions alors régulièrement déjeuner ou dîner dans un restaurant appelé La Petite Auberge, à Villard et ma mère n'osait pas demander au cuisinier le secret de son gratin si merveilleux que nous regrettions les tentatives qu'elle faisait pour nous régaler en rentrant, tout au long de l'année... Elle avait tout essayé, du lait pour cuire les pommes de terre avant de les faire gratiner, des oeufs, du fromage, bref beaucoup de combinaisons pour des résulats décevants. Puis une amie lui a conseillé de n'utiliser que de la crème fraîche liquide et le miracle fut là, sur la table familiale, un plat de terre rempli d'une gratin fumant, doré, fleurant bon la crème et dont les pommes de terre fondantes à souhait emplissaient nos palais d'une suavité inégalée.

Beaucoup de recettes sur le net, dans des livres ou des revues donnent pour ingrédients le lait, les oeufs et le fromage ! Triple hérésie : les pommes de terre cuites dans le lait forment une masse informe dont les tranches se brisent lamentablement lorsqu'elles passent de la casserole au plat à gratin ; les oeufs, en coagulant lors de la cuisson, parsèment le gratin de petits grains blanchâtres désespérément inesthétiques et insipides ; le fromage rapé absorbe le liquide et assèche le gratin.

En revanche, L'Inventaire du patrimoine culinaire de la France, dans le volume consacré à la région Rhône-Alpes, donne la recette traditionnelle du gratin dauphinois. Dans le Vercors, au pays, comme on dit, il est appelé tatoille, parce que les pommes de terre sont coupées en rondelles,les taillons. Le choix des pommes de terre est primordial : il faut une chaire jaune, la bintje ou la BF15 conviennent. La crème est aussi essentielle : c'est la crème fleurette, crème liquide qui éviter la formation de grumeaux. Faut-il ajouter une râpure de musade ? Pour ma part, je pense que son parfum particulier se marie fort bien avec la douceur du plat (tenez, en passant, saviez-vous que l'ingestion d'une noix de muscade entière est mortelle pour l'homme ?). Sur le net, je l'ai trouvé aussi sous le nom de gratin dauphinois du pays des Quatre Montagnes (les quatre motagnes étant Lans-en-Vercors, Villard de Lans, Autrans et Sassenage. Il est temps de vous révéler la recette...

Gratin dauphinois

Pour 4 personnes

Préparation : 20 min - Cuisson : 50 min

Ingrédients : 1 kg de pommes de terre à chair jaune, 1 gousse d'ail, 1 petit navet frais, 50 g de beurre, de la crème fleurette en quantité suffisante pour recouvrir toutes les pommes de terre (environ 75 cl), muscade, sel et poivre du moulin

Préchauffer le four à 150 ° C, thermostat 5.

Peler les pommes de terre, les couper en tranches régulières d'environ deux millimètres d'épaisseur, les laver, les éponger soigneusement dans un torchon propre.

Frotter le plat à gratin en terre d'une gousse d'ail puis d'une tranche de navet et le beurrer ensuite soigneusement. Etaler les rondelles de pommes de terre. Dans un saladier, assaisonnet la crème liquide de sel, de poivre et de quelques rapures de muscade. Verser la crème dans le plat pour recouvrir entièrement les pommes de terre. Rajouter, au besoin, de la crème. Parsemer la surface de noisettes de beurre.

Enfourner pour au moins 50 minutes à une heure (voire plus) : la lame d'un couteau doit s'enfoncer facilement dans le gratin. Dans le dernier quart d'heure, augmenter la température à 180 °, thermostat 6, pour faire dorer la surface.

Servir très chaud, en accompagnement d'une viande grillée (côte de boeuf, gigot, poulet rôti), et proposer un vin du Jura ou un vin rouge léger d'Anjou ou de la Loire...

Liqueur de framboise

Les framboises, cette année, sont belles et bonnes. Mûres à point, je les utilise pour une liqueur de framboise personnelle dont voilà la recette. L'alcool utilisé est de l'alcool à 90 ° (non dénaturé) que vous acheterez chez votre pharmacien préféré et compréhensif (il n'est pas sensé vous vendre de grandes quantités d'alcool...).

Liqueur de framboise

Ingrédients : 80 cl d'alcool à 90°, 1 l d'eau, 1 kg de sucre, 800 g de framboises, 1 citron, 1 gousse de vanille, 1 bâton de cannelle

Nettoyer les framboises bien mûres voire très mûres et molles. Les mettre dans un bocal et les écraser grossièrement, ajouter le jus d'un citron, le zeste, la gousse de vanille fendue et grattée (les graines sont aussi ajoutées) et un bâton de cannelle. Couvrir de 80 cl d'alcool, fermer et oublier pendant deux semaines dans un endroit sombre.

Préparer un sirop en portant à ébullition 1 l d'eau mélangé à 1 kg de sucre, couvrir et laisser refroidir. Mélanger ensuite le sirop aux framboises, filtrer soigneusement et mettre en bouteille.

La liqueur se conserve sans problème pendant plus d'un an...

Nota : bien presser les framboises au moment du filtrage afin d'exprimer tout le jus. Le filtrage (au moyen d'une passoire recouverte d'une étamine ou d'un morceau de toile de lin) évite les morceaux en suspension dans la liqueur et donne à celle-ci une couleur rouge profond extraordinaire, un rouge framboise, en fait.

Vous pouvez diminuer la quantité de sirop à 80 cl d'eau et 800g de sucre (voire moins), ce qui, mathématiquement fera monter le titre d'alcool de la framboise.

Les bouteilles de limonade à l'ancienne, de la marque Lorina, par exemple, avec leur bouchon de porcelaine blanche et leur petit caoutchouc sont particulièrement adaptées à la conservation de la liqueur.

La liqueur peut être dégustée nature, à température ou sur des glaçons ou napper un sorbet à la framboise...

lundi 20 mars 2006

Quiche à la Lorraine

Hier, dimanche, veille de ce printemps tant espéré, il fallait que je trouve une entrée au repas que j'offrais à ma famille pour l'anniversaire de ma mère.

J'ai longuement parcouru les milliers de recettes de mes livres et revues dans les jours qui ont précédé avant d'arrêter mon choix sur une quiche lorraine.

Plat simple mais délicieux qui précéda un poulet de Bresse aux morilles

Autrefois, elle était faite de pâte à pain. Aujourd'hui, la pâte brisée ou feuilletée ensère dans son fond un mélange de crème fraîche et d'oeufs dans lequel nagent des lardons fumés. Certains ajoutent du gruyère. Il n'y en a point dans la recette que je fais, à l'instar des Lorrains.

Quiche à la Lorraine

Pour 8 personnes

Préparation : 30 min - Cuisson : 30 min - Pour un plat à tart de 24 cm de diamètre

Ingrédients pour la pâte brisée : 250 g de farine, 125 g de beurre frais, 1 jaune d'oeuf, 1 pincée de sucre semoule, 5 g de sel, 5 cl d'eau
Ingrédients pour l'appareil : 3 oeufs entiers et 2 jaunes, 25 cl de lait entier, 25 cl de crème fraîche épaisse, sel fin, poivre de cayenne, noix de muscade, 300 g de poitrine de porc maigre fumée (lard), 20 g de beurre (pour la cuisson du lard)


Préparer la pâte brisée en plaçant, tout d'abord, la farine en fontaine. DIsposer le beurre légèrement ramolli (sortir le beure quelques heures auparavant du réfrigérateur) coupé en morceaux au centre, le jaune d'oeuf, la pincée de sucre et le sel fin.Mélanger les ingrédients du bout des doigts puis ramener, petit à petit, la farine au centre et terminer avec l'eau froide. Fraiser la pâte (la pousser et l'écraser avec la paume de la main) pour obtenir un ensemble homogène en prenant garde à ne pas la travailler trop longtemps pour qu'elle ne devienne pas élastique. Former une boule, l'envelopper d'un linge ou d'un papier sulfurisé avant de la placer au moins une heure au réfrigérateur.

Beurrer le moule à tarte. Fleurer le plan de travail (saupoudrer le de farine), abaisser la pâte à l'aide d'un rouleau à pâtisserie pour obtenir une épaisseur de 3 mm avant de foncer le moule. Résever au réfrigérateur.

Préchauffer le four à 220°C, thermostat 7.

Mettre dans un saladier les oeufs entiers et les jaunes et les battre à la fourchette. Ajouter le lait, la crème le sel fin (attention, le lard est salé), la pointe de poivre de Cayenne, et une ou deux rapures de muscade. Mélanger avant de passer l'appareil au chinois.

Tailler le lard fumé en petits lardons après avoir enlevé la couenne. Faire bouillir un litre d'eau puis jeter les lardons et le retirer au moment de la reprise de l'ébullition. Les égoutter. Faire fondre 20 g de beurre dans une poêle et daites revenir les lardons sans les faire rissoleren les remuant sans cesse avec une spatule en bois pendant 3 min. Egoutter les dans une passoire avant de les laisser refroidir.

Reprendre le moule pour garnir la pâte des lardons avant de verser l'appareil à quiche. Glisser dans le four chaud. Au bout de 5 min, abaisser la température à 180°C, thermostat 5/6, et laisser cuire 25 min. Le dessu doit être doré.

Démouler la quiche tiède pour la servir.

samedi 25 février 2006

Poulet à la crème grand mère Blanc - Poulet à la crème aux morilles

Armes de la ville de Lyon

Régulièrement, je prépare un poulet à la crème, très souvent avec des morilles. Je suis la recette de Georges Blanc.

Par curiosité, après des recherches dans ma bibliothèque, j'ai trouvé une dizaine de recettes de poulet à la crème.

Les différences portent essentiellement sur la quantité de crème et de vin blanc et sur la paternité régionale de la recette, lyonnaise ou bressane...

Un petit résumé s'impose, par ordre chronologique de parution de la recette.

Recette : Poulet sauté à la crème (in Larousse gastronomique de Prosper Montagné paru en 1938 chez Larousse) - Ingrédients : 20 cl de crème fraîche

Recette de P.-A. GABET, Hôtel du Sauvage à Tournus : Volaille de Bresse à la crème (in Bons plats, bons vins, sous la direction de Curnonsky, paru en 1950 chez Maurice Ponsot) - Ingrédients : bouillon + eau salée, deux cuillères à soupe de crème double, cognac, liaison avec un beurre manié (beurre + farine) - Vins conseillés : Mercurey, Côte-Rôtie (Chapoutier), Côtes-du-Rhône, Bandol rouge ou rosé

Recette de M. CRANCE, Hôtel du Sauvage à Tournus : Poulet de Bresse à la crème (in Cuisine et Vins de France, sous la direction de Curnonsky, 1ère édition de 1953 chez Larousse) - Ingrédients : 5 cl de cognac, 50 cl de bouillon, 50 cl de crème double, 75 g de farine + liaison avec un beurre manié - Vins conseillés : en blanc, Côtes-de-Provence, Pouilly-Fumé, Champagne nature ou mousseux sec, Arbois, Graves, en rouge, Côtes-de-Beaune ou Beaujolais, Chinon ou Bourgueil

Recette de J. Bouron, Hôtel Bellevue aux Roches de Condrieu : Poulet aux morilles à la crème (in La cuisine lyonnaise, de Félix Benoit et Henry Clos-Jouve, paru en 1975 chez Solar) - Ingrédients : 20 cl de vin blanc sec, 40 cl de crème fraîche double, 1 cuillère à soupe de farine - morilles

Recette de La Mère Brazier : Poulet à la crème aux morilles (in Les secrets de la mère Brazier de Roger Moreau, paru en 1977 chez Solar) - Ingrédients : 50 cl de crème fraîche, 1 cuillère à soupe de farine - morilles - Vins conseillés : Beaujolais nouveau ou Côtes-du-Rhône

Recette de Paul Bocuse, à Collonges-au-Mont-d'Or : Poulet de Bresse sauté à la crème comme à Louhans (in Bocuse dans votre cuisine, paru chez Flammarion en 1982) - Ingrédients : 1/2 bouteille de mâcon blanc, 20 cl de crème fraîche, 1 cuillère à soupe de farine + liaison possible avec deux jaunes d'oeufs

Recette : Poulet à la crème (in Rhône-Alpes, produits du terroir et recettes traditionnelles, dans la série L'inventaire du patrimoine culinaire de la France, paru en 1995 chez Albin Michel) - Ingrédients : 50 cl de crème fraîche, liaison avec 4 jaunes d'oeuf