Apartés uchroniques

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samedi 19 avril 2008

La blogosphère gagne un nouveau blogueur...

Philippe, Philou, Phil, bref, mon ami depuis plus de trente sept ans (relire ici nos retrouvailles virtuelles) si loin, perdu dans Toulouse et pourtant si proche, s'est enfin laissé persuadé d'ouvrir son blogue ! Le nom de domaine retenu, j'ai mis en place la structure de son webcarnet pour lui offrir l'espace de liberté dont il avait besoin.

Le coq du Causse est ouvert depuis peu. Je vous laisse le soin de découvrir son monde à travers ses premiers billets. Je veux seulement vous dire que pendant notre enfance, jusqu'au CM2, nous avons été les plus proches amis et que son départ pour Sète a été, pour nous deux, une vraie déchirure. Sans nouvelle pendant presque trente ans, nous avons rapidement retrouvé notre complicité d'antan, nos chamailleries, nos fous rires. Un seul bémol pourtant : il est un thuriféraire de Napoléon l'usurpateur... Nul n'est parfait ;-)

samedi 10 février 2007

Des toiles, des rêves, un peintre, une amie...

J'ai découvert le monde de Patricia au fil de rencontres et de conversations lors des promenades de mon chien. Peu à peu, elle a entrouvert la porte d'un univers qu'elle dissimule précieusement derrière un grand sourire et des petites lunettes rondes. Lorsqu'elle m'a annoncé que son fils créait un site pour présenter sa peinture, je lui ai proposé de lui poser quelques questions pour faire connaissance et permettre de la découvrir...

Marche dans le désert, Patricia Marmier
Marche dans le désert © Patricia Marmier

Le monde de Patricia Marmier...

Quand as-tu commencé à peindre ?

J'ai toujours peint, mais surtout dessiné (ou gribouillé) mais de façon ponctuelle. Petite fille, dans le grenier de ma grand- mère, j'avais mon « atelier ». En 1999, le merveilleux hasard de la vie m'a permis de rencontrer une peintre lyonnaise qui m'a transmis ses connaissances techniques de la peinture à l'huile. J'en rêvais depuis mon départ de Paris et ensuite tout est allé très vite, je me suis sentie tout de suite très à l'aise avec cette matière, j'avais le sentiment d'être une magicienne avec mes brosses, mes pinceaux et ma palette de couleur, créant des mondes, les défaisant ou les transformant.

Pourquoi avoir choisi la peinture comme moyen d'expression ?

- La peinture comme moyen d'expression... je vais dire que c'est un gène familial !!! ( pas loin d'une dizaine de peintres dans la famille proche), notamment une grand- mère détestable qui était aux Beaux-Arts dans les années 30 et qui a vu son rêve d'artiste s'écrouler à cause d'une grossesse... Plus sérieusement, c'est difficile à dire. C'est plus fort que moi, je ne peux m'empêcher de dessiner ou de peindre, c'est une nourriture, une respiration.

Ton univers est marqué par l'irréalité, par l'onirisme, la vie réelle est-elle si difficile à peindre ?

- Mon univers pictural ressemble à ma réalité, et j'en assume les conséquences. Lorsque, parfois, je suis obligée d'affronter ce que tu nommes la « vie réelle », je plonge en enfer (celui que Dante dépeint dans « La Divine Comédie ») et non seulement c'est absolument effrayant mais je m'interroge sur la capacité des êtres à endurer tant de souffrances. Et surtout pourquoi? cette vie réelle est pour moi une vie de souffrance et je n'en veux pas.

L'accueil des âmes, Patricia Marmier
L'accueil des âmes © Patricia Marmier

Le monde angélique est-il un moyen d'échapper à la pesanteur de la vie ?

- Oui, oui oui et encore oui !!!

L'ange est le médium utilisé par Dieu pour communiquer avec les hommes. En dessinant un ange, veux-tu t'adresser à Dieu ?

- La question de Dieu est en général une question difficile, beaucoup de réponses, mais peu me satisfont. Je dirais qu'à travers le dessin de l'ange, je vois le messager ou le témoin de l'existence de quelque chose de grand, d'une beauté ineffable qui emplit le cœur d'un bonheur indicible. Et cela se manifeste tous les jours, si l'on sait regarder ou écouter...

Tes tableaux présentent des femmes et des enfants mais aucun homme. Pourquoi ?

- J'ai dessiné des hommes (fusain, mine de plomb) mais il est vrai que jamais ils n'ont été mis en couleur sur une toile. Surement une question de temps peut-être en rapport avec l'histoire de ma vie. Je vais y songer sérieusement. Au fait sais-tu que j'ai fait quelques croquis de toi et de ton petit roi de Bellecour, Angus ?

Une grande sérénité se dégage de tes paysages. Quelle place tient la contemplation dans ta vie ?

- La contemplation est liée à jamais a ma vie. contemplation extérieure et contemplation intérieure. Je vais te confier un secret : j'ai reçu un seul don du ciel à ma naissance: la possibilité de voir, l'émerveillement du regard. Alors je regarde le monde, surtout la nature et je vois tant de beauté qui me paraissent en correspondance avec ce que l'on nomme les mondes intérieurs. J'essaie de le transcrire, de le communiquer afin de ne pas oublier.

Que ressens-tu lorsque tu cèdes un tableau ?

- Cela dépend, mais en général après avoir achevé un tableau, j'éprouve une curieuse nécessité à le garder un peu pour moi, le temps varie suivant l'œuvre. Ensuite le sentiment que j'éprouve s'apparente au détachement, comme si je fermais un livre après l'avoir lu et aimé passionnément l'histoire, mais une fois le livre achevé, j'en prends un autre.

Que ne peux-tu pas peindre ?

- Ce que je ne peux pas peindre ? Tout est possible, ce n'est pas tant au sujet du thème qu'il existe une impossibilité en peinture, a mon sens il s'agit plus d'un question d'expression picturale. Par exemple je suis incapable de peindre comme les peintres néo- réalistes dont les œuvres sont si parfaites techniquement que l'on croirait presque regarder une photo. Certains tableaux sont très beaux, d'autres moins intéressants. Mais ce n'est pas le style d'expression que je pratique.

Gao Xingjian a dit : « La peinture vient de l'endroit où les mots ne peuvent plus s'exprimer ». Crois-tu être mieux comprise en peignant qu'en parlant ?

- Je pense que Gao Xingjian dit tout dans cette phrase « La peinture vient de l'endroit où les mots ne peuvent plus s'exprimer ». Comment exprimer la beauté et la grâce d'un univers autre, ou différent de celui de la « réalité concrète » pour reprendre tes termes, avec des mots, et je ne parle pas du langage poétique qui lui a ce pouvoir, sans passer pour un fou ou une folle ?As tu une réponse ?

Le pommier, Patricia Marmier
Le Pommier © Patricia Marmier

Toutes les photos sont extraites du site de Patricia Marmier et sont reproduites avec l'aimable autorisation de l'artiste.

lundi 14 août 2006

Des amitiés auvergnates...

Le Calvaire - Châtel-Guyon

Mes amis d'Auvergne réclamaient ma venue depuis plus d'une année. J'ai donc cédé à leurs sollicitations affecteuses et suis parti trois jours, le chien sous le bras, pour Châtel-Guyon... Ville de cure, réputée pour ses eaux facilitant les flux intestinaux, Châtel-Guyon est hérissée de vieilles maisons de la fin du XIXe ou du début du XXe et de grands hôtels endormis qui rêvent encore de leurs splendeurs amidonnées. Il est plaisant de se promener dans les rues désertées de ce dimanche d'Assomption en espérant voir surgir, au détour de la porte d'une pension de famille, le corset raide et sombre d'une belle femme au sourire pincé dont le déhanchement discret du faux-cul entraînerait beaucoup dans des fantasmes d'étoffes de jais au parfum suranné.

La vieille ville domine les thermes et le Christ du Calvaire rappelle qu'il a connu la souffrance terrestre pour la rémission de nos péchés. La nuit, un savant éclairage illumine la croix et la métamorphose en phare d'éspérance, planté au sommet d'une butte battue par les vents. A ses pieds, l'église en pierre de Volvic, aumurs enduits de blanc, se désespère d'être désertée par ses fidèles et ses désservants. Pourtant, elle recèle un magnifique autel du XVIIIe en bois doré et des fresques récentes (de la fin des années 80) présentant l'Evangile. Pendant ces trois jours, je me suis souvent promené sur la butte du calvaire, flanque du chien, jetant un regard circulaire sur cette Auvergne humide et sombre à laquelle j'ai du mal à me faire. Mes pensées se perdaient alors dans la chaîne des puys et je renoncai à retenir les dizaines de noms des ces élévations volcaniques. Rome est à 1400 kilomètres, selon la table d'orientation. Aucune précision pour Lyon ou Le Havre : seuls de tendres souvenirs me projettent vers elles.

Le retable du XVIIIe de l'église - Châtel-Guyon

J'aime mes amis et j'envie l'harmonie de leur famille. Je découvre avec une joie bien douloureuse (parce qu'elle me confronte à un amour que je ne soupçonnais pas) qu'elle a, parmi les clichés de ses enfants et de son mari, inclut la dernière photo qu'elle avait prise de moi, en décembre 2004. Je ne savais pas que je comptais autant pour elle, elle avec qui je refusais d'approfondir la relation amoureuse qui était née il y a vingt ans cette année et que je manquais d'épouser. Et ce qui me touche encore plus, c'est l'amitié que me porte son mari et ses enfants...

A suivre avec Tournöel et Clermont-Ferrand

mercredi 11 mai 2005

Mon Bordeaux

Bordeaux se découvre par son quai des Chartrons, interminable, long alignement de façades épousant la courbe de la Garonne. Voulu par le marquis de Tourny au XVIIIe siècle, ce quai plonge le promeneur vers 1750. Bordeaux est belle dans cet écrin de pierre blonde. La perfection de la place de la Bourse me laisse admiratif. Je détaille les mascarons des façades, emblêmes de la ville, passant d'un visage grimaçant à un oeil coquin pour relever ces deux visages de femmes noires, souvenirs d'un esclavage qui marqua la ville et contribua, indirectement, à sa fortune d'hier. Elles esquissent presque un sourire. Ou alors sont-elles résignées. La silouhette désséchée d'un arbre mort a été habillée de métal et haubannée, peut être pour rappeler les cordages des vieux gréments. Les docks des quais, datant du XIXe, ont été aménagés après le ravalement de leurs façades, sous l'impulsion de la mairie actuelle. Bordeaux est sorti de la noirceur de sa torpeur pour assumer son histoire et s'offrir un bel avenir.

Le tramway vient chatouiller les façades : mécanique insolite, exotique, dans un décor de Comedia dell'arte. Ses rames rejouent constamment l'opéra d'une ville qui ne voulait pas mourir. La résille argentée des nouveaux lampadaires de la Garonne varie avec la lumière. Les bittes d'amarrage sont orphelines de leurs rêves passés. Le fantôme du croiseur Colbert, vestige d'un autre temps aux larmes de rouille, n'en finit pas d'attendre les visiteurs. On dit que Bordeaux est devenue une étape pour les grands paquebots de croisière depuis le réaménagement des quais. Ils n'ont pas encore regagné l'animation qu'ils connurent du temps de la splendeur marchande de la ville : les flâneurs ne remplacent pas les négociants, les tonneaux de vin claret partant pour l'Angleterre manquent toujours à la rivière. Alors je tourne mon regard vers les façades. Juste pour fermer les yeux et penser à ce siècle lumineux désespérement disparu dans le sang.

Le quai des Chartrons - BordeauxLa place de la Bourse - BordeauxLa place de la Bourse - BordeauxLa place de la Bourse - BordeauxLa place de la Bourse - BordeauxLa place de la Bourse - BordeauxLa place de la Bourse - BordeauxLa place de la Bourse - BordeauxLa place de la Bourse - BordeauxLa place de la Bourse - BordeauxLa place de la Bourse - BordeauxLa place de la Bourse - BordeauxLa place de la Bourse - BordeauxLa place de la Bourse - BordeauxUn mascaron sur la place de la Bourse - BordeauxUn mascaron sur la place de la Bourse - BordeauxUn mascaron sur la place de la Bourse - BordeauxUn mascaron sur la place de la Bourse - BordeauxUn mascaron sur la place de la Bourse - BordeauxLe quai des Chartrons - BordeauxLe quai des Chartrons - BordeauxLe quai des Chartrons - BordeauxLe quai des Chartrons - Bordeaux

Je rentre dans la vieille ville par la porte Cailhau, élevée à la fin du XVe siècle : comme dans toute la ville, les immeubles sont bas, trois étages au plus sur un entresol. Les rues étroites gardent encore la fraicheur. Les façades sont souvent décorées de mascarons ou de pilastres et c'est un jeu de chercher à découvrir les visages les plus droles. J'aime la place du Parlement, avec sa fontaine joyeuse. La monotonie apparente des bâtiments est adoucie par ces mascarons omniprésents. S'arrêter et prendre un verre à l'une des terrasses tandis que le soleil décline... Les cafés sont, à mon avis, les meilleurs endroits pour comprendre une ville : écouter les conversations des autres tables, regarder les passants, la ville se dévoile petit à petit. Ici, je suis dane le sud qui chante mai sans les exagérations provençales : accent plus doux et soleil moins lourd. Je connais la Provence, je préfère le Bordelais. La Cathédrale Saint-André et la tour Pey-Berland m'arrêtent quelques instants. Puis je poursuis en passant devant le palais de Rohan et la port Dijeaux. La place Gambetta est occupée par un charmant petit square, très fleuri, et dont un peintre essaye de figer les nuances sur une toile. Enfin le grand thétre et^la place des Quinconces. Une foire à la brocante l'anime aujourd'hui. Mickey sur son trône. A quoi pense-t-il ? Suis-je à ma place ?

La porte Cailhau - BordeauxLa porte Cailhau - BordeauxUne rue du vieux Bordeaux - BordeauxUne rue du vieux Bordeaux - BordeauxUne rue du vieux Bordeaux - BordeauxUne rue du vieux Bordeaux - BordeauxLa place du Parlement - BordeauxLa tour Pey-Berland - BordeauxLa tour Pey-Berland - BordeauxLa cathédrale Saint-André - BordeauxLes arcs-boutants de la cathédrale Saint-André - BordeauxLes arcs-boutants de la cathédrale Saint-André - BordeauxLa cathédrale Saint-André - BordeauxLes arcs-boutants de la cathédrale Saint-André - BordeauxLes arcs-boutants de la cathédrale Saint-André - Bordeaux /><img src=Le tympan du portail de la cathédrale Saint-André - BordeauxLa nef de la cathédrale Saint-André - BordeauxLe choeur de la cathédrale Saint-André - BordeauxLe lutrin dans le choeur de la cathédrale Saint-André - BordeauxLa chaire de la cathédrale Saint-André - BordeauxLa chaire de la cathédrale Saint-André - BordeauxLes orgues de la cathédrale Saint-André - BordeauxLes orgues de la cathédrale Saint-André - BordeauxLes orgues de la cathédrale Saint-André - BordeauxLes orgues de la cathédrale Saint-André - BordeauxLa porte Dijeaux - BordeauxLe square de la place Gambetta - BordeauxUn peintre - BordeauxLes armes de France sur la façade du grand Théâtre - BordeauxLa foire d'antiquités - Bordeaux

mardi 10 mai 2005

Mon océan...

L'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceL'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceL'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceL'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceL'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceL'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceL'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceL'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceL'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceLe n
banc du poissonnier - Lacanau-OcéanBaignade dangereuse - Lacanau-OcéanAgonie d'une méduse sur la plage - Lacanau-OcéanLe chardon des dunes - Lacanau-OcéanTouffes d'oyat dans les dunes - Lacanau-Océan

L'Atlantique, face à moi, crache ses vagues sur le sable blond. Il rugit, écume, roule et s'écrase, laissant derrière lui débris et coquillages. L'eau est encore froide mais si tentante. Les rouleaux s'enchaînent, frangés d'une écume blanche. Je contemple l'horizon. Au-delà de l'horizon, c'est le Canada. Le vent souffle toujours et soulève le sable sec des dunes. Un bourrasque le rabat sur moi. J'emplis mes poumons des parfums d'iode et d'algues. Des pas dans le sable. J'imagine le pied puis la jambe, puis... Il ne fait pas encore chaud. Pourtant, une image insensée assaille mon esprit : courir nu sur la plage puis plonger dans les rouleaux, me laisser emporter par les vagues, chahuté par le sac et le ressac pour mieux ressentir la puissance de l'océan. Ou ne plus rien ressentir.

Des hirondelles virevoltent au dessus du sable. Au loin, un enfant joue, sous le regard de ses jeunes parents. Je marche tranquillement, les pieds dans l'eau, les mollets régulièrement léchés par l'eau froide. Douce morsure. Je regarde les vagues se retirer, les trous de sable se vider lentement en attendant la prochaine haute mer. L'eau ravine les grains, ondule et brille sous le soleil. Des flaques laisse l'astre se refléter, éblouissant de blancheur. L'océan a donné à une algue les vagues contours de l'Afrique : je rêve de voyages, d'ailleurs, comme mes ancêtres marins et pêcheurs. Mon âme vagabonde de contrées inconnues en pays étranges : le chant des vagues m'hypnotise peu à peu. Bientôt, je frissonne. Plus loin, une méduse se déssèche petit à petit : masse gélatineuse translucide, juste veinée de dentelles parmes. Vit-elle encore ?

Le drapeau jaune, annonçant une baignade dangereuse, accroché au mat du poste de secours, claque au vent. Pourtant, des pêcheurs sont sortis avec leur zodiac : leur pêche, libérée des filets bleus, s'entasse sur l'étal de leur boutique : soles, maquereaux, bars frétillent à peine. L'océan a donné son tribut aux marins. Dans le caniveau, un petit crabe crapahute tant bien que mal vers la mer qu'il ne parvient plus à retrouver : encore quelques pas de côté et il tombera dans le gouffre de l'égoût. Une raie a été jetée sur le bitume du trottoir : elle est immobile. Elle ne sert à rien, elle ne sera pas vendue. Juste un déchet de la pêche. Sa peau n'est déjà plus luisante.

Je repars dans les dunes. Les touffes d'oyat résistent au vent, je m'asseoie et regarde l'océan. Seul mais si bien. Face à l'immensité. Voilà mon océan.

lundi 9 mai 2005

Images éparses

La route déroule sa monotonie sous la pluie.Le ciel est gris. Nous roulons sous les nuages. Je vole quelques visages dans les voitures que nous croisons ou que nous dépassons. J'essaye d'attacher un souvenir à ces inconnus. Le pare-brise mouillé trouble ma vision au rythme des balais d'essuie-glace. Il ne fait pas très chaud. Rochefort-en-Montagne, en contrebas de l'autoroute, aligne ses toits d'ardoises sombres et des rues encaissées et vides... Bientôt se profilent les arches du viaduc, deux pointes blanches qui hissent vers le ciel sans soleil le tablier gris de la route. Un passage pour animaux, un animauxduc en somme. Halte reposante à l'aire la loutre. La portière ouverte, le froid vif de la brise me saisit. Là, des images se déversent dans ma tête, brusquement, d'un passé presque oublié. L'herbe est verte et humide. Des enfants jouent. Cigarettes, urine, gâteaux : quoi d'autre pour tous ces voyageurs ? Des motards se dégourdissent les jambes, sanglés dans leur combinaison de cuir : ils rient. Monter sur une moto me fait peur. Et eux ?

L'asphalte reprend sa course, un autre animauxduc puis nous entrons dans le Périgord : des panneaux vantent, de manière didactique, les spécialités du pays. Il fait faim : le clown grotesque de l'Amérique conquérante nous ouvre les portes de son restaurant. Choc culinaire : fast-food et Périgord. Je mange les beignets de poulet, le hamburger à la mode mexicaine. Les frites sont chaudes, fait rare. Mes doigts sentent la graisse.

Enfin Terrasson. Je traverse la France depuis longtemps, pour rejoindre l'Atlantique : mes parents ont toujours préféré l'Océan à la mer pour les vacances. Je ne m'étais jamais arrêté à Terrasson, me contentant de saisir au vol, à travers les vitres de la voiture, la vieille ville perchée sur sa butte. Elle s'offre à l'admiration, blottie au pied de son église. La sévérité des ardoises est adoucie par le vert des frondaisons. La cité est simple, calme, au bord d'une rivière qu'elle enjambe d'un vieux pont de pierre aux arches voûtées. Son monument à la gloire des disparus de la Grande Guerre montre une famille éplorée : l'homme a la jambe gauche coupée, il tient son enfant qu'il a retrouvé. La mère, attendrie, les couvre du regard, un regard plein de tristesse et d'amour. Ils sont maintenant réunis. L'esplanade est vide. Je contemple les quais face à moi. La ville est belle, plus belle encore en été lorsque les fleurs habillent ses rues et que les drapeaux colorés claquent fièrement dans le vent. J'aime cette étape entre deux autoroutes. Il faudra, un jour, que je prenne le temps de me promener. Nous repartons bientôt.

Nouveau péage : les panneaux signalant une vitesse limitée à l'approche de la gare s'illuminent. La voiture va trop vite. Je jette un coup d'oeil dans la cabine, la caissière sourit et nous souhaite de bonnes vacances. Bordeaux, le pont d'Aquitaine, la Garonne franchie, nous roulons sur la rocade vers l'océan. Au loin, les tours des églises et de la cathédrale, dressées au dessus des petits immeubles du XVIIIe siècle voulus par le marquis de Tourny. Je reviendrai. La direction de Lacanau s'inscrit sur les panneaux. Nous arrivons, après avoir roulé dans des forêts interminables de pins, d'ajoncs et de genêts. L'océan est là. Bruyant et vivant.

Depart pour LacanauAutoroute à LyonAutoroute Lyon - Clermont-FerrandAutoroute Lyon - Clermont-FerrandAutoroute Lyon - Clermont-FerrandLa colonne brisée sur l'autoroute Lyon - Clermont-FerrandClermont-FerrandRochefort-en-MontagneAutoroute Clermont-Ferrand - BordeauxAutoroute Clermont-Ferrand - BordeauxUn passage pour les animaux sur l'autoroute Clermont-Ferrand - BordeauxL'aire de repos de la Loutre sur l'autoroute Clermont-Ferrand - BordeauxL'aire de repos de la Loutre sur l'autoroute Clermont-Ferrand - BordeauxUn passage pour les animaux sur l'autoroute Clermont-Ferrand - BordeauxUne sculpture sur l'autoroute Clermont-Ferrand - BordeauxUn passage pour les animaux sur l'autoroute Clermont-Ferrand - BordeauxAutoroute Clermont-Ferrand - BordeauxUne ville en PérigordLe restaurant Mac Donald's à TerrassonTerrasson, dans le PérigordTerrasson, dans le PérigordTerrasson, dans le PérigordTerrasson, dans le PérigordAutoroute Clermont-Ferrand - BordeauxL'arrivée à BordeauxLe pont d'Aquitaine à BordeauxLa direction de LacanauL'entrée de Lacanau-Océan

lundi 19 avril 2004

Mon océan

samedi 13 mars 2004

Forêts

En mai 2002, je suis allé dans le Bordelais, dans le Médoc plus précisément... J'ai pris des photos de forêts, de troncs, d'arbres. Je viens de les retrouver en mettant de l'ordre dans mes dossiers.

Forêt en GirondeForêt en GirondeForêt en GirondeForêt en GirondeForêt en GirondeForêt en GirondeForêt en GirondeUn iris des marais en GirondeForêt en GirondeForêt en GirondeForêt en GirondeForêt en GirondeForêt en GirondeForêt en GirondeForêt en GirondeForêt en GirondeForêt en GirondeForêt en GirondeForêt en Gironde

J'oubliais une autre photo de forêt, la forêt de Saint-Germain-en-Laye...

Forêt de Saint-Germain-en-Laye

mardi 29 avril 2003

Mon Paris II

Il n'y a pas de voyage sans train ou sans bateau. La voiture ne fait pas voyager, elle transporte, d'un point à un autre. Le train ouvre le temps, il ouvre l'espace, il replie les distances, le train voyage avec nous. Tout commence par la gare. Sa façade de pierre où triomphe la gloire des villes et du commerce se franchit comme la porte d'un temple : en entrant, je rends hommage au monde et à la liberté. Trop emphatique ? Considérez que la plupart de nos gares datent du XIXe siècle : même modernisées, elles restent le cénotaphe des voyageurs d'hier et, à ce titre, elles sont les nœuds des liens que nous tissons entre nous.

La verrière est souvent sale, ses vitres fendues ou brisées sont les stigmates de la passion des hommes pour le progrès et le voyage. La crasse enchâsse les arabesques métalliques de la charpente, les annonces crachotées par les hauts-parleur dans la rumeur incessante ne parviennent pas à secouer cette gangue noirâtre et floconneuse. Il m'attend, à quai, museau au ras du rail, pschittant et sifflant d'impatience, ses multiples bouches aux portes ouvertes prêtes à m'avaler. Je m'introduis en lui, aspiré brusquement dans son monde de silence. Avez-vous remarqué combien l'intérieur d'un train à l'arrêt est silencieux ? Petite appréhension : qui s'assoiera à côté de moi ? C'est une loterie douce-amère dont le premier prix peut être un vrai moment de bonheur ou rien de bon. Passerais-je le voyage à tenter d'humer son parfum, à essayer de regarder de biais les traits de son visage, d'apercevoir la blancheur d'une main ou l'élancement des doigts, de saisir à la volée le timbre de sa voix ? Assis côté couloir, une silhouette élancée et sombre se penche vers moi pour regarder le numéro jaune de sa place. Je me lève pour lui permettre de gagner son piédestal et j'inspire une forte goulée d'air pour goûter, comme les chats, son odeur. Tabac, parfum de poivre, un je ne sais quoi d'indéfinissable... Les yeux sont verts, le nez droit, le cheveu ébourrifé d'un réveil trop matinal. Deux heures vont maintenant s'écouler pour permettre à mon imagination de s'égarer dans les recoins d'une douce perversité.

lundi 28 avril 2003

Mon Paris I

J'aime Paris. J'ai aimé ce que j'ai rencontré à Paris, j'ai aimé les gens que j'ai croisés, j'ai vu la vie s'agiter autour de moi, j'ai fait partie du mouvement universel, j'ai été un parmi la multitude. Voilà ce que j'ai vu... (je rédigerai plusieurs messages illustrés) A suivre.