Apartés uchroniques

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La République Tchèque et moi...

« C’est un beau roman, c’est une belle histoire » comme le chante la chanson, qui dure depuis maintenat plus d’un an et demi… Tout a commencé un jour d’août 2010, lorsque j’ai posé le pied sur le tarmac de l’aéroport de Prague-Ruzyne… Ebloui pendant les six jours passés dans la capitale de l’ancien royaume de Bohême, je suis retourné à Prague au moment de la Saint Nicolas 2010 puis ai décidé de faire découvrir le pays en juin 2011 à mon frère et sa fiancée avant que d’y passer trois derniers jours en août 2011 à la fin de mon périple Bruxelles-Berlin-Dresde-Prague. Je suis tombé amoureux de la ville, de son histoire et j’ai décidé d’approfondir cette passion en apprenant la langue tchèque depuis le mois d’octobre grace à l’association franco-tchèque de Lyon… Le billet précédent est issu du site internet de l’association dont je m’occupe avec un autre « étudiant ». Je reviendrai sur cette passion plus avant dans de prochains messages… 

R.U.R. - Rossum's Universal Robots de Karel ČAPEK

380PX-_1.JPGIl était un temps où les robots étaient méchants, en digne héritiers du monstre créé par le Docteur Frankenstein, né de l’imagination de Marie SHELLY en 1818, qui malgré la conscience du bien et du mal qui lui avait insufflé son créateur, rejeté par le monde effrayé par sa terrible laideur, finira par détruire son père. Puis vinrent Lester DEL REY, en 1938, avec Helen O’Loy qui raconte l’histoire d’une femme-robot à l’apparence si parfaite qu’elle tombe amoureuse de son créateur et Otto BINDER qui, dans sa nouvelle I, Robot et les suivantes, met en scène l’androïde Adam Link, pétri d’amour et du sens de l’honneur. En 1940, Adam pensera : « Un robot ne doit jamais tuer un être humain selon son propre libre arbitre ».

En mai 1939, Isaac ASIMOV, au cours d’un rassemblement de la Queens Science Fiction Society, fait la connaissance de BINDER et écrit sa première histoire de robot sympathique, Robbie qui sera publiée quelques semaines plus tard. Cette histoire inaugure alors son anthologie intitulée Robots dans laquelle il va, peu à peu, au fil des pages, mettre en forme les trois lois de la robotique auxquelles doivent obéir tous les robots positroniques (c’est-à-dire les machines doté d’une unité centrale en platine et iridium constituant le cerveau incluant une forme de conscience notamment grâce aux trois lois obligatoirement incorporées).

Voilà ces lois :
1.Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger.
2.Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
3.Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.

Elles apparaîtront rassemblées dans le roman Runaround en 1942.

Rur_1st_ed_1920.jpgCes lois n’avaient pas encore été définies lorsque l’écrivain tchèque Karel ČAPEK écrivit en 1920 la pièce de théâtre R.U.R. - Rossum’s Universal Robots, créée à Prague en janvier 1921, dans laquelle il employât, pour la première fois, le mot robot, du tchèque robota, corvée, travail, créé par son frère Josej ČAPEK, peintre et écrivain.  (ci-contre la couverture de la première édition de la pièce)

Karel ČAPEK revient, dans un article paru dans Lidové Noviny - Le Journal Populaire, le 24 décembre 1923, sur la genèse du mot :

« Zmínka prof. Chudoby o tom, jak se podle svědectví Oxfordského slovníku ujalo slovo robot a jeho odvozeniny v angličtině, mne upomíná na starý dluh. To slovo totiž nevymyslel autor hry RUR, nýbrž toliko je uvedl v život. Bylo to tak: v jedné nestřežené chvíli napadla řečeného autora látka na tu hru. I běžel s tím zatepla na svého bratra Josefa, malíře, který zrovna stál u štafle a maloval po plátně, až to šustělo.
“Ty, Josef,” začal autor, “já bych měl myšlenku na hru.”
“Jakou,” bručel malíř (opravdu bručel, neboť držel přitom v ústech štětec).
Autor mu to řekl tak stručně, jak to šlo.
“Tak to napiš,” děl malíř, aniž vyndal štětec z úst a přestal natírat plátno. Bylo to až urážlivě lhostejné.
“Ale já nevím,” řekl autor, “jak mám ty umělé dělníky nazvat. Řekl bych jim laboři, ale připadá mně to nějak papírové.”
“Tak jim řekni roboti,” mumlal malíř se štětcem v ústech a maloval dál. A bylo to. Tim způsobem se tedy zrodilo slovo robot; budiž tímto přiřčeno svému skutečnému původci ».


« La note du professeur CHUDOBA au sujet de l’entrée en usage en anglais du mot robot et de ses dérivés d’après le témoignage du dictionnaire d’Oxford me rappelle une vieille dette. Le mot n’a en effet pas été inventé par l’auteur de la pièce RUR, il lui a seulement donné vie.
Ça s’est passé comme ça : dans un moment d’inattention, l’auteur trouva le sujet de la pièce. Il courut avec l’idée encore fraîche chez son frère Josef, le peintre, qui était sur un escabeau et peignait une toile à l’en faire frémir.
« - Dis, Josef, a commencé l’auteur, j’aurais une idée pour une pièce.
- Laquelle ? » a marmonné le peintre (il a vraiment marmonné car il avait en même temps, à la bouche, un pinceau).
L’auteur le lui dit le plus brièvement possible.
« - Alors écris-la », dit le peintre sans sortir le pinceau de sa bouche ou arrêter de peindre la toile. Son indifférence était presque outrageante.
« - Mais je ne sais pas, dit l’auteur, comment appeler les ouvriers artificiels. Je les appellerais bien laboři, mais ça me parait pas vraiment naturel.
- Alors appelle les robots », murmura le peintre avec le pinceau à la bouche, et il continua à peindre.
Et voila. C’est comme ça que le mot robot est né. Qu’il soit rendu à son véritable initiateur ».

Je remercie vivement Eliška pour la traduction

Considéré comme le plus grand écrivain écrivain tchèque de la première moitié du XXe siècle, il est né le 9 janvier 1890 à Male Svatonovice u Trutnova en Bohême du Nord. Un site tchèque, avec une traduction en français et en anglais, lui est consacré ICI.

Wpa-marionette-theater-presents-rur.jpgL’article en français que lui consacre Wikipedia fait de lui l’un des précurseur de la science-fiction, à travers notamment R.U.R. et La guerre des salamandres (Válka s Mloky - 1936) qui lui attirât les foudres d’Hitler pour avoir ridiculisé le national-socialisme. Ami de Tomaš Garrigue MASARYK, il revendiqua l’indépendance de son pays à la suite de l’invasion par les troupes allemandes de la Tchécoslovaquie en application des accords de Munich de 1938. La maladie l’emporta dans sa lutte le 25 décembre 1938 à Prague. Si la mort délivra Karel ČAPEK des foudres du nazisme, celles-ci s’abattirent en représailles sur son frère Josef qui subira un internement en camp de concentration à partir de 1939 et mourra en avril 1945 dans le camp de Bergen-Belsen.

Opposé à tous les totalitarisme, son article écrit en 1924 Pourquoi je ne suis pas communiste, lui vaudra une mise à l’index par les Communistes parvenus au pouvoir à Prague par le Coup (d’état) de février 1948.

428px-Male_Svato_ovice_-_brat_i__apkove.jpgLa première traduction de la pièce en français due à Hanuš JELINEK est parue dans les Cahiers dramatiques, N° 21, du 1er octobre 1924 et Jacques HEBERTOT la programma à l’affiche du Théâtre des Champs-Elysées la même année. La critique salua un « drame utopiste » selon ČAPEK « qui comptait R.U.R. parmi ses moralités allégoriques : des contes en manière d’avertissement à une humanité qui se met en danger par la poursuite aveugle de progrès techniques et de performances économiques au détriment des valeurs purement humaines » selon Brigitte MUNIER (in R.U.R., préface, Éditions Minos La Différence, 2011). (à droite, Karel et Josef ČAPEK à Male Svatonovice u Trutnova - République Tchèque)

La pièce contient un prologue et trois actes, situés dix ans après celui-là. Dans le prologue, l’auteur raconte comment ROSSUM, un savant génial mais fou, isolé sur une île, se lança « dans l’imitation de la nature » en créant un chien artificiel puis décida de reproduire l’homme « pour prouver qu’on pouvait se passer de Dieu » : le robot était né. Son neveu industrialisa la production des robots pour finalement aboutir à des ouvriers ayant le minimum d’exigences pour rentabiliser son travail au maximum. Hélène, représentante de la Ligue de l’Humanité, rend visite à l’usine ROSSUM pour vérifier si les robots sont bien traités comme des hommes dans l’espoir de les libérer de leurs conditions d’esclaves du travail.

RUR_03.jpgDix ans plus tard, Hélène et Domin, le directeur de l’usine, son mari, vont assister à la révolte des robots qui, bien que conçus avec « une étonnante intelligence rationnelle (…) n’ont pas d’âme » ont pris conscience de l’iniquité de leur conditions laborieuse et, devant l’humanité devenue oisive et avilie au point de ne plus se reproduire décident de l’anéantir.

En lisant ce texte aujourd’hui, il serait facile de regarder ČAPEK comme un visionnaire qui aurait prédit en 1920 tout à la fois le clonage animal (en attendant le clonage humain) et les ordinateurs (inventés par John von NEUMANN seulement en 1945). Mais cette pièce de théâtre va au-delà de l’utopisme de ČAPEK qui puise la puissance de son actualité dans l’absence de positionnement de l’histoire dans le temps, dans l’avenir par rapport à 1920, contrairement à WELLS ou ORWELL : l’auteur met en scène un grand classique de la tragédie, la création par un génie d’un être intelligent mais privé d’âme qui finit par lui apparaitre dans toute l’horreur de sa monstruosité. La créature, douée de raison, prend conscience de son état de supériorité mais aussi du terrible abaissement dans lequel elle est maintenue par les hommes qui ne voient en elle qu’une machine : elle sombre alors dans la révolte et déclenchez la guerre contre l’humanité.

ČAPEK est un écrivain tchèque, pétri de la culture si particulière de l’ancien royaume de Bohême, qui ne peut renier le mythe qui habite encore les rues de Prague : le Golem du Rabbi Loew de la tradition juive qui devait venir sauver la communauté agressée par le siècle. Cette légende du XVIe siècle fut remise en forme au XIXe siècle, un siècle industriel, laborieux et révolutionnaire pour dénoncer le divorce entre le progrès scientfique porté au pinacle et l’abandon de l’amélioration de la condition morale et sociale des hommes. ČAPEK avalise ce hiatus en créant le Robot, du tchèque robota, corvée et en lui assignant la tâche exclusive de délester l’homme de sa fonction travail : c’est bien pour répondre à un appétit insatiable d’accroissement de la richesse que les robots prennent la place de l’homme dans les usines pour finalement prendre sa place tout court. Si le travail a rendu l’homme esclave de son goût de la richesse, il a aussi libéré les machines de l’emprise humaine. R.U.R. est le maillon d’une longue chaîne qui commence avec Mary SHELLEY et son Frankenstein au début du XIXe siècle et se poursuit de nos jours avec le foisonnement de la science-fiction qui met en scène les combats hommes/machines.

La pièce n’est pas exceptionnelle mais elle a le mérite insigne d’avoir nommé la création de l’homme qui l’effraie sans doute le plus aujourd’hui, d’avoir donné un visage humain à une peur ancestrale : l’anihilation de la race supérieure, la race humaine. L’homme a fait une créature à son image comme Dieu a créé l’homme à son image mais l’homme a peur du monstre qu’il a face à lui, l’homme a finalement peur de lui-même. Le robot qui se croit supérieur à l’homme ne cherche qu’à lui ressembler. Le chef des robots, Damon, crie : « Il faut régner et tuer pour être comme des hommes. Lisez l’histoire ! Lisez les livres des hommes ». L’homme est face à son miroir quand il regarde le robot mais ce miroir lui renvoie non seulement son image mais surtout la noirceur de son âme perdue dans un maëlstrom d’idéologies haineuses et destructrices, d’avidité de richesses ou dans la course à un progres scientifique niant l’homme.

Aujourd’hui, au XXIe siècle, cette pièce a un écho plus puissant au tréfond de notre nature parce que nous connaissons les ordinateurs et leur développement. Bien que nous sachions que ces machines n’exécutent que ce pour quoi elles ont été programmées, une crainte indicible, sourde, se fait jour en nous, même si nous n’osons l’avouer : quel usage fera-t-on de leurs capacités ?

Un fac-simile de la pièce originale en tchèque est disponible ICI.

Radio Praha a publié en 2008 un article au sujet de la pièce. Cliquer sur Radio Prahe pour l’article complet…

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Belle et heureuse année 2012 !

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Bonne et heureuse année 2012 ! Qu’elle soit douce et tendre pour vous, santé et prospérité !

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« I love clouds » – Installation de Jacques RIVAL - Fête des Lumières 2011 – Lyon - Photo prise le 8 décembre 2011

Il est né le Divin Enfant !

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L'Adoration de l'Enfant - Jacquelin de Montluçon - circa 1496/1497

L’Adoration de l’Enfant - Jacquelin de MONTLUCON - circa 1496/1497 - Musée des Beaux Arts de Lyon - LYON - FRANCE

Joyeuse et très Sainte Fête de Noël !

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Le temps file vite...

Diantre, j’ai du retard dans mon calendrier de l’Avent… Il n’est pas facile d’aller photographier en journée les Madones dispersées dans la Presqu’ïle et l’heure du déjeuner est souvent sacrifiée. Je suis pourtant aidé par le site de l’Association LES MADONES DE LYON  et l’ouvrage qu’elle a publié, le GUIDE DES MADONES DE LYON, publié en 2008 aux éditions AUTRE VUE, tous les deux sources d’inspiration pour la localisation des statues et les informations historiques. Patience, ce week-end je devrais combler mon retard. Promis. Enfin je crois. ;-)

Un calendrier de l'Avent - 4e jour

C’était mieux avant… SI vous avez lu le billet du 3e jour, vous vous êtes sans doute dit : ouaip, c’était mieux avant. Mais avant, c’est quand ? Comment était-ce avant ? A Lyon, avant, au mois de décembre 1955, c’était comme cela…En musique, pour écouter Bing Crosby chanter I Saw Three Ships de sa voix profonde, cliquez sur le lecteur (la vidéo est muette)

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Par ordre d’apparition à l’image : le Bar Américain, sur la rue de la République encore piétonne, la façade du Palais de la Bourse, le parvis de l’église Saint-Bonaventure, les Galeries Lafayettes, aujourd’hui disparues à cet emplacement, des vitrines non iendtifiées puis, je crois, la rue de Brest avec ses magasins, le montage du sapin de Noël en pièce détachées de la place de la République (un regret : l’abandon de ce grand sapin de Noël que je ne me souviens pas avoir connu - aujourd’hui, la ville met en place des sapins d’environ 5 mètres de haut dans les quartiers), un bébé qui dort dans la crèche sous le regard d’un boeuf à l’Hôtel-Dieu, si j’en crois les religieuses infirmières présentes..

Dans la 4e case du calendrier…

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Au 87 rue de la République, Marie, Vierge Immaculée au front ceint d’un diadème d’étoiles accueille le passant dans sa niche défraîchie. Seule Madone de l’ancienne rue Impériale encore subsistante (et l’une des plus grandes de Lyon), elle aurait été placée en 1862 par la Famille Luppé qui venait de faire édifier cet immeuble (profondément remanié au XXe siècle) après avoir longtemps possédé une maison 21 rue Bellecordière ayant abrité dès 1645 une statue, l’ensemble ayant été détruit au moment du percement de la rue Impériale par le préfet Vaÿsse.

Un calendrier de l'Avent 2011 - 3e jour

sapin2011.jpgAucune magie de Noël dans l’air du temps… C’est un sentiment qui semble général autour de moi alors même que les vitrines des magasins ne sont pas encore toutes décorées. Las, celles que le sont déjà affichent des airs bien tristes. Dois-je conclure que la crise affecte a réussi à mettre à mal Noël ? Le temps n’est pas au diapason, non plus, de la saison : aucun vent coulis, vif et mordant, ne cingle le visage dans les rues lyonnaises ou sur les quais de la Saône qui savent si bien se transformer en boulevard du froid lorsque les bourrasques venues du Septentrion lèchent les façades des quais incurvés. Il est peut être encore tôt. Après tout, l’hiver n’est annoncé sur la calendrier que dans trois semaines. Le Marché de Noël de la place Carnot offre toujours les mêmes bibelots sans intérêt, sauf quelques santonniers auprès desquels j’ai complété encore cette année ma crèche. Avant, c’était mieux… Voilà la rengaine (autrefois on appelait cela une scie) qui vole de lèvres en lèvres et chacun de décrire les Noëls idéaux de son enfance, du temps d’avant. Non, ce n’était pas toujours mieux avant. C’était différent et le monde a évolué depuis mon enfance et celle des mes parents. Je me souviens que nous avions, en général, les cadeeaux que nous demandions : nous ne pouvions pas demander des présents trop coûteux parce que nous entendions mon père répéter, à longueur de journée, qu’il “ne les accrochait pas avec des rondelles” pour signifier qu’il était hors de question de trop dépenser pour des cadeaux.

il y a peut être une chose que je regrette : c’est l’émerveillement que j’éprouvais devant le paquet au pied du sapin et qui contenait un jouet que je n’avais pas commandé. Aujourd’hui, mes parents, mon frère me demandent dès novembre ce que je veux à Noël : la surprise n’existe plus. Alors force est de constater que c’était mieux avant. Fichtre.

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Byla cesta, byla uslapna… Traduction non encore trouvée, pfiou, le tchèque, c’est dur à apprendre !

Pourtant, je n’ai pas perdu mon âme d’enfant et je rêve souvent d’un Noël idéal qui commencerait le soir du réveillon par une veillée joyeuse en bonne compagnie, dans une ambiance où l’affection le disputerait à la chaleur des âmes, dans l’attente de la Grand Messe. Nous nous rendrions alors ensemble à l’église et nous nous laisserions emportés dans les Cieux par les volutes de l’encens en chantant la naissance deu Sauveur à minuit pile. Nous regagnerions alors notre logis pour partager un médianoche d’amour et de fraternité, échanges des rires, des regards, de la vie. La maisonnée résonnerait des bruits de papiers froissées, des enfants joueraient joyeux et impatients, des chants de Noël nous murmureraient l’amour de Dieu et de l’autre… C’est un rêve que je fais parfois. La réalité est moins clinquante mais elle contient encore des petites parcelles d’amour et d’affection qui naissent spontanément de la joie que je vais éprouver en regardant ma filleule se réjouir devant le spectacle auquel je l’emmène samedi prochain (pour la première fois je vais être seul un jour avec elle, je suis tout à la fois heureux et aussi un peu craintif), en recevant, pendant trois jours, en fin de semaine prochaine, mon cher ami d’enfance Philippe, en traitant à ma table cinq amis chers à mon coeur pour le dîner du troisième dimanche de l’Avent, en passant le réveillon avec les miens et le déjeuner de Noël avec mes parents, mon frère et sa fiancée et mon amie Bénédicte, la compagne discrète, mais au rire si spontané que je n’ai de cesse de chercher à le provoquer, des promenades vespérales en commun de nos chiens. Ces jours qui s’annoncent seront beaux, je le sais.

Dans la troisième case du calendrier de l’Avent…

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 “Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ; 2 elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement. 3 Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge feu, à sept têtes et dix cornes, chaque tête surmontée d’un diadème. 4 Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la terre. En arrêt devant la Femme en travail, le Dragon s’apprête à dévorer son enfant aussitôt né.(…)” A l’angle de la rue Antoine de Saint Exupéry et du 10 quai Tilsitt, une Vierge de l’Apocalypse foule aux pieds pour le terrasser le serpent immonde et diabolique rampant sur la terre. Le nom des donateurs apparaît sur le piedestal : Maubou etLachaux.

Un calendrier de l'Avent 2011 - 2e jour

guignol2011.jpgCette année, mon sapin, dressé depuis hier, accueille de nouvelles boules, peintes à la main et représentant cinq vues de Lyon et les deux personnages emblématiques de Lyon, Guignol et Gnafron. L’un de mes rêves est de pouvoir acquérir deux vieilles marionnettes à gaine, du XIXe siècle : la chasse est ouverte mais je ne les ai pas encore trouvées. Pour aujourd’hui, voilà Guignol. Et dans la deuxième case de ce calendrier…

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Cas radosti veselosti - Le temps d’une grande joie (traduction non certifiée…)

Lyon est une ville vouée à la Vierge Marie depuis la délibération du 12 mars 1643 dans laquelle les consuls de Lyon placent la ville “sous la protection toute-puissante de la Très Sainte et Immaculée Vierge Marie, Mère de Jésus-CHrist, Nostre Seigneur…”. La ville instaure alors le Voeu de Fourvière, le 8 septembre, jour de la nativité de la Vierge au cours duquel les élus montent en procession à Fourvière pour entendre la messe et offrir sept livres de cire en cierges et flambeaux et un écu d’or. Le XVIIe siècle a ainsi vu naître des madones placées sur les façades des maisons, sur les piles des ponts (à l’époque, seuls deux pont en pierre existaient : le pont du Change, sur la Saône et le pont du Rhône), un mouvement encouragé par la Contre-Réforme. Le XIXe siècle fut le siècle des missions à Lyon et celui du renouveau des madones, notamment après les transformations du préfet VAYSSE et la construction de nouveaux immeubles.

Si nous attendons de réjouir de la naissance du Sauveur, il ne faut pas oublier Marie, sa mère, qui conduit au Christ, comme le montre la symbolique de la Basilique de Fourvière : le projet d’origine prévoyait un escalier monumental venant de la place Saint-Jean pour monter la colline, franchir la porte Saint-Joseph (matérialisée par l’arcade centrale de la galerie qui court au chevet de la Basilique) et pénétrer dans l’édifice consacré la Vierge Marie, qui, par son intercession, permet d’accéder au Christ. C’est pourquoi ce calendrier de l’Avent présentera quelques unes des Madones de Lyon…

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Cette Madone est située au 12 place Antonin Gourju LYON 2e, dans une niche au fronton courbe et aux pilastres ioniques. La statue repose sur un cylindre en métal, très rouillé, en forme de tambour de colonne, avec, un devant représentant un ciel étoilé et ajouré d’un A et un M entrelacés (Ave Maria) : autrefois, une bougie était placée à l’intérieur. Il y a bien longtemps que plus personne n’a éclairé ainsi cette statue. Pour l’anecdote, l’édicule est placé au dessus de la porte de l’ancien couvent des Templiers, remplacés par les Célestins :le couvent fut partiellement détruit au XVIIe siècle après le bannissement de France des Jésuites par Louis XV. La voûte a donné son nom au restaurant fameux autrefois tenu par Léa BIDAUT, célèbre cuisinière qui faisait ses courses sur le marché du quai Saint-Antoine avec une charrette et une pancarte sur laquelle on pouvait lire “Faible femme mais forte en gueule”. Depuis plus de trente ans, Philippe REBATEL a pris sa succession avec un grand succès…

Un calendrier de l'Avent 2011 - Premier Dimanche - 1er jour

Aujourd’hui, le temps de l’Avent commence et les Chrétiens entrent dans le temps d’attente de la naissance de Jésus-Christ.

notredamedetyn-2010.jpgEt si je reprenais cette année un calendrier, comme en 2008 ? L’idée a germé hier soir alors que j’assistais à l’office anticipé du dimanche à l’église Saint-François-de-Sales. Pour tout vous confier, cette messe était suivie par un concert de chants de l’Avent donné par l’ensemble Primavera, une formation d’étudiants en musique et en chant de Bohème de l’Est, en République Tchèque. Ils étaient accueillis par l’association franco-tchèque de Lyon au sein de laquelle je prends tous les lundis soirs des cours de tchèque depuis 2 mois…

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Padla rosa studena, un chant de Noël traditionnel… Hier, je n’étais plus sous les voûtes peintes d’étoiles dorées de l’église mais sur Staroměstské náměstí, la place de la Vieille Ville, à Prague, au pieds de Chrám Panny Marie před Týnem, Notre-Dame-de-Tyn, aux toitures sommées d’orbes dorées qui auraient inspiré Walt Disney pour son château de la Belle au Bois Dormant.


Pour ce premier jour de l’Avent, la case à ouvrir contient une Madone, l’une de ces statues de la Vierge Marie qui ornent encore les façades lyonnaises. 

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Maison BLANCHON, 7 quai Fulchiron - LYON 5e, immeuble construit en 1845 dans un mélange des style médiéval et mauresque par Pierre BOSSAN, l’un des architectes de la Basilique de Fourvière après avoir été celui de l’église Saint-Georges, une oeuvre de jeunesse. La statue est l’oeuvre du sculpteur FABISCH, qui sculptera plus tard Notre Dame de Fourvière, juchée sur le clocher de l’ancienne église de Fourvière. Le dais à trois créneaux préfigure les tours de la Basilique de Fouvière et rappelle les trois Vertus théologales (qui ont trait à Dieu) : la foi, l’espérance, la charité.

Libera me, Domine, de morte æterna, in die illa tremenda - Délivre-moi, Seigneur, de la mort éternelle, en ce jour redoutable

Je ne suis pas allé au cimetière en ce Jour des Défunts parce que je n’ai pas de tombes à fleurir. Mes grands-parents ont été incinérés. Aucune pierre tombale ne couvre leur cercueil, le vent a emporté leurs corps, la pluie a dispersé leurs cendres… Un ami, dont les défunts de la famille sont enterrés dans le Nord, ne pouvant se rendre sur leurs tombes, a pris l’habitude de fleurir son intérieur de potées de chrysanthèmes à la Toussaint. Notre culture occidentale a fait de la fleur impériale japonaise l’emblème du souvenir : les cimetières sont si beaux en ce début de mois de novembre, lugubre et humide (mais point froid cette année), les potées éclatantes d’or et de cramoisi illuminent les granits sombrent. Bientôt, les pétales, en tombant, pleureront les morts et rejoindront la terre. Je ne les oublie pas. Mon grand-père est mort en juin 2010, ma grand-mère en janvier 2007. Ils sont présents dans les brumes de mon histoire personnelle, peut être pas encore à la place qu’ils devraient occuper mais ce n’est as facile pour moi.

Ce billet leur est dédié.

Je voudrais aussi associer à leur souvenir le père d’un ami proche qui a quitté sa famille vendredi dernier. J’ai prié pour lui lundi, Jour de la Toussaint. Mon ami m’a dit que son père apprécierait ce geste, là où il est maintenant. Rémy, in memoriam.

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La Chapelle de Tous les Saints à Sedlec - à côté de Kutna Hora - République tchèque, juin 2011

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