Apartés uchroniques

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Mort d'un commis voyageur d'Arthur MILLER - une deuxième mort au Théâtre des Célestins

Publié le dimanche 14 octobre 2012 à 11 h 09

lustre-hall-celestins.jpgLa fraîcheur de la nuit avait déjà envahi les magnolias de la place des Célestins lorsque je traversais le planche en bois grinçant (de l’ipé, je crois) pour grimper les marches du perron du théâtre. La foule commençait à se presser dans le vaste hall et j’admirais, d’un coup d’oeil toujours épaté, le lustre doré. A droite, l’escalier menant à l’orchestre, numéros impaires : place D 9. L’ouvreuse, en me tendant le programme, m’indiqua que ma place se trouvait au 4e rang. Les spectateurs commençaient à s’installer et je dûs presque enjamber les deux vieux qui occupaient les premières places de la rangée pour gagner mon fauteil : point de 4e rang mais le 3e, la rangée A a disparu… Je n’ai jamais été placé aussi prêt de la scène : avec la perspective, mon regard affleurait les planches. « Pourvu que les comédiennes portent une culotte » m’écriais-je in petto. Encore un quart d’heure avant le début de la pièce… Je commençais à lire mon livre, Deux garçons bien sous tous rapports de Willima CORLETT et soudain les lumières s’éteignirent et une voix féminine rappela l’interdiction de filmer, prendre des photos et demanda l’extinction des mobiles… Pourquoi les coups du brigadier ne retentissent plus dans les coulisses ? Leur absence est-elle liée à l’arrivée de Claudia STAVISKY, il y a douze ans, à la direction du théâtre ? Sans doute, en vertu de l’adage qui dit que l’on ne prête qu’aux riches et qu’elle est la cause de ce billet indigné.

J’avais pris le soin de lire Mort d’un commis voyageur d’Arthur MILLERavant la représentation et avait été surpris par les détails de mise en scène méticuleusement transcrits dans le texte. Pourquoi l’auteur avait-il tenu à donner ces détails si ce n’est pour que les représentations les respectent comme éléments essentiels de la pièce ? Un paragraphe dans le programme de Claudia STAVISKY avait retenu mon attention :

paragraphe.jpgJ’avais frissonné en la lisant et n’osais imaginer les conséquences de ces trois phrases : mes espoirs n’ont pas été déçus et je vis, au bout de la pièce, après deux heures vingt intenses que Claudia STAVISKY était allée même au-delà non pas de mes rêves mais bien de mes craintes. Pourquoi d’ailleurs continué à l’appeler ? Je crois que la qualifier d’André RIEU en jupon, de Sélection du Reader Digest à la petite semaine voire de charcutière du théâtre lui conviendrait mieux.

plafond-celestins.jpgPour cette création, la charcutière a pris un monument théâtral dont l’auteur a obtenu le prix Pulitzer en 1949 et la pièce, cette même année, le New York Drama Critics’ Circle Award de la meilleure pièce, six Tony Awards et le Theatre World Award selon Wikipedia, l’a avalé, digéré et finalement régurgité un texte blessé de coupes claires comme elle l’avait annoncé, amputé de tout ce qui « paraissait explicatif ou pédagogique ». Quelle honte ! Comme cette éventreuse a-t-elle osé s’arroger le droit de dire ce qui était utile et inutile dans la prose de MILLER ? Qui est-elle pour assassiner l’écriture de l’auteur de sa propre initiative ? Son impudence, son orgueil, sa vanité m’ont estomaqué. La pièce de MILLER contient beaucoup d’explications parce que l’auteur, respectant une unité de temps très ramassée, fait fonctionner l’histoire avec des flash backs qui permettent au lexteur et au spectateur de comprendre le cheminement de la vie de Willy LOMAN, petit commis-voyageur des années 50, dépassé par l’accélération de l’histoire et incapable de surmonter les mensonges et les illusions qui ont bâties sa vie de fantôche. Il n’est pas à la bonne place au bon moment parce que toute sa vie n’est qu’une accumulation de rêves et de désillusions : WIlly, c’est nous, même si nous avons du mal à l’admettre. En supprimant tout ce qui, pour elle, relevait, finalement, du superfétatoire, elle a privé le sepctateur de beaucoup de clés pour comprendre la psychologie des personnages. Elle a appauvri l’essence du texte même, si pour elle, le sujet est forcément (bien sûr, peut-il en être autrement ?) actuel.

L’exemple le plus flagant est la fin de la pièce : dans mon édition (Pavillon Poche - Robert Laffont), Linda, sa femme, appelle son époux qui s’est enfui, désespéré de la maison. Ses mots sont alors : « - WIlly… Réponds-moi… Willy… (Bruit de moteur) Non !  » et la pièce se termine par la scène intitulée Requiem, située à la sortie du cimetière, dont j’extrais quelques phrases qui éclairent encore la pièce :
« - Pourquoi personne n’est-il venu ? ( Linda )
- Il ne s’est jamais regardé en face ( Biff )
- Moi, je me suis regardé en face, tu vois… ( Biff )
Nous sommes libres… Libres… Nous ne devons plus rien à personne… Libres… Libres… ( Linda ) - THE END

Dans sa mise en scène, la pièce se termine dans le fracas de la mort du commis voyageur, tué par un camion ( ? ). Pourquoi ? Pourquoi ne pas avoit poursuivi la pièce avec la dernière scène de l’auteur ? Pourquoi avoir supprimé ce Non ! de Linda qui a entendu le choc de la mort de son mari qu’elle a tant aimé ( et si mal compris, aveuglée par cet amour total ) ?

Madame STAVISKY, vous avez tué, une seconde fois, le commis-voyageur, vous avez trahi Arthur MILLER, en forçant le spectateur à passer sous les fourches caudines de votre petite personne insignifiante à l’aune du talent du grand MILLER ! Honte à vous ! Hélas, ce n’est pas votre coup d’essai, ni votre coup de maître. N’est-il point tant de partir des Célestins ? Douze ans, ça fait un bail, non ? Et demain, ce sera quoi ? HAMLET en quinze minutes, Cyranon en vingt minutes ? Ouf, vous ne mettez en scène aucune autre pièce cette saison…

Et les comédiens, dans tout ça, me direz-vous ?

salle-italienne-celestins.jpgFrançois MARTHOURET est Willy LOMAN et il est bon dans ce rôle, tour à tour admiratif des rêves de ses fils et rempli de colère lorsqu’ils les abandonnent parce qu’il ne parvient pas à comprendre qu’ils sont comme lui. Son jeu est fin et enthousiaste, il donne vie à un type perdu, vie et passion mais aussi folie.
Hélène ALEXANDRIDIS est Linda LOMAN mais elle ne m’a pas convaincu, surjouant et passant, à mon avis, à côté du rôle de femme amoureuse désespéremment d’un homme qui finit par rejeter tout le monde et même lui.
Alexandre ZAMBEAUX est Biff LOMAN, un enfant qui n’a pas vraiement grandi et qui se perd, comme son père, dans des rêves mais ne trouve pas sa vie. Il n’est pas mauvais mais ses colères manquent de chaleur.
Matthieu SAMPEUR est Happy LOMAN, un bonimenteur comme son père, un menteur comme son père et dans ce rôle, il donne au personnage le détachement qui convient à un type qui vit dans son monde et s’étonne que la réalité puisse être si décalée.
Quant aux autres comédiens, je n’ai rien retenu d’indispensable à raconter… Une petite mention pour Valérie MARINESE dans le rôle de la femme qui, grâce à la mise en scène subtile de Madame STAVISKY nous donne à voir inutilement, par son déshabillé de satin rouge entrouvert, son origine du monde…

Il ne me reste plus qu’à replonger dans le livre pour retrouver la vraie pièce d’Arthur MILLER et non son ersatz presque insipide que nous inflige la directrice des Célestins de Lyon.

Prochaine pièce : à bas bruit

Assomption de la Vierge Marie

Publié le mercredi 15 août 2012 à 00 h 00

assomption-saint-charles-bo.jpg
L’Assomption de la Vierge Marie - église Saint-Charles-Borromée - Karlskirche - Vienne, Autriche

Souvenez-vous,
ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre secours et demandé votre intercession, ait été abandonné. Animé de cette confiance, je me refuge vers vous, ô Vierge des vierges, ô Marie, Mère de Jésus-Christ, je viens à vous, je cours à vous, et, gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds. O Mère du Verbe éternel, ne rejetez pas mes prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer.
Ainsi soit-il.

Saint Bernard (1090-1153)

Sea, sex and sun... avec du chorizo

Publié le samedi 14 juillet 2012 à 12 h 00

Même debout sur le siège des toilettes, je ne vois pas la mer. On ne m’a pas menti : place Bellecour, il n’y a pas la mer mais le Mont Blanc au loin, à des kilomètres à vol d’oiseau (un vrai oiseau, pas les rats volants de la place que mon chien s’évertue à faire s’envoler en leur fonçant dessus en aboyant, le matin juste pour réveiller le bourgois). Sex ? No comment… comme disait Gainsbourg. Du soleil ? Oui, oui, oui, encore oui même s’il est parfois voilé :  il fait beau à Lyon, la première ville du sud, n’en déplaise à Paname et aux parigots (tête de veau) et paisiens (tête de chien). Du chorizo ? Oui, surtout le picante (???) acheté sur le marché du quai Saint Antoine, chez Ignacio ( c’est un petit, petit nom charmant…) ou mieux, dans la petite caravane en bois du GAEC de la Cordière déjà évoqué ICI. Mais pour la cuisson, le premier suffit : réservez le chorizo du GAEC de la Cordière pour la dégustation en tranches un peu fines… Un apéritif anisé en main ou un verre de rosé frais sans glaçon (faut pas pousser quand même, les piscines de rosé c’est pour les parisiens à qui des brigands peu scrupuleux vendent de la piquette dont le goût est noyé dans l’eau des glaçons cache-misère qui fondent au soleil, c’est comme les pantacourts, les tongs en ville et les casquettes passé 30 ans, c’est simplement imbuvable), dans l’autre, une tranche de cake (dans la main, la tranche de cake, pas en face de soi, ça suffit de les supporter au bureau et dans la rue, vont pas nous gâcher l’été ces pisse-froid) au chorizo et hop, vacances j’oublie tout, plus rien à faire du tout, j’m’envoie en l’air ça c’est super, folie légère, comme le chantait Élégance en 1982…

Un cake au chorizo ? Vous me direz, c’est un peu court, jeune homme (si, si - impératrice ‘clin d’œil à Vienne’ - suis encore un jeune homme pour 39 jours avant de basculer) et vous aurez raison ! Comme je ne peux rien vous refuser, je vous propose d’ajouter de la mozzarella di latte di bufala, des tomates séchées confites à l’huile d’olive et du provolone piquant. Vous me suivez ? Encore un morceau ? Voilà la recette…



Cake au chorizo, tomates confites et mozzarelle

Pour un moule à cake

Préparation : 10 min - Cuisson : 45 min

Ingrédients 3 œufs, 150 g de farine, 1 sachet de levure chimique, 8 cl d’huile d’olive, 12,5 cl de lait entier, 100 g de provolone piquant, ½ chorizo piquant, 200 g de mozzarella di latte di bufala, 10 tomates séchées confites à l’huile d’olive, 2 pincées de sel, 2 pincées de piment d’Espelette ou de poivre du moulin


Préchauffer le four à 180 ° (thermostat 6).

Couper la mozzarella, les tomates séchées égouttées et le chorizo sans sa peau en petits dés réguliers. Dans un saladier (ou au robot avec la feuille), fouetter les œufs, la farine et la levure tamisées ensemble, incorporer petit à petit l’huile et le lait préalablement tiédi. Ajouter le provolone piquant râpé. Mélanger.

Incorporer les dés de mozzarella, de tomates séchées et chorizo. Saler et ajouter le piment d’Espelette. Mélanger.

Verser dans un moule à cake. Faire cuire pendant 45 min.

Déguster tiède ou froid

En route pour l'Empire...

Publié le lundi 25 juin 2012 à 12 h 00


Agrandir le plan

Lyon -> Munich -> Vienne -> Olomouc -> Prague -> Lyon. Plus de 2 520 km pour parcourir une partie de l’ancien empire austro-hongrois… Départ le 1er août 2012 à 8 h, retour le 23 août 2012… Qui veut m’accompagner ? Il y a une place dans la voiture. Et dans les hôtels retenus…

Le changement, c'est maintenant...

Publié le lundi 18 juin 2012 à 08 h 00

Je me fais violence avec ce titre mais il illustre bien ma décision de changer l’aspect de ce blog en place dpuis plus de 5 ans déjà : je modifie le thème… Quelques jours de mise au point et toute ira bien…

En attendant, c’est un beau chantier…

Mise à jour du 19 juin 2012 : et hop, je remets l’ancien thème, le temps de modifier le nouveau…

Mise à jour du 20 juin 2012 : la structure du nouveau thème est installée mais j’ai encore des réglages à faire…
Mie à jour du 22 juin 2012 : il faut que je mette à jour toutes les miniatures des images du site à la suite d’une mauvaise manipulation de ma dernière sauvegarde… JE vais faire cela petit à petit.

Les bouchons lyonnais, origine de leur nom... I

Publié le samedi 2 juin 2012 à 00 h 00

guignol_brunet.jpgPour les étrangers d’outre-Rhône, les bouchons lyonnais sont ceux du tunnel Fourvière qui font s’écrouler la vitesse quand ils débaroulent la route des vacances… Oui, peut-être mais c’est un peu court.

Un bouchon lyonnais, c’est un bistrot d’entre Rhône et Saône mais c’est aussi mieux qu’un bistrot. Pourvu qu’on le fréquente un peu, c’est un chez soi, dans lequel on a son rond de serviette et surtout la serviette qui va avec. Moralement s’entend, bien sûr. On y a ses habitudes et plus encore, parce qu’on y est bien. Si bien qu’on fait sien le Benedicité de Craponne de Catherin Bugnard alias Justin Godart : « Prions Dieux qu’ivienne personne. Nous sons assez grands garçons pour manger tout ce que nous ons » (in La Plaisante Sagesse Lyonnaise).

Au-delà de ces considérations d’humeur, le bouchon lyonnais est une institution dont l’origine étymologique pourrait prêter encore à quelques discussions. Sauf si nous laissons Nizier du Puitspelu, la référence du parler lyonnais, trancher : dans son Littré de la Grand’Côte publié en 1894, il donne la définition du bouchon comme étant « 1. des branches de pin, formant autant que possible la boule, et qu’on suspend, en guise d’enseigne à la porte des cabarets et en fait un diminutif de bousche, en vieux français, un faisceau de branchage ; 2. le cabaret lui-même » par une métonymie qui fait prendre le contenant pour le contenu (à l’instar du pot-au-feu). Oublions donc l’étymologie hasardeuse qui ferait descendre le nom du bouchon lyonnais de la poignée de paille suspendue à la porte pour signifier au voyageur qu’en ce lieu on bouchonnait les chevaux.

Retenons la définition de Nizier du Puitspelu parce qu’entre deux lampées de beaujolais, il devait se souvenir que le rameau de pin était l’emblème de Bacchus et que les vins antiques étaient souvent résinés parce que conservés, chez les grecs et les romains, dans des amphores en terre cuite poreuse rendues étanches par l’application de résine.

La vignette illustrant ce billet est, en fait, l’ex libris que j’ai créé pour les livres de ma bibliothèque…

Je soutiens Nicolas Sarkozy

Publié le vendredi 4 mai 2012 à 00 h 00


Le 6 mai : Votez Nicolas Sarkozy par NicolasSarkozy

Je vote Nicolas Sarkozy

Publié le vendredi 20 avril 2012 à 05 h 17

Christus resurrexit ! Alleluia !

Publié le dimanche 8 avril 2012 à 00 h 00


Fichier audio intégré


Fra-Angelico_Resurrection-du-Christ-femmes-au-tombeau_1440-Convento-San-Marco_Florence.jpg
Fra-Angelico, Resurrection, Florence, 1440.

Le Christ a vaincu la mort et a rebâti en trois jours le Temple que l’homme avait détruit, accomplissant ainsi l’antique prophétie. Le tombeau est vide car Jésus nous montre le chemin du Ciel et la voie vers le Père Éternel. La Résurrection du Christ est le fondement de notre foi. Alleluia ! Gloria in exclesis deo !

Veselé Velikonoce ! Kristus vstal z mrtvých !

Vendredi Saint - La Passion et la Mort de Jésus-Christ, Notre Seigneur

Publié le vendredi 6 avril 2012 à 00 h 00



Fichier audio intégré
Pour méditer quelques instants…


Jésus s’écrie en vainqueur: Tétèlestai ! Tout est accompli !

crucifixion_vouet.jpg

La Crucifixion - Simon VOUËT - 1590-1649 -Circa 1635-1637 - Musée des Beaux-Arts de Lyon

deposition.jpg

La Déposition de Croix - Sébastien BOURDON - 1616-1671 - Musée du Louvre, Paris

Stabat Mater dolorosa
Luxta crucem lacrimosa
Dum pendebat Filius.

Debout, la Mère, pleine de douleur,
Se tenait en larmes, près de la croix ,
Tandis que son Fils subissait son calvaire.

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